Diese Titel interessierten Sie bereits:

Gentz ; Jackson, Francis James
An Francis James Jackson, Neiße, 10. Dezember 1805, Public Record Office (PRO), Kew (England). Jackson Papers, FO 353/81, Bl. 121-124 1805

Gentz digital

Transkriptionsentwurf Günter Herterich

id3783
Briefaussteller
Mashup mit Wikipedia  
Gentz
Briefempfänger
Jackson, Francis James
AusstellungsortNeiße
Datum10. Dezember 1805
Handschriftl. ÜberlieferungPublic Record Office (PRO), Kew (England). Jackson Papers, FO 353/81, Bl. 121-124
Format/Umfang4 eighd. beschr. Seiten
DruckorteWeil, D'Ulm à Jéna, 142-146
IncipitJe commence par récapituler les lettres
BrieftypBriefe von Gentz
Digitalisat: TextAn Francis James Jackson Neiße, 10. Dezember 1805 Neisse Ce 10 Decembre 1805 Monsieur ! Je commence par récapituler les lettres que j'ai eu l'honneur de Vous adresser depuis que j'ai quitté Vienne, puisque dans les tems orageux, où nous vivons, rien ne me paroit plus essentiel, pour maintenir l'ordre dans la correspondance. Je Vous ai écrit de B r ü n n le 15 et le 16, de O l l m ü t z le 21 et le 22 (les deux fois par le Chargé d'Affaires de Prusse) de T r o p p a u le 26 (je crains que celle-ci ne soit arrivée bien tard) et le 5 Decembre par un Courier Suédois expèdié par Monsieur l'Ambassadeur S t e d i n g. Celle-ci, je n'ai d'autre moyen que de l'adresser au Ministre d'Etat Comte de Hoym à Breslau; je ne pourrai [pas] donc pas Vous [de] parler avec toute la franchise que Vous me connoissez; mais je ne puis pas me dispenser de dire quelques mots sur un article, de ma dernière lettre que Vous aurez certainement lu avec beaucoup de mécontentement. Vous savez, Monsieur, que je suis bien loin de mettre de la tiédeur dans ce que je pense, écris ou entreprends, pour la cause sacrée de l'indépendance et de l'honneur de l'Europe. Vous savez aussi que les difficultés médiocres ne m'effrayent gueres, je crois avoir fait mes preuves. Donc, toutes les fois que j'enonce une opinion, comme celle que Vous aurez remarquée dans ma dernière lettre, il faut que les circonstances soient bien graves, bien prononcées, et bien désespérées. Elles le sont dans ce moment-ci. Je sais que Vous ne le croyez pas; à-moins de former une // exception unique à tout ce que j'ai encore vu d'étrangers et notamment d'Anglois, qui ne connoissoient pas à-fond l'intérieur de la Monarchie Autrichienne, vous ne p o u v e z pas le croire. J'ai eu une longue conversation avec le Général Clinton, que j'ai rencontré à Neustadt et que je n'avois jamais vu auparavant; eh bien ! je Vous le jure, lorsque cet homme, qui me paroit d'ailleurs un bien galant homme, m'a parlé de l'état des choses sur un théatre que je venois de quitter, et [xxx] dont il n'étoit plus éloigne que de quelques postes, j'ai cru faire un rève, et j'ai eu de la peine à me faire comprendre. J'ai eu successivement les mêmes scènes (dans des tems plus calmes et moins menaçans) avec Monsieur Paget, avec Monsieur Arbuthnot, avec Monsieur Pierrepont, enfin avec tous les Anglois de marque qui ontété à Vienne pendant mon séjour; t o u s ont fini par être pleinement d'accord avec moi, malgré que tous avoient commencé par me regarder plus ou moins comme un visionnaire. Si cela est arrivé dans une époque, où une partie de la nullité, et de la nullité de la Cour de Vienne étoit encore couverte par le cours ordinaire d'un gouvernement établi, [et] par l'éclat des anciens souvenirs pp à combien plus forte raison doit-il être difficile à - p r é s e n t, [xxx] à ceux qui n'ont pas pu mesurer toute la profondeur de notre misère, de concevoir la situation dans laquelle nous nous trouvons, et dans laquelle - je suis au désespoir de falloir l'ajouter - la Russie se trouve avec nous. // Voilà ma justification. Je