Diese Titel interessierten Sie bereits:

Gentz ; Jackson, Francis James
An Francis James Jackson, Wien, 20. August 1805, Public Record Office (PRO), Kew (England). Jackson-Papers, FO 353/81, Bl. 38-45 1805

Gentz digital

Transkriptionsentwurf Günter Herterich

id4573
Briefaussteller
Mashup mit Wikipedia  
Gentz
Briefempfänger
Jackson, Francis James
AusstellungsortWien
Datum20. August 1805
Handschriftl. ÜberlieferungPublic Record Office (PRO), Kew (England). Jackson-Papers, FO 353/81, Bl. 38-45
Format/Umfang8 eighd. beschr. Seiten
DruckorteWeil, D'Ulm à Jéna, 57-62
IncipitJ'ai eu l'honneur de recevoir
BrieftypBriefe von Gentz
Digitalisat: TextAn Francis James Jackson Wien, 20. August 1805 Vienne Ce 20 Aout. 1805. Monsieur ! J'ai eu l'honneur de recevoir Votre lettre du 5, et je Vous demande mille pardons, si dans les inquiétudes que les voyageurs-commissionnaires ne me donnent que trop souvent, je Vous ai importuné plus que je n'aurois du faire. Le silence de Monsieur Frölich n'est certainement pas de bon augure pour la publication de mon ouvrage; mais il ne me fera pas renoncer à mon projet. Je suis mortifié Monsieur, de me trouver à ce sujet d'une opinion différente de la vôtre, et qu'avec toute la déférence que je dois à Votre autorité et à Vos lumiéres je ne crois pas pouvoir changer la mienne. Je ne sais pas, si l'amour-propre y est pour quelque chose; mais les raisons sur lesquelles je m'appuye seroient, selon moi, également valables, si je n'y avois aucun intérèt personnel. Pourquoi les Souwaroff et les Mack que nous avons eus jusqu'ici n'ont-ils jamais èté capables de rétablir et de sauver l'Europe ? - Parce que la corruption de l'esprit public les a paralysés dans leurs victoires, et a rendu leurs défaites irrémédiables. // Je ne suis pas plus attaché qu'il ne faut, au métier que j'ai principalement exercé dans ma vie; je connois trop les hommes et les affaires pour attendre d'un écrit quelconque le salut du genre-humain. Mais il est incontestable, que sans produire une grande révolution dans l'opinion publique, tous les Mack et tous les Souvaroff que le ciel pourroit nous envoyer, échoueront dans leurs entreprises. Or je soutiens que sur [xxx] aucun évènement des dernières années le jugement des contemporains n'a èté plus scandaleusement, plus audacieusement perverti que sur l'origine de la guerre actuelle avec l'Espagne. Je Vous demande bien pardon, Monsieur, de ce que je suis obligé de <Vous> contredire formellement lorsque Vous mettez en fait, qu'on s'informe peu en Europe comment Vous êtes en guerre avec l'Espagne, et que c'etoient seulement les Philosophes qui ont aboyé un peu contre cette guerre. Les donnèes les plus positives me font envisager sous un tout-autre-point-de-vue la défaveur que les infâmes calomnies des François ont jettée à-cet-égard sur Votre cause. Je sais entr'autres, à ne pas pouvoir en douter, que cette même affaire des frégattes Espagnoles (que 99 entre 100 regardent e n c o r e comme une perfidie atroce de Votre part, quoique rien ne soit plus faux) a manqué // vous couter l'amitié de la Russie, et que pendant quatre semaines, Vos plus zélés partisans à Petersbourg ont èté réduits au silence, jusqu'à ce que l'un d'entr'eux ait trouvé le moyen de détromper les Ministres. Jusqu'au jour, où j'ai l'honneur de Vous écrire, il n'existe pas de discussion politique, où cette affaire ne soit mise sur-le-tapis pour nous embarasser. Dans des circonstances aussi graves je ne regretterai point les veilles que j'ai consacrées à ce travail; c'est dans une époque, où plus de vingt mémoires particuliers sur des questions urgentes sont sortis de ma plume, que j'ai employées toutes les nuits de 11 heures jusqu'à 4 heures du matin, pour