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Gentz ; Jackson, Francis James
An Francis James Jackson, Brünn, 16. November 1805, Public Record Office (PRO), Kew (England). Jackson-Papers, FO 353/81, Bl. 91-94 1805

Gentz digital

Transkriptionsentwurf Günter Herterich

id811
Briefaussteller
Mashup mit Wikipedia  
Gentz
Briefempfänger
Jackson, Francis James
AusstellungsortBrünn
Datum16. November 1805
Handschriftl. ÜberlieferungPublic Record Office (PRO), Kew (England). Jackson-Papers, FO 353/81, Bl. 91-94
Format/Umfang4 eighd. beschr. Seiten
DruckorteWeil, D'Ulm à Jéna, 103-106
IncipitVous aurez reçu, ou Vous
BrieftypBriefe von Gentz
Digitalisat: TextAn Francis James Jackson Brünn, 16. November 1805 Brünn Ce 16 Novembre Monsieur ! Vous aurez reçu, ou Vous recevrez incessamment (car celle-ci pourroit bien devancer l'autre) la lettre que j'ai eu l'honneur de Vous adresser hier par une estaffette du Chargé-d'Affaires de Prusse. Depuis le départ de cette lettre, il est arrivé de nouveaux changemens dans notre situation (chaque moment en amène) et ceux-ci du-moins paroissent favorables. D'après des rapports recus hier au soir on annonçoit comme presque sure la jonction de l'armée de Kutusow, avec le corps-de-rèserve de 13,000 hommes, qui s'étoit trouvé sous le commandement du Prince Auersperg (dont ma lettre d'hier Vous apprendra le sort) et qui se trouve à-présent sous celui du Prince Jean Lichstenstein. Ce corps-de-rèserve est peu-de-chose à-la-vérité; car outre un régiment d'infanterie et un de cavallerie, tout le reste n'est qu'un ramas de recrues qu'on a enrolés dans la ville de Vienne [dans] pendant les derniers quinze jours; ce qui rend la chose intéressante, c'est qu'elle prouveroit que les François n'ont pas pu entamer l'armée de Kutusoff, que celui-ci est resté // maître de ses mouvemens, et que l'ennemi sera obligé d'abandonner ses projets contre lui. On croyoit l'armée Russe hier à deux postes de Brünn. S i tout cela se confirme, et s i les François n'ont pas rèussi dans ce projet, il est clair que rien n'empêchera Kutusoff de faire sa jonction avec l'armèe de Buxhövden qui arrive incessamment, et cette jonction sera bien autrement importante[s]. - Tout cela doit s'éclaircir dans trois ou quatre jours; et si le Comte Haugwitz est parti de Berlin le 10, comme on l'a annoncé, il peut arriver aussi d'un moment à l'autre, et de cette manière-là nous pouvons nous trouver dans huit jours à une espèce de dénoûment préalable de tous les embarras dans lesquels nous sommes plongès. Les propositions du Comte Haugwitz seront un coup-de-foudre pour Bonaparte; il voit bien que la Prusse est perdue pour lui; il s'attend même, si je ne me trompe, à une guerre avec elle; mais ce qui est certainement bien loin de ses calculs, c'est que la Prusse feroit cette guerre s u r l e s m ê m e s p r i n c i p e s, qui ont guidé les autres Cours Alliés. Après avoir tant de fois déclaré "que les affaires // de l'Italie ne le regardoient pas" le Roi de Prusse ne pouvoit guères être soupçonnné de vouloir se mêler directement du rétablissement d'une sorte d'équilibre dans ce pays-là. Quel sera donc l'étonnement de Bonaparte, lorsqu'il apprendra, que la Prusse a épousé tout, ou presque tout le systême, que Monsieur de Novosilzoff avoit été chargé de lui exposer. Cet évènement est presqu'aussi fabuleux dans le bien, que tout ce qui nous arrive ici, depuis quatre semaines l'est dans le mal; mais lesquel des deux génies, celui du bien ou celui du mal, l'emportera sur l'autre. En-attendant il s'est fait hier ici un changement fort heureux en lui-même, et qui pourroit en produire d'autres d'une plus grande étendue, quoique déjà á lui seul il vaille une victoire. [xxx] Le Comte François Colloredo, Ministre du Cabinet, et premier Conseiller de l'Empereur depuis son avénement au tróne, a été congédié, et renvoyè de-suite en Hongrie; personne n'a encore eu le tems d'approfondir, si cette mesure inattendue tient à quelque sujet particulier de mécontentement, ou si elle est le résultat de l'ensemble de nos malheurs, et de quelque réflexion salutaire sur les moyens d'y mettre // un terme. Dieu veuille que le dernier motif ait été celui qui a décidé la chose. Mais alors on ne doit pas s'arrêter à ce premier coup - Tout doit être renversé, t o u t doit être reformé; gouvernée et administrée comme elle l'a été dans ces derniers tems la monarchie ne peut pas subsister, [si] quand même toutes les puissances de la terre et du ciel se ligueroient pour la soutenir. On part dans ce moment-même pour Ollmütz, où l'Empereur de Russie doit arriver ce soir ou demain, et où, une fois établi, on restera probablement jusqu'au dénoument finale. Quant à-moi je vais m'établir à Troppau, puisque plusieurs des personnes qui m'intéressent le plus, s'y trouvent, et que d'ailleurs je ferai tous les jours au courant de ce qui se passera á Ollmütz. Je Vous prie de me conserver Votre bienveillance, et d'agréer l'hommage du dévouement invariable, avec lequel j'ai l'honneur d'être Votre très-humble et tres fidele serviteur Gentz. H: Public Record Office (PRO), Kew (England). Jackson-Papers, FO 353/81, Bl. 91-94. x Bl., F: ; 4 eighd. beschr. Seiten. D: Weil, D'Ulm à Jéna, 103-106.