Diese Titel interessierten Sie bereits:

Gentz ; Jackson, Francis James
An Francis James Jackson, Wien, 22. August 1804, Public Record Office (PRO), Kew (England). Jackson-Papers, FO 353/18, Bl. 15-18 1804

Gentz digital

Transkriptionsentwurf Günter Herterich

id4577
Briefaussteller
Mashup mit Wikipedia  
Gentz
Briefempfänger
Jackson, Francis James
AusstellungsortWien
Datum22. August 1804
Handschriftl. ÜberlieferungPublic Record Office (PRO), Kew (England). Jackson-Papers, FO 353/18, Bl. 15-18
Format/Umfang4 eighd. beschr. Seiten
DruckorteWeil, D'Ulm à Jéna, 33-36
IncipitIl Vous a été adressé
BrieftypBriefe von Gentz
Digitalisat: TextAn Francis James Jackson Wien, 22. August 1804 Vienne Ce 22 Aout. 1804. Monsieur ! Il Vous a été adressé par le dernier Courier Anglois parti d'ici une lettre pour Monsieur le Duc d'Orléans qu'on croyoit à cette époque-là tout prèt d'arriver sur le continent pour se rendre à Grodno: Toutes sortes de circonstances me font croire que ce voyage a été ou abandonné ou remis. A-moins donc que Vous n'ayez quelque notion particulière sur cet objet, je Vous prie de vouloir bien mettre cette lettre pour Monsieur le Duc d'Orléans, avec celle pour le Comte de Stahremberg que Vous trouverez ci-jointe sous une enveloppe à l'adresse du Comte Stahremberg, et de la donner ainsi au Courier porteur de la présente. Je Vous demande bien pardon de la liberté que je prends de Vous charger de cette commission, comme aussi des deux lettres pour Messieurs de M e t t e r n i c h, et B r i n k m a n n; mais je me crois assuré de Votre bienveillance, et autorisé à compter sur Vos bontés. // Depuis que je n'ai eu l'honneur de Vous écrire, bien des choses se sont encore passées en Europe. La dégradation du continent va son train; ce que la Russie pourra et voudra faire, ne sera jamais qu'un foible contre-poids [xxx] <aux> progrès rapides que nous faisons vers la ruine générale sur tous les autres points de l'Europe. La nouvelle dignité du plus insolent de tous les usurpateurs, qui aient jamais paru sur la scène du monde, a consolidé et consommé notre honte et nos malheurs. La facilité, et l'allégresse même avec lesquelles cette dèmarche impudente a èté acceuillie et applaudie dans toutes les cours, nous donne la mesure de la décadence universelle. Je suis [xxx] arrivé au point que la perspective des dèsastres et des catastrophes futures ne m'effraye plus; je commence á le regarder comme une espèce de consolation; une génération qui ne fait plus que se trainer dans la fange de toutes les bassesses, de tous les vices vils et abjects, de l'égoisme le plus stupide et le plus méprisable, ne mérite [plus] pas même la compassion; ses crimes appellent la punition; elle sera terrible, mais juste; elle confirmera ce que le grand historien disoit avec tant de vérité de son siècle, et ce qui est // si profondément applicable au notre: "Neque unquam atrocioribus dadibus magisque justis indiciis probatum est; non esse Deis curae securitatem nostram, e s s e u l t i o n e m." Quant à l'angleterre, je suis heureux et glorieux (comme si j'avois moi-même l'honneur d'être un de Vos compatriotes) de l'attitude sublime qu'elle a su conserver au milieu du naufrage général. Dans la dernière lettre que j'ai eu l'honneur de recevoir de Vous, Vous parliez sur Monsieur Pitt, alors particulier, d'une manière qui ne pouvoit qu'augmenter mon désir de voir ce grand Ministre élevé de nouveau au suprême pouvoir . Ce désir est devenu plus ardent par les craintes mêmes que j'ai eu pendant quelques momens sur ce que le Ministère seroit confié à un homme dont je ne pourrai jamais regarder l'élévation que comme le signal de la chûte prochaine de l'angleterre. Dieu soit loué que Monsieur Pitt s'est maintenu contre les premiers orages; je suis convaincu que désormais rien ne le déplacera; et tant que le vaisseau sera entre les mains de ce pilote habile, je me moquerai de tous les vains efforts et de toutes les fanfaronnades de l'ennemi. // Je ne sais pas quels ont èté proprement Vos sentimens par rapport au renvoi de Haugwitz; pendant je prendrai la liberté de Vous confier les miens. Il est certain que son successeur ne vaut guères mieux que lui, et que, s'il est un peu moins perfide, il est en révanche un peu plus léger encore que l'autre. Mais c'est toujours une sensation douce et agrèable que de voir tomber à-la-fois ceux qui ont fait beaucoup de mal au monde; et, comme je regarde Haugwitz comme un des Ministres les plus pernicieux de ce tems, et comme un de ceux qui ont le plus essentiellement contribué aux malheurs de l'Europe, je me réjouis extrêmement de le voir écarté, et en quelque façon - je m'en flatte du moins - disgracié. Puisse sa disgrace être bientôt suivie de celle d'un autre personnage, infiniment plus dangereux encore, infiniment plus perfide, plus immoral, plus mort pour tout ce qui est juste, et honorable, et noble ! Tant que ce personnage conservera sa funeste influence, la Prusse ne pourra jamais compter dans les calculs que l'on fera pour sauver et rétablir l'Europe; je dis plus; elle devra toujours être regardée comme l'ennemie commune tout bien présent et à venir. Je Vous prie, Monsieur, de me rappeller au souvenir de Madame Jackson, et d'agrèer l'hommage du dévouement sans bornes avec lequel je ne cesserai d'être Votre très-humble et très obéissant serviteur Gentz.H: Public Record Office, Kew (England). Jackson-Papers, FO 353/18, Bl. 15-18. x Bl., F: ; 4 eighd. beschr. Seiten. D: Weil, D'Ulm à Jéna, 33-36.