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Gentz ; Vansittart, Nicholas
An Nicholas Vansittart, Wien, 9. Mai 1804, Universitäts- und Stadtbibliothek Köln. Gentz-Nachlass Günter Herterich I, Nr. 6 1804

Gentz digital

Transkriptionsentwurf Günter Herterich

id3833
Briefaussteller
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Gentz
Briefempfänger
Vansittart, Nicholas
AusstellungsortWien
Datum9. Mai 1804
Handschriftl. ÜberlieferungUniversitäts- und Stadtbibliothek Köln. Gentz-Nachlass Günter Herterich I, Nr. 6
Format/Umfang8 Bl., F: 223mm x 182mm; 13 eighd. beschr. Seiten
IncipitLa position réelle des choses
BrieftypBriefe von Gentz
Digitalisat: TextAn Nicholas Vansittart Wien, 9. Mai 1804 Monsieur ! La position réelle des choses n'a pas changé depuis que j'ai eu l'honneur de Vous écrire la dernière fois; mais le funeste ascendant que nos ennemis exercent sur l'opinion publique du continent, l'impudence avec laquelle ils profitent de l'état actuel de tous les cabinets, les terreurs et la bassesse de ces cabinets, les démarches hostiles contre l'Angleterre dictées par la p e u r, et par le d é s e s p o i r - tout cela a fait des progrès effrayans, et s'est manifesté depuis un mois d'une manière plus positive, plus solemnelle, plus révoltante, que jamais. Je n'ai pas encore les données qu'il me faudroit pour juger en connoissance de cause la conduite de Monsieur Drake et de Monsieur Spencer Smith; car, en admettant même, que ces Ministres aient été jusqu'à un certain point emportés par leur zèle, et entrainés dans les démarches plus ou moins imprudentes, je me garderai cependant bien d'ajouter foi aux rapports des infames agens, du plus infâme, du plus // atroce gouvernement qui ait jamais souillé la terre. Ces rapports, même tels qu'ils sont, présentent déjà <tant> de faussetés palpables, tant de contradictions évidentes, leurs auteurs, en avouant qu'ils ont eux-mêmes envoyé à Munic et à Stuttgard les traitres qui ont si indignement abusé du caractère trop confiant de ces Ministres, se sont déjà mis dans une catégorie si infiniment-suspecte, et l'intérèt, qu'ils avoient à lancer tout ce tissu de mensonges et d'infamies au-milieu d'un public justement indigné, ou plutot stupéfait (car l'indignation n'existe plus) de l'horrible crime qu'ils venoient de commettre - que je n'ai jamais douté un moment du triomphe, quelque tardif qu'il soit, que la vérité remportera dans cette occasion-ci, comme dans tant d'autres; et que tout ce que je désire sous ce rapport-là est [xxx] une liberté entière pour les accusés de défendre leur cause devant l'Europe, et même quelque encouragemens de Votre part, pour que cette défense soit aussi complète et aussi publique que possible. Mais ce que je n'ai pas pu voir sans la plus profonde affliction, c'est la conduite tenue dans cette circonstance remarquable par toutes // les puissances du Continent. Dans le moment même, que Bonaparte avoit insulté à toutes les loix divines et humaines à-la-fois, en trainant à l'échafaud un Prinse illustre qu'il avoit arraché à l'asyle dont Robespierre et Carrier auroient respecté la sainteté, lorsque le sang de cet illustre Prince fumoit encore, et condamnoit à une honte effaçable, et peut-être à d'éternels remords ceux qui par leur lâche et impardonnable silence doivent tous être regardés comme les complices de ce dernier forfait, dans ce moment même un concert de trendresse et d'éloges d'un coté, d'injures et d'imprécations de l'autre s'élève pour célébrer la prétendue découverte d'une conspiration tramée par Monsieur Drake et son gouvernement contre ce même tiran, qui venoit de mettre le comble à tous les crimes dont il avoit épouvanté l'Europe. Qu'on ne me dise pas, que les vils et méprisables