remplir encore cette tâche additionnelle. Et ne craignez pas que ce soit une analyse sterile des négociations qui ont précédé la rupture; j'y ai trouve l'occasion de traiter un grand nombre de matiéres politiques de la plus haute importance; une préface qui forme presque le tiers de l'ouvrage ne contient que des réflexions sur cet abus monstrueux auquel nous devons les diatribes journaliéres de la Gazette officielle de France. Enfin, si tout ne me trompe, cet ouvrage doit faire un bon effet en Angleterre, et ne sera certainement pas désagréable à Votre gouvernement. - Mais quelque soit sous ce rapport // Votre façon de penser, Monsieur, je suis persuadé, que Vous ne me refuserez pas Votre assistance gracieuse, toutes les fois que je pourrai me trouver dans le cas de la reclamer. Quant à Monsieur de Novosilzoff, je n'ai jamais douté qu'il ne fut un homme très honorable, et même instruit dans plusieurs branches de connoissances. La crainte que j'ai eue, portoit, je n'en disconviens pas, sur ses talens diplomatiques, et cette crainte m'avoient èté inspirée par des personnes qui le connoissent intimément. Je vous ai une veritable obligation de m'avoir certifié que la fameuse condition avoit été effectivement transcrite dans la lettre du Roi de Prusse; car je n'étois pas sans quelques soupçons sur ce point. Mais il n'en reste pas moins une autre question à décider; c'est, si la Cour de Russie ne se compromettoit pas beaucoup, lorsqu'elle permit à Monsieur de Novosilzoff de continuer son voyage s a n s que B o n a p a r t e, ait p o s i t i v e m e n t (non pas implicitement) accédé à une condition que Monsieur de Novosilzoff a présentée lui-même comme s i n e - q u a - n o n de la négociation. Au reste cette question dévient bien moins intéressante, dès qu'il étoit résolu que Monsieur de Novosilzoff donneroit la Majesté Impériale à l'usurpateur; chose que je ne comprends pas plus, que plusieurs autres circonstances de cette négociation manquèe. // La conduite de Monsieur de Wintzingerode à Vienne a èté composée de deux parties bien distinctes, ou plutôt de deux époques dont chacune a eu son caractère particulier. Dans la première on l'a vu extrêmement franc, prévenant, parlant sans réserve, rempli des plus brillantes espérances, et en inspirant à tout-le-monde. Dans la seconde il est dévenu tout-à-coup boutonné, silencieux, mystérieux, et même dissimulant, sombre, et (en apparence) mécontent: Si ce changement subit n'a pas exclusivement tenu à des circonstances personnelles, (ce qui après-tout n'est pas impossible) on doit l'attribuer ou à un succès au-delà de son attente, qu'il a cru devoir soigneusement cacher, ou à un d i s a p p o i n t m e n t bien sensible. Quoiqu'il en soit, Monsieur de Wintzingerode a commis dans tout le cours de sa mission une faute grave, et dont les suites funestes seront senties lorsqu'il sera peut-être trop tard <de les réparer>. Il a fortifié la malheureuse opinion qu'il étoit à-jamais impossible de faire entrer la Prusse dans un plan commun; il a peint le Minstère et les hommes marquans de Berlin (toujours en disant qu'il n'y avoit pas une seule exception) avec des couleurs si noires, et il a tellement exagéré la difficulté (très-rèelle, il est vrai) de changer le systême ce cette cour, que le Ministère Autrichien s'est cru bien justifié en abandonnant absolument toute idée d'agir // sur la Prusse. Je ne sais pas jusqu'à quel point il a contribué au développement des mesures militaires qui nous ont à-la-fin conduit à l'entrée d'une guerre; mais je sais, que tout le bien qu'il a pu faire à cet égard, se trouve richement contrebalancé par le mal incalculable qu'il a produit en ètouffant le germe d'un rapprochement entre les