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Gentz ; Ivernois, François d'
An François d'Ivernois, Berlin, 18. Oktober 1799, Bibliothèque publique et universitaire, Genf. Département des manuscrits, Ms. suppl. 976, Bl. 167-170 1799

Gentz digital

Transkriptionsentwurf Günter Herterich

id5113
Briefaussteller
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Gentz
Briefempfänger
Ivernois, François d'
AusstellungsortBerlin
Datum18. Oktober 1799
Handschriftl. ÜberlieferungBibliothèque publique et universitaire, Genf. Département des manuscrits, Ms. suppl. 976, Bl. 167-170
Format/Umfang4 Bl., F: 255mm x 212mm; 7 eighd. beschr. Seiten
DruckorteKarmin, Lettres inédites, Nr. V, 25-31
IncipitVoici la continuation de l'écrit
BrieftypBriefe von Gentz
Digitalisat: TextAn François d'Ivernois Berlin, 18. Oktober 1799 Monsieur ! Voici la continuation de l'écrit, dont j'ai eu l'honneur de vous envoyer les prémières feuilles. J'attends avec impatience quel jugement vous en porterez. C'est surtout dans le cahier ci-joint que je me suis éloigné dans certains points de vos idées sur les dettes nationales. Tout bien considéré, je crois [xxx] que ce n'est pas le principe général, mais un point de vue particulier quoique bien essentiel, qui nous divise. Je crois que nous aurions été d'accord sur tous les points, si vous n'eussiez pas regardé comme une circonstance a c c i d e n t e l l e, ce que je regarde comme e s s e n t i e l et n e c e s s a i r e dans toutes les dettes publiques, savoir l'emploi du capital emprunté, qui se consume entiérement en travaux i m p r o d u c t i f s. Vous verrez bientôt que je suis loin de me servir de cette expression dans le sens des Physiocrates; je l'adopte exclusivement dans le sens de A d a m S m i t h, qui à mes yeux, peut-être aussi aux votres, est, malgré quelques erreurs particuliéres le premier genie en economie politique de tous les siécles. Cette différence mise de coté, je n'ai pas besoin de vous dire, Monsieur, combien j'ai de nouveau profité de votre précieux [xxx] I m p r i m é - M a n u s c r i t, en composant cette seconde partie de mon ouvrage. Vous vous retrouverez à chaque page, et quelquefois j'ai été sur le point de vous citer; et je l'aurois fait cent fois si l'indiscretion n'avoit // pas été trop grande, vu la confiance particuliére à laquelle je dois la communication de votre écrit. J'ai été obligé de renvoyer au cahier suivant de mon Journal le morceau sur les banques que je m'étois proposé de donner dans celui d'Octobre. - Un des hommes les plus distingués de Berlin, Monsieur Ancillon, Professeur à l'academie militaire et le premier prédicateur François, s'est chargé d'une traduction Francoise de mon travail, qui sera imprimée avec toute la célérité possible, et qu'un des libraires de Hamburg tâchera d'introduire en Angleterre. Je la recommanderai particulièrement t o y o u r p a t r o n a g e. Il y a trois points essentiels, sur lesquels je serois infiniment heureux de pouvoir m'entretenir avec vous, pour donner à cette traduction quelque dégré de perfection de plus que l'original [xxx] n'en posséde. Je vais ls soumettre à votre bienveillance.1, Dans une des notes de votre dernier ouvrage sur la France vous avez dit quelque part, "que dans l'estimation des revenus d' u n e n a t i o n, on n'oseroit mettre en ligne de compte les revenus des o u v r i e r s proprement dits." - J'ai cru au contraire, que <dans> tout ce qu'on peut appeler t r a v a u x p r o d u c t i f s, le salaire de l'ouvrier compose une partie très-distincte des revenus nationaux. Vous [avez de] remarquez vous même, que pour le r e v e n u t e r r i t o r i a l, on le partageoit ordinairement en quatre parties, dont l'une pour les // propriétaires, la seconde pour les fermiers, et les deux autres pour la m a i n d' o e u v r e, et les avances