Diese Titel interessierten Sie bereits:

Gentz ; Jackson, Francis James
An Francis James Jackson, Wien, 31. März 1805, Public Record Office (PRO), Kew (England). Jackson-Papers, FO 353/81, Bl. 19-25 1805

Gentz digital

Transkriptionsentwurf Günter Herterich

id3399
Briefaussteller
Mashup mit Wikipedia  
Gentz
Briefempfänger
Jackson, Francis James
AusstellungsortWien
Datum31. März 1805
Handschriftl. ÜberlieferungPublic Record Office (PRO), Kew (England). Jackson-Papers, FO 353/81, Bl. 19-25
Format/Umfang7 eighd. beschr. Seiten
DruckorteWeil, D'Ulm à Jéna, 39-43
IncipitJe ne sais plus, Monsieur
BrieftypBriefe von Gentz
Digitalisat: TextAn Francis James Jackson Wien, 31. März 1805 Vienne Ce 31 Mars 1805. Je ne sais plus, Monsieur, à qui est proprement la faute que notre correspondance a été suspendue; mais je sais bien que j'ai déjà très-souvent vivement regretté cette suspension; et je Vous fais la proposition formelle de la faire cesser le plutôt possible. J'ai toujours été sincerement affligé de ce que dans une époque aussi critique, aussi décisive, il n'y avoit pas une liaison suivie entre Vous et Monsieur Paget; mais je connois trop ce dernier, et malgré l'amitié qui subsiste entre nous, j'ai trop étudié ce qu'il y a en lui de parties défectueuses, pour <ne pas> être convainçu que le tort est uniquement et exclusivement de son côté. Mais je crois, que, si Vous me jugiez digne de remplacer jusqu'à un certain point Monsieur Paget, nous pourrions suppléer à ce qui est perdu par notre éloignement réciproque. Vous savez, que je suis attaché de coeur et d'ame aux intérèts de Votre noble patrie; il ne Vous est certainement <point> inconnu que je me trouve dans des relations de confiance, dans des correspondance et des communications perpétuelles avec Votre gouvernement, et que Vous pouvez // Vous fier à moi, comme si j'avois l'honneur de travailler directement avec Vous. Je suis d'ailleurs, moyennant une infinité de relations que j'ai contractées ici, aussi bien instruit sur tout ce qui se passe dans ce pays, que qui que ce soit à Vienne, et je crois que je le suis géneralement mieux que la plupart des personnes du Corps diplomatique. S'il s'établissoit donc entre nous une correspondance réglée, si nous adoptions seulement pour principe invariable de ne jamais laisser partir de Courier, sans le charger d'une lettre, je suis sûr que nous nous donnerions mutuellement des éclaircissemens précieux, et qu'il en résulteroit un bien incalculable pour l'intérèt de Votre pays. Nous pourrions même, pour ne donner ombrage à personne, nous servir dans cette correspondance de l'intervention de notre ami commun, Monsieur le Comte Metternich; de sorte qu'en m'adressant Vos lettres, Vous les mettriez seulement sous un couvert dont le Comte Metternich feroit faire l'inscription et que j'adresserois les miennes à lui toutes les fois // que je ne pourrois pas les remettre entre les mains mêmes du Courier. Je le répète: c'est avant tout l'intérèt public, qui m'engage à Vous faire cette proposition; mais je nie pas, que mon intérèt particulier n'y soit pour beaucoup. Je sais, à ne pas pouvoir en douter, que Vous êtes un des Ministres les mieux instruits, les plus actifs, les plus éclairés, et les plus clairvoyans qui existent; et que par conséquent Vos lettres seroient pour moi une source féconde d'instruction et de jouissance; mais cet avantage même m'encourageroit constamment à rendre les miennes aussi intéressantes qu'il me seroit possible de le faire, pour que Vous y trouviez du-moins une espèce d'équivalent. Si Vous approuvez mon projet, je commencerai par Vous faire parvenir successivement quelques pièces, qui puissent Vous mettre au-fait de ce que c'est proprement, que le caractère, les élémens, et la situation actuelle de ce triste gouvernement Autrichien, que Vous avez certainement bien jugé d'après ces oeuvres, mais qu'il faut