n'ai rien exagéré, j'ai présenté l'état des choses tel qu'il est. Si j'en ai tiré une conclusion affligeante, je l'ai fait puisqu'alors; comme aujourdhui, le raisonnement sur lequel je me fondois, me paroissoit appuyé des argumens les plus solides. Mais je Vous le repete, Monsieur, je n'en ai pas moins regardé cette conclusion comme une de ces vérités é s o t é r i q u e s, qui l'on ne doit communiquer qu'aux initiés. Je ne l'ai dit, je ne le dirai à-personne; et quand j'aurai le tems de Vous envoyer de Breslau la copie d'un article que j'ai écrit le jour même de la malheureuse bataille du 2, pour le faire imprimer à Dresde, vous verrez si j'ai un seul moment abandonné les drapeaux sous lesquels je sers. C'est de Breslau aussi je Vous enverrai avec la première occasion, ce que j'ai adressé au Prince Czatoriski de Ollmütz. Je Vous prie très-humblement de remettre la lettre ci-jointe à ce courier dont je Vous ai déjà parlé, et qui doit incessamment reparoitre à Berlin; je vous la recommande particulièrement, puisqu'elle contient des choses qui sont pour moi d'un grand intérèt. Veuillez bien, je Vous en conjure, ne pas m'oublier à Breslau; vos couriers doivent maintenant passer par cette ville et vous me rendrez plus qu'heureux en les chargeant toujours de quelque chose pour moi. Je serai pendant quelque tems, un mauvais correspondant, par rapport aux nouvelles, car je serai éloigné du centre, et coupé de toute source d'instruction. Mais Vous êtes trop généreux pour m'abandonner dans ce moment de stagnation, et j'espère que je serai en état de m'acquitter bientôt des dettes que // je Vous engage à contracter avec moi. Les dernières nouvelles sures, que j'ai pu apprendre, sont celles qu'un Courier a portées à Berlin, il y a deux jours, et qui par conséquent Vous seront connues. Lorsqu'on a conclu l'armistice provisoire (et à-ce qui paroit, secret) dont on est convenu, le quartier Général etoit à Holitsch; une partie de l'armée Russe à Hradisch, le corps du Prince Liechtenstein entre Göding et Ollmütz; l'Impératrice, attaquée par la rougeole, malade à Frideck, gardée (quelle bizarrerie dans tous ces évènemens) par 1000 Cosaques ! Aucune nouvelle de l'archiduc Charles ! Aucune nouvelle de ce qui se passoit à Vienne ! Mais quant à ce dernier point je suppose que Vous serez <mieux> instruit que nous tous vers l'époque où cette lettre Vous arrivera, et c'est à Vous a-présent que je demande avec instance quelque nouvelle [xxx] certaine sur le rèsultat des négociation de Vienne ! Si Lord Harrowby exècute le projet de se rendre de ce côté-ci, je Vous supplie, de ne pas oublier de m'en instruire. Je le désire bien vivement. Il y a plusieurs objets bien-importans sur lesquels je ne puis absolument pas écrire, pas-même par les voies les plus sûres, ni aux correspondans dans lesquels j'ai la plus grande confiance, mais que je voudrois une bonne fois traiter de bouche avec quelqu'un qui est capable et autorisé de s'en occuper, c'est pourquoi je regarderois l'arrivée de Lord Harrowby comme un bien inestimable. Si Vous voyez mon ami Müller, veuillez bien lui dire que je lui écrirai de Breslau, où je serai après-demain, et où je compte même de trouver déjà de ses lettres, si toutefois les miennes du 26 ne sont pas arrivées trop tard a Berlin. Agréez l'hommage du dévouement bien sincère, et inviolable avec lequel je suis Votre très-obéissant et très fidèle serviteur Gentz. Si par hazard K r a u s étoit déjà parti de Berlin et avoit pris la route de D r e s d e, je Vous supplie de lui faire parvenir le plutôt possible la lettre ci-incluse. H: Public Record Office (PRO), Kew (England). Jackson Papers, FO 353/81, Bl. 121-124. x Bl., F: ; 4 eighd. beschr. Seiten. D: Weil, D'Ulm à Jéna, 142-146.