necessaires pour la culture ultérieure. Vous admettez donc nécessairement que le revenu du laboureur est une partie essentiellement separée de toutes les autres. Je crois qu'il en est de même pour tous les travaux productifs. Après avoir longtems médité sur cet objet, je ne crains pas qu'aucun argument sauroit ébranler mon systême; et je le crains d'autant moins que le peu de mots que vous avez dit en passant dans une note ne suffit [xxx] pas pour connoitre le vôtre. Cependant je désirerois bien que vous eussiez la bonté de me dire votre avis sur ce point 2, Après avoir une fois séparé - et avec beaucoup de raison, si je ne me trompe entiérement - les revenus des travaux productifs, de ceux des travaux improductifs, j'aurois dû, fidele à mon système, et sans me laisser séduire par l'autorité imposante des Financiers Anglois rejeter absolument du tableau des revenus, tous les revenus de la dérniére classe. Je vous avoue que je m'en fais des reproches, et que je suis resolu - à moins que des argumens [xxx] invincibles de votre part ne m'en detournassent - de changer dans la traduction Francoise le tableau général que j'ai donné au mois de Septembre <(page 87)>. Il est vrai que l'état des revenus en seroit diminué de toute la somme de 65,000,000, que composent les revenus des maisons, des créanciers publics, et des ouvriers improductifs; mais je suis trop fortement persuadé, que tous ces revenus, partie intégrante du produit de tous les travaux productifs, doivent - sous un point de vue général et national - etre // classés parmi les dépenses et non parmi les revenues n a t i o n a u x. D'ailleurs le rapport entre [les] ces derniers et les impôts, ce rapport qui est le point essentiel dans toutes les recherches de ce genre, ne sera pas absolument dérangé par la perte de ces 65 millions; je suis persuadé que dans toutes les suppositions la somme de 200 millions sera toujours celle à laquelle on pourra fixer les revenus de la Grande Bretagne. De l'autre côté j'ai evidemment exagéré, et même trop pour une simple hypothese les depenses p e r m a n e n t e s, qui en aucun cas [xxx] n'excedéront après la guerre les 25 à 26 millions dont l'opposition elle-même s'est contentée. Ainsi le rapport de 1 à 7, soit 1 à 6, que j'ai cru établir restera malgré le retranchement de ce que je crois indispensable de retrancher. - Vous m'obligeriez infiniment, si le tems et d'autres occupations vous permettoient de me faire parvenir quelques unes de vos idées sur cet objet; si vous vous hâtiez peut-être <en> pourrois-je encore faire usage pour la traduction françoise. 3. Le dernier article est peu important en lui-même; mais je serois pourtant bien aise d'avoir quelques éclaircissemens, que peut-être vous pourrez me procurer sans difficulté. Vous verrez, qu'à la page 237 du Cahier d'octobre je trouve par rapport au montant actuel de la dette permanente une différence d'á peu près 8 millions entre le calcul de Monsieur P i t t et le mien; c'est à dire, [que] qu'ayant calculé sur les bases et données qu'il m'a suggerées lui-meme, je n'arrive jamais à la somme de 386,902,000 // et ne trouve que 379,027,269. Si vous vouliez vous donner la peine de suivre mon calcul; je suis persuadé, que vous arriverez au même resultat. Cependant dans un objet de cette importance on ne suppose guéres [de] une erreur de calcul considérable [et] ainsi il faut nécessairement que l'un ou l'autre de mes élémens ait été erroné; je les ai pris de deux sources 1, du M o r n i n g C h r o n i c l e du 2 Juillet, 2, du P a r l i a m e n t a r y c h r o n i c l e, qui tous les deux s'accordent, en rapportant le discours de Monsieur Pitt, sur toutes les données. Pardonnez, Monsieur, l'indiscretion de vous charger encore du travail de rectifier ce calcul. Vous êtes si près de la prémiere source, que votre bonté ne me le