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Gentz ; Esterházy von Galántha, Nikolaus Fürst
An Nikolaus Fürst Esterházy von Galántha, Karlsbad, 16. August 1818, Ungarisches Staatsarchiv, Budapest. FA Esterhazy, P 136, Bl. [?] 1818

Gentz digital

Transkriptionsentwurf Günter Herterich

id69
Briefaussteller
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Gentz
Briefempfänger
Esterházy von Galántha, Nikolaus Fürst
AusstellungsortKarlsbad
Datum16. August 1818
Handschriftl. ÜberlieferungUngarisches Staatsarchiv, Budapest. FA Esterhazy, P 136, Bl. [?]
Format/Umfang3 eighd. halbbrüchig beschr. Seiten
IncipitLe Prince Paul est arrivé
BrieftypBriefe von Gentz
Digitalisat: TextAn Nikolaus Fürst Esterházy von Galántha Karlsbad, 16. August 1818 Carlsbad Ce Dimanche 16 Aout 1818. Monseigneur ! Le Prince Paul est arrivé Jeudi 13 à Frantzensbrunn. On l'attendoit depuis plusieurs jours. Le moment de son arrivée a eu quelque chose d'embarrassant; et je crois bien que sa première entrevue avec Monsieur le Prince Metternich doit avoir été pénible pour l'un et pour l'autre. Cependant tout a pris bientôt une assiette rassurante. Nous avons eu lieu de nous convaincre, qu'aucune de ces causes mystérieuses ou sinistres, auxquelles nous étions pour ainsi dire forcés d'attribuer le long silence du Prince Paul, et tout ce qui nous avoit frappés dans ses procédés, n'avoit agi dans cette circonstance. Il se porte bien; Il est communicatif et aimable comme toujours. Enfin trois ou quatre heures ont suffi pour nous prouver, que les torts, qu'Il a eus ne provenoient pas de quelque source réellement // affligeante ou alarmante, mais qu'ils ont été l'effet exclusif de certaines bizarreries de caractère, que Votre Altesse avoit mieux jugées que personne, et qu'Elle a daigné me developper dans un de nos derniers entretiens à Eisenstadt avec une sagacité admirable que je n'oublierai jamais. Nous avons observé de plus avec un extrême plaisir, que même dans cette dernière époque, où il sembloit avoir négligé jusqu'aux affaires de sa place, Il n'a pas mal employé son tems à Londres; qu'il y a conservé intactes les relations intéressantes qu'il avoit formées; qu'Il est au fait de tout; que non seulement le Prince Régent mais aussi les Ministres Brittanniques, ont continué jusqu'à la fin à le traitér avec une confiance particulière; et qu'Il n'a pas cessé de nous rendre des services essentiels. J'ai eu avec Lui le lendemain de son arrivée une conversation de Quatre heures sur les affaires publiques; et je puis certifier à Votre Altesse, que tout ce // qu'Il me dit, portoit l'empreinte d'un jugement saine et solide, et auroit fait honneur au Diplomate le plus consommé. J'ai pris l'engagement, Monseigneur, de donner de mes nouvelles à Votre Altesse aussi-tôt aprés l'arrivée du Prince Paul. Je m'acquitte de cet engagement avec une satisfaction secrète, que je tâcherois en vain de dissimuler. C'est la vérité et l'impartialité la plus stricte, qui guident ma plume. Je suis loin de vouloir justifier les torts que le Prince Paul a eus, vis-à-vis d'un Père, si digne de toutes ses affections, vis-à-vis d'autres personnes de sa famille, et finalement envers lui-même. Mais en comparant ce que je viens de voir et d'entendre, aux incertitudes cruelles, aux noirs pressentimens qui ont tourmenté quelquefois tous ceux qui s'intéressent au Prince Paul, et à son illustre maison, j'avoue - que je respire. Et comme je connois le coeur tendre et les sentimens généreux et délicats de Votre Altesse, je ne puis pas me défendre de // croire, que malgré les griefs sévères, que Vous pouvez avoir contre Lui, Monseigneur, le compte que j'ai l'honneur de Vous rendre des dispositions dans lesquelles je L'ai trouvé, soulagera jusqu'a un certain point Vos inquiétudes et Vos chagrins. Monseigneur Votre fils a témoigné au Prince Metternich son extrême désir de retourner à son poste; et j'ai la conviction intime, que, tel qu'il est, personne ne remplira ce poste avec plus de succès. Cependant le Prince Lui a déclaré dès le premier entretien, que son retour en Angleterre étoit irrévocablement lié aux trois conditions suivantes: 1, qu'Il chercheroit, par tous les moyens possibles, à se rétablir dans les bonnes graces de son père ; 2, qu'Il travailleroit sincèrement et sérieusement à mettre l'ordre dans ses affaires pécuniaires; 3, qu'Il en viendroit avec la Princesse son épouse à un arrangement