Ministres qui réprésentent à Paris, ce Continent courbé sous le poids de sa honte et de son infamie, ont agi, en répondant à Talleyrand, d'après leur propre impulsion, et d'après la triste nécessité qui les attachoit à cette résidence de toutes les horreurs et de tous les crimes. Si ces Ministres n'avoient pas // connu, et trop connu, les principes et les dispositions de leurs cours quelques misérables qu'ils soient, ils n'auroient pas gratuitement inscrit leurs noms sur ce registre d'ignominie qui les traduira à la postérité comme les laches organes du dernier avilissement de leurs souverains, de leurs pays, et de leur siècle. - Ils ont anticipé et justement anticipé les instructions qu'ils auroient reçues, si leurs gouvernemens avoient été consultés; et ce qui prouve sans réplique qu'ils ont bien agi dans le sens de ces gouvernemens, c'est qu'aucun d'eux n'a reçu la plus légère réprimande, que tous ont été formellement approuvés, soutenus, et défendus même en cas de besoin, par les Ministres dirigeans, et par les Princes, dont ils avoient exprimé les sentimens. Je Vous avoue, Monsieur, que je regarde cette correspondance entre Talleyrande et les Ministres étrangers à Paris, comme un évènement majeur, comme une véritable époque dans l'histoire politique et diplomatique de l'Europe. C'est la première fois, que le Gouvernement François s'est adressé, non pas par des brochures non-avouées, non // pas <même> par des Articles autographes de son Journal officiel, mais par une dépêche Ministérielle dans toutes les formes, à la masse des Cabinets Européens, pour accuser publiquement et d i r e c t e m e n t l'Angleterre; et le succès de cette démarche a pleinement répondu à ses voeux; je dis plus, je suis bien persuadé qu'il a outre-passé ses espérances. Je regarde la collection de réponses que le Moniteur a circulé dans tous les coins de l'Europe comme une déclaration hostile de toutes les puissances contre Vous, comme un acte solemnel par lequel la neutralité perfide de ces puissances est ouvertement rompue en faveur de la France, comme un manifeste de leurs opinions et de leurs sentimens sur la crise actuelle des affaires politiques. Je regarde la victoire que Bonaparte a remportée sur Vous dans cette occasion comme pour le moins aussi décisive, et beaucoup plus fatale que la victoire de Marengo. Enfin, je suis convaincu, que [xxx] quelque méprisable et quelque ridicule que puisse être par elle-même la guerre que les François livrent à tous les Ministres Anglois sur le Continent, cette guerre // a acquis par la conduite des puissances, et par l'assentiment d'une opinion publique pervertie, une importance et une gravité, qui la rendent digne de toute Votre attention, et qui Vous préscrivent impérieusement un changement quelconque de systême par rapport à toutes Vos relations continentales. Je ne hazarderai pas dans ce moment-ci de Vous présenter mes réflexions ultérieures sur cet objet; je m'en abstiens d'autant plus, que je <ne> puis point encore juger de la manière, dont tous ces évènemens ont été reçus en Angleterre; car par une singulière fatalité nous manquons de nouvelles de Londres depuis quatre semaines, et nous ne savons pas ce qui s'est passé chez Vous plus tard que le 3 d'Avril. Cependant la nécessité de prendre quelque grande mesure pour contre-balancer les attaques continuelles que le Gouvernement François se permet directement, officiellement, et ministériellement contre l'honneur, le caractère, et les principes du Gouvernement Anglois et la connivence ouverte, l'appui direct, que toutes les cours prêtent a ces diffamations sans cesse renouvellées - cette nécessité me paroit démontrée. La considération publique est toujours, - sur-tout pour une puissance