refusera pas. Je vous ai bien de l'obligation d'avoir voulu m'adresser Monsieur de la Rive, dont la conversation m'a beaucoup interessée, et a qui je dois plusieurs renseignemens précieux sur l'etat des sciences et de la littérature en Angleterre et en Ecosse. A la meme époque est arrivé chez nous un autre de vos compatriotes, qui m'a fait l'honneur de <venir> me voir quelquefois pendant son sejour. C'est Monsieur Du Roveray, un homme que j'étois très-curieux de connoitre personnellement, surtout après la brochure vraiment intéressante qu'il a publiée en 94 ou 95 sur les affaires de Genêve. Je vous avouerai, Monsieur, avec une franchise qui vous étonnera peutetre de la part d'un homme, qui n'a pas l'avantage d'etre avec vous dans une liaison intime, [xxx] et qui ne sait pas même jusqu'a quel point vous pourriez être lié avec Monsieur Du Roveray, qu'il n'a pas rempli l'attente que j'avois de lui. Je rends justice à son esprit et à ses lumiéres, et comme il // reviendra à Berlin pour passer l'hiver ici, il se peut que le jugement précoce que je porte dans ce moment soit beaucoup modifié et corrigé. Mais les prémieres conversations que j'ai [xxx] eu avec lui, m'ont un peu découragé. Il ne me paroit pas assez fort dans les principes généraux et fondamentaux du droit social pour être aussi décisif et aussi opinâtre que je l'ai trouvé sur plusieurs points; et, ce qui m'a surtout un peu choqué, il incline à composer avec les premiers auteurs des [la] malheurs de la révolution, auxquels, dans mon systeme, il est permis de p a r d o n n e r, mais qu'on ne peut [et] ni <ne> doit jamais j u s t i f i e r. - Je vous prie en grace, Monsieur, de mettre tout ceci sur le compte de la confiance extrême que vous m'avez inspirée, et de ne pas me taxer d'une légérete coupable, pour vous avoir dit ce que je n'aurois pas le courage de dire à d'autres. Je ne voudrois pas pour tout au monde nuire à la bonne cause, en attaquant, ne fut ce que de loin, un homme aussi précieux pour cette cause que, malgré toutes mes reflexions, Monsieur Du Roveray me paroit etre. Je joins à cette lettre deux [xxx] exemplaires de l'Octobre de mon Journal, en vous priant de vouloir bien donner l'autre à Monsieur Mallet Dupan. Je n'ai pas eu le tems de lui écrire directement; d'ailleurs je lui ai ecrit plusieurs fois sans avoir eu le bonheur d'une // réponse, que j'attens avec impatience, et dont au reste je ne lui impute nullement le retard; je sais à présent ce que c'est que de se condamner à un travail périodique. Mais d'ou vient le grand et facheux intervalle que Monsieur Mallet nous fait éprouver depuis près de deux mois ? Seroit-ce la faute de Fauche ? Ou donnera-t-il plusieurs numeros ensemble ? Je vous prie, Monsieur, de ne pas me faire attendre longtems une lettre de votre part, par laquelle vous me préparerez une heure bien delicieuse, et de croire toujours à la pureté et <à> la force des sentimens distingués avec lesquels je ne cesserai d'etre, Votre très-humble et très-devoué serviteur Berlin ce 18 Octobre 1799. Gentz. Je Vous ai marqué au commencement de cette lettre que je vous recommanderois particuliérement la traduction francoise de mon écrit. Je crois de mon devoir d'ajouter que j'ai le dessein de vous la dédier publiquement. J'ai voulu le faire sans vous en demander la permission; mais comme il y a quelquefois des circonstances particuliéres, qui peuvent s'opposer à la démarche la plus innocente, j'aime mieux vous [en] demander formellement cette permission. J'espere qu'à moins de quelque objection majeure, vous ne me la refuserez pas. Auf Blatt 4v: Mr Gentz. Berlin 18 Oct. 99. H: Bibliothèque publique et universitaire, Genf.Département des manuscrits, Ms. suppl. 976, Bl. 167-170. 4 Bl., F: 255mm x 212mm; 7 eighd. beschr. Seiten. D: Karmin, Otto: Lettres inédites de Frédéric Gentz, Nr. V, 25-31.