deux puissances d'Allemagne, rapprochement, sans lequel toute alliance avec la Russie ne sera jamais qu'une demi-mesure, [et que] <tandisqu'il> peut à lui seul opérer la restauration de l'Europe, si la Russie vouloit même refuser son secours. A en juger d'après ce qui se passe autour de nous, la guerre doit être inévitable. Avant-hier il a paru l'ordre qui met toutes les troupes sur le pied-de-guerre; 120 mille hommes en Italie, 50,000 en Tyrol, 100,000 en Haute-Autriche, pourvus de tout, extrêmement bien organisés (graces à M a c k, qui s o u s c e r a p p o r t - l à est le premier homme de l'Europe) et animés d'un très bon esprit, n'attendent que le signal; les Russes sont toujours à notre frontière. Mais jusqu'ici aucune démarche p o l i t i q u e ne paroit répondre à ces mesures m i l i t a i r e s. J'en appelle à Votre sagacité, Monsieur; après avoir lu la déclaration par laquelle la Cour // de Vienne invite et conjure la Russie et la France "de renouer immédiatement leurs négociations pacifiques" - concevez-Vous le passage d'une pièce pareille à une déclaration-de-guerre, à-moins que ce ne soit l a F r a n c e qui attaque ? Mais il est maintenant assez prouvé que la France ne nous attaquera pas. - Il sera curieux de voir, comment le gouvernement sortira de l'embarras dans lequel il s'est jetté par la contradiction manifeste entre son langage plus que pacifique et ses énormes armemens, entre ses démonstrations amicales envers la France, et ses négociations secretes avec la Russie. Comme tout doit s'éclaircir dans peu de semaines il seroit imprudent de se livrer à des conjectures profondes pour expliquer tout ce mystère, jusqu'ici, fidèle à un de mes premiers principes; à celui de m'en tenir toujours aux p e r s o n n e s, lorsqu'il y a contradiction entre les personnes et les m e s u r e s, je persiste à croire, que le dénoument ne sera pas tel, que le public paroit le présumer. J'ai èté bien-aise, qu'on ait publié dans les gazettes la lettre par laquelle Monsieur de Hardenberg a transmis à Laforet la note de Monsieur de Novosilzoff. Comme les gazettes avoient déjà répandu par-tout que cette lettre étoit remplie de protestations-d'amitié pour // la France, il étoit certainement très-essentiel qu'on détrompât le public sur ce point, et je puis Vous assurer comme un fait, que depuis long-tems rien n'a produit [xxx] dans ce pays-ci un effet plus favorable à la Prusse que la connoissance de cette pièce Ministérielle. Le Prince Dolgoroucki n'est venu à Vienne que pour finir ses arrangemens de comptabilité (sur d'anciennes affaires entre la Russie et l'Autriche) qu'il avoit entamés l'année dernière. Il fait tout ce qu'il peut, pour passer aux yeux de ceux, qui ne connoissent point la marche des affaires, pour un grand personnage diplomatique; mais il est si complètement dénué de toute qualité nécessaire pour conduire une négociation quelconque, que si on ne connoissoit même pas le véritable et le seul but de sa mission, on n'en seroit pas plus la dupe de son affectation, qui un surplus l'a rendu passablement ridicule à Vienne. Si l'armèe Russe entroit sur notre territoire, il est possible qu'on lui donnat quelqu'emploi de commissaire, ou autre. Agréez, Monsieur, l'hommage de la considération respectueuse, et du dévouement invariable avec lequel j'ai l'honneur d'être Votre très-humble et très- fidèle serviteur Gentz. Cette lettre Vous arrivera peut être par la poste, mais c'est par une occasion particulière que je l'expédie jusqu'à Dresde. Sans une absence de huit jours que j'ai faite elle seroit partie plutôt. H: Public Record Office, Kew (England). Jackson-Papers, FO 353/81, Bl. 38-45.x Bl., F: ; 8 eighd. beschr. Seiten. D: Weil, D'Ulm à Jéna, 57-62.