comme Angleterre, - un élément de force réelle; et si Vos ennemis parviennent à force d'accusations et d'entreprises hostiles contre tous Vos agens, à rendre Votre cause odieuse ou du-moins chaque démarche en Votre faveur essentiellement dangereuse par toute l'Europe, s'ils parviennent à Vous imposer silence, et à Vous mettre, pour ainsi dire, hors de procès dans toutes les cours, il me semble, qu'ils Vous auroient fait presqu'autant de mal qu'en Vous arrachant une partie de Votre territoire. Je suis d'avis, que cette fois-ci la grandeur même, la publicité, la solemnité, et l'universalité de l'offense peut conduire directement aux moyens, par lesquels Vous relèveriez Votre dignité, si sensiblement compromise, par tout ce que l'ennemi et ses lâches partisans ont tenté et exécuté contre Vous dans ces derniers tems; et j'espère bien que les premières nouvelles, que je recevrai de Votre part me confirment dans les points-de-vue sous lesquels j'ai envisagé cette affaire, et m'enhardiront même à Vous soumettre mes idées sur les mesures à prendre tant pour se venger du passé // que pour se mettre en garde pour l'avenir. - Je me borne aujourd'hui à Vous parler d'un objet qui est essentiellement lié à ces mesures, et à Vos intérèts les plus chers, et sur lequel je puis d'autant plus me permettre une opinion, qu'il est à-portée de mes observations immédiates. Je Vous ai dit, Monsieur, dans toutes mes lettres précédentes, combien dans les circonstances actuelles la présence de Monsieur Paget à Vienne est bienfaisante et même indispensable pour les affaires publiques; je Vous ai exprimé, combien la dignité et l'energie de sa conduite, l'extrême justesse de son esprit, et la chaleur avec laquelle il embrasse les intérèts réels et les intérèts de l'honneur de son pays ont relevé mon courage et mes espérances. Vous sentez bien, qu'avec ces dispositions-là, la possibilité seule de le voir s'éloigner de nouveau devoit me faire trembler, et que chaque fois, qu'il étoit question d'un autre voyage en Angleterre, je devois m'abandonner à un découragement complet. Dès le jour de son arrivée je fus douloureusement frappé de quelques mots vagues qui paroissoient annoncer // ce funeste projet. Mais à-la-fin j'en ai été plus amplement instruit; et comme Monsieur Paget m'honore de son amitié et de sa confiance, et qu'il me permet de jouir constamment de sa société, qui fait depuis quelque tems mon bonheur et ma consolation unique, il est entré avec moi dans une explication détaillée sur les circonstances qui paroissoient exiger son retour en Angleterre, ne fut-ce pour quelques mois. Je dois dire cependant à l'honneur et à la gloire de Monsieur Paget, que quelque pressans que pussent être les motifs particuliers qui le détermineroit à [son] ce voyage, il a reconnu avec moi, et il a senti avec plus de force que moi-même l'effet fatal, que produiroit son absence de Vienne dans ce moment critique et dangereux. Combattu entre deux motifs opposés il est resté jusqu'ici en suspens sur la résolution qu'il auroit à prendre; mais à en juger d'après la dernière conversation que nous avons eue à ce sujet, je crois, et je suis déjà persuadé, que l'intérèt public l'emportera, pour peu qu'il n'en soit pas détourné par les personnes qui désirent et qui doivent naturellement désirer son voyage. Je suis per//suadé que s'il pouvoit voir ce que je Vous écris ici, il ne me désavoueroit point; et je suis également persuadé, que comme s'agit ici d'une affaire essentiellement intéressante pour l'Angleterre, la même bonté, avec laquelle Vous avez bien voulu recevoir quelquefois mes avis sur les grands intérèts de Votre patrie, m'excusera ou plutôt me justifiera encore, si [xxx] aux risques même de paroitre indiscret