avoir vu de près, et observé et étudié dans des circonstances aussi // favorables que celles où j'ai été placé, pour s'en faire une idée conforme à la vérité. L'évènement qui nous occupe ici de préférence, et qui a consterné ce cabinet imbécille plus que tous les évènemens précédens, c'est le titre de Roi d'Italie adopté par le prétendu Empereur de France. Cette nouvelle usurpation est si grave, si audacieuse, et si menaçante en elle même, elle renferme en même tems un affront si gratuit et si sanglant, qu'on devroit croire que la pusillanimité elle-même en seroit blessée au-coeur et exaltée jusqu'à la rage. Mais l'Autriche dévorera ce nouvel outrage; elle le dévorera dans un moment, où au premier signal donné par elle, 100,000 Russes, q u i n' a t t e n d e n t q u e c e s i g n a l, voleroient à son secours, dans un moment, où le Cabinet de Petersbourg (je le dis avec p l e i n e c e r t i t u d e, après avoir été pendant long-tems le plus incrédule des incrédules) ne demande, ne désire qu'une proposition de ce côté-ci, pour se croire justifié à ses propres yeux en attaquant la France. Il est dé//plorable, de voir la dernière chance qui nous restoit encore pour le salut du continent, perdue et anéantie par la conduite honteuse de celle des puissances, dont l'intérèt à un changement est le plus direct et le plus pressant. Mais elle le sera, et la Russie, voyant que personne ne veut faire cause commune avec elle, se dégoutera de ses projets, se renfermera de nouveau dans ses foyers, et finira par se réconcilier avec la France. J'ai trop tard commencé cette lettre pour pouvoir me livrer [xxx] à des développemens plus étendus sur ce triste sujet; et je le puis d'autant moins qu'il faut absolument, Monsieur, que je Vous entretienne encore d'une chose, qui, quoique m'intéressant beaucoup en première instance, n'est cependant rien moins qu'indifférente, à ce que je me flatte, pour l'intérèt public. Profondément indigné des calomnies atroces que l'on a semées contre Vous dans toute l'Europe relativement à Votre guerre avec l'Espagne, j'ai tâché d'étudier cette question dans tous ses détails, et je crois m'en être rendu maitre au point de // détruire, de pulvériser ces calomnies de manière à ce qu'il n'en reste pas une trace. J'avois d'abord rédigé en François (et avant de posséder les documens qui me sont arrivés plus tard) une esquisse, que j'ai envoyée en Angleterre; mais à-présent j'ai remis l'affaire sur l'enclume, et je la traiterai en Allemand, pour produire un effet plus général. Dans la lettre ci-jointe j'ai proposé à un libraire de Berlin de se charger de la publication de mon écrit; chose, qui ne sera pas sans difficulté, puisque je ne lui ai pas caché, qu'il y auroit des observations extrêmement fortes et vigoureuses au sujet du Napoléon. J'ai prié cet homme que dans le cas qu'il ne put pas se charger de la publication, il en instruise Votre Excellence par quelques lignes; si dans ce cas-là Vous pouviez m'indiquer un autre moyen, pour faire paroitre l'ouvrage dans le Nord de l'allemagne, Vous m'obligeriez infiniment. Mais si Monsieur Frölich ne Vous écrit pas, c'est une preuve que l'affaire est en bon train. Je suis obligé de finir, le // Courier doit partir incessamment. Je Vous prie Monsieur, de présenter mes respectueux hommages à Madame Jackson, et de recevoir avec bonté celui du dévouement inviolable, avec lequel je ne cesserai d'être Votre tres-humble très-obéissant et très-fidèle serviteur Gentz. J'espère que le premier Courier Anglois qui arrivera à Vienne, m'apportera quelques mots de réponse. Oserois-je bien Vous prier aussi de dire à Monsieur de Metternich que je n'attends pour lui écrire une longue lettre que le départ (toujours annoncé comme très prochain) de Monsieur de Binder ? H: PRO, London. Jackson-Papers, FO 353/81, Bl. 19-25. x Bl., F: ; 7 eighd. beschr. Seiten. D: Weil, D'Ulm à Jéna, 39-43.