solide et décent sur quelque base que ce fut. Il me paroit en effet, que ces trois articles renferment à-peu-près tout ce qui est nécessaire pour le bonheur futur du Prince Paul. // La Princesse a quitté Carlsbad le 10, Frantzensbrunn le 11; et le Prince Paul étant déjà à Bareuth le même jour, Ils auroient pu facilement se rencontrer. Je suis trop étranger à cette branche des relations du Prince Paul, pour pouvoir expliquer, pourquoi l'entrevue, sans doute extrêmement désirable, n'a pas eu lieu. Son plan est maintenant de rester auprès de Monsieur de Metternich jusqu'au départ de celui-ci pour Francfort, et de se rendre ensuite en deroiture à Vienne. Sans me croire autorisé à entrer dans le détail de ses affaires particulières, j'ai pris toutefois la liberté de Lui réprésenter en peu de mots la necessité urgente de quelque démarche décisive, et le devoir sacré qui l'engage à mettre un terme à toutes les incertitudes de sa position. S'Il n'a pas déjà écrit à Votre Altesse, je présume qu'Il le fera incessamment; et je me flatte qu'Il va à Vienne avec la ferme résolution de se raccomoder avec toutes les personnes, qui ont des droits à son affection et à Ses égards. Le Prince Metternich Lui a promis de l'amener au Congrès prochain, si jusques là Il a pu // parvenir à regler ce qu'il y a de plus essentiel dans ses différents rapports. Le congrès se trouvant remis à la fin de Septembre, peut-être que dans l'intervalle, en y mettant l'activité nécessaire, il pourroit au-moins préparer les bases de ses arrangemens pour l'avenir. J'aime le Prince Paul de tout mon coeur. Je l'aime pour Lui-même et pour ses excellentes qualités. Je l'aime comme fils d'un Père, dont le caractère aussi élevé qu'aimable, dont la bienveillance personnelle m'ont inspiré l'attachement le plus vif. Je le repête cependant, Monseigneur ! Je n'ai dit dans cette lettre, que ce qui est vrai; et si le Prince Paul pouvoit jamais me donner un démenti, j'en serois profondément affligé, mais je n'aurois pas de reproche à me faire. Le Prince Metternich partira de Frantzensbrunn le 25. Il s'arrêtera encore un jour ou deux à Königswart et sera à Francfort le 29. De là il se rendra au Johannisberg. Le 22 Septembre il ira joindre l'Empereur à Francfort, et descendra avec Lui le Rhin de Mayence à Cologne, pour arriver le 27 à Aix-la-Chapelle. Il serai à Francfort le 30 ou 31 de ce mois; // et je ne quitterai plus le voisinage du Prince. Si Votre Altesse daignoit m'adresser quelques mots, ne fut-ce que pour m'informer de la reception de cette lettre, je prierois très-humblement de m'écrire à Francfort sous couvert des Monsieur Bethmann. Carlsbad a été assez brillant pendant le mois de Juillet. Le Prince Metternich, et les deux Princes Schwartzenberg avec beaucoup de personnes de leurs familles y formoient alors le fond de la société. Le Maréchal s'est trouvé extrêmement bien de l'usage des Eaux. Il est parti ce matin pour Marienbad, où il fera un séjour de quelques semaines. La Duchesse de Sagan a quitté ces environs depuis huit jours. Maintenant il n'y a plus ici que des Polonois et des Russes; et à l'exception du Comte Capo-d'Istria, de Monsieur Gordon, et de Goethe rien qui m'intéresse. Aussi n'y suis-je venu que pour peu de jours, après lesquels je retournerai à Frantzensbrunn, dont cependant le séjour est triste au possible. - J'ai cent fois regrettés de n'avoir pas pu faire le voyage de Suisse à la suite de Votre Altesse; je le regretterai long-tems. Je ne sais pas, si Madame // Plaiden m'honore quelquefois de son souvenir; mais j'ose Vous prier, Monseigneur, de vouloir bien, non seulement l'y autoriser, mais même l'y exhorter, en lui offrant de ma part l'hommage le plus empréssé. Pour peu que Votre Altesse le désire, je continuerai à Lui adresser de tems en tems mes petits bulletins. Une fois sur, que mes lettres Lui parviennent, je ne demanderai pas même de réponse, car je ne veux pas que ma correspondance La gêne le moins du monde. Je me contenterai de croire, qu'Elle me conserve Ses bonnes graces, auxquelles j'attache le plus haut prix, et qu'Elle reçoit toujours avec bienveillance l'expression du dévouement aussi respectueux, que sincère et inaltérable avec lequel je suis,Monseigneur ! De Votre Altesse Le très-obéissant et fidèle serviteur Gentz. H: Ungarisches Staatsarchiv, Budapest. FA Esterhazy, P 136, x Bl., F: ; 3 halbbr. eigd. beschr. Seiten. D: bisher ungedruckt.