en me mêlant de ce qui ne m'appartient certainement pas de traiter, je Vous [présente] adresse mes reflexions à cet égard. Depuis que les François dominent sur tout le Midi de l'Allemagne avec un sceptre-de-fer, qu'ils ont chassé Vos Ministres de toutes les Cours Electorales, que l'Italie est absolument à leur disposition, Monsieur P a g e t est le seul Représentant de l'Angleterre dans toute cette partie de l'Europe, et en outre le seul lien de communication entre la Meditérannée, l'Empire Ottoman, et le Levant d'un côté, et le Nord de l'Allemagne, de l'Europe, [et de l'Angleterre] et l'Angleterre elle-même de l'autre. // Si Monsieur Paget s'éloigne dans ce moment-ci, non-seulement il n'y aura plus personne qui en cas de besoin puisse agir avec vigueur pour les personnes et les intérèts de Votre pays, exposés par-tout aux chicanes et au persécution de Vos ennemis et de leurs acolytes nombreux, mais le public croira même inévitablement que Vous abandonnez Vos dernières stations sur le Continent aux menaces et à la rage des François. Cette considération me paroit d'une si haute [xxx] importance, que, si j'étois pour la moindre chose dans les Conseils du gouvernement Brittannique, loin de consentir à l'éloignement de Monsieur Paget de Vienne, je voterois plutôt pour tout ce qui put renforcer sa position, augmenter son crédit et son autorité, étendre ses instructions, et le mettre en-état de s'opposer sur-le-champ à toute entreprise quelconque contre les intérèts et la dignité de son pays. Entr'autres je ne balancerois pas un instant à lui conférer le rang d'Ambassadeur, mesure, selon moi, essentiellement salutaire et même nécessaire dans les circonstances // présentes, et qui feroit déjà un bien infini par cela seul qu'elle annonceroit l'intention formelle de tenir tête à Vos ennemis dans la guerre sourde et perfide qu'ils Vous font dans les principaux cabinets du Continent. Si Vous approuvez ce que je viens de Vous dire sur les dangers qu'entraineroit le départ de Monsieur Paget dans une conjoncture aussi grave et aussi périlleuse, je prendrai encore la liberté, de Vous soumettre, s'il ne seroit pas bien fait, de réprésenter ou de faire réprésenter Lord Malmesbury par quelque personne de poids, combien il seroit mal-vu d'arracher Monsieur Paget à la carrière publique ne fut ce que pour deux mois. Je me suis apperçu dans les conversations que j'ai eues avec lui, que son projet de voyage étoit principalement fondé sur ceux que Lord Malmesbury avoit conçus par-rapport aux liens que Monsieur Paget doit contracter avec sa famille. Mais Lord Malmesbury est trop homme d'état lui-même, et certainement beaucoup trop attaché aux intérèts de sa patrie, pour qu'il put désirer ce qui lui paroitroit à-coup-sûr aussi pernicieux qu'il me // paroit à moi, s'il se trouvoit placé là où je suis; et je crois, que, pourvu que <Vous> trouviez le moyen de lui faire envisager cette affaire sous le point-de-vue que je prends la liberté de Vous présenter ici, nul doute, qu'il ne conseille qu'il n'encourage lui-même Monsieur Paget à différer pour quelque tems son voyage. Je profiterai de la première occasion qui se présentera, pour Vous adresser de nouveau quelques réflexions sur les évènemens qui se pressent autour de nous. Je Vous prie, de vouloir bien offrir à Monsieur Addington les hommages de mon respect et de mon dévouement, et de parler de moi à ceux de Vos amis, qui m'honorent encore de leur souvenir. Rien au monde ne pourra affoiblir les sentimens de reconnoissance, d'attachement, et d'estime profonde avec lesquels je suis,Votre très-humble et très-fidèle serviteur Vienne Ce 9 Mai. 1804. Gentz. H: In Privatbesitz. 8 Bl., F: 223mm x 182mm; 13 eighd. beschr. Seiten. D: bisher ungedruckt.