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Gentz ; Jackson, Francis James
An Francis James Jackson, Olmütz, 22. November 1805, Public Record Office (PRO), Kew (England). Jackson-Papers, FO 353/81, Bl. 99-105 1805

Gentz digital

Transkriptionsentwurf Günter Herterich

id3371
Issuer of letter
Mashup mit Wikipedia  
Gentz
Addressee of letter
Jackson, Francis James
LocationOlmütz
Date22. November 1805
Handwritten recordPublic Record Office (PRO), Kew (England). Jackson-Papers, FO 353/81, Bl. 99-105
Size/Extent of item7 eighd. beschr. Seiten
Places of printWeil, D'Ulm à Jéna, 113-121
IncipitLe Comte Finkenstein part pour
Type of letterBriefe von Gentz
Digital item: TextAn Francis James Jackson Olmütz, 22. November 1805 Ollmütz Ce 22 Novembre. Monsieur ! Le Comte Finkenstein part pour se rendre auprès de Monsieur de Haugwitz, et conférer avec ce Ministre avant qu'il poursuivi sa route vers le Quartier-Général de Bonaparte. Quoique je ne Vous aie écrit qu'hier au soir par une estaffette Prussienne, je ne veux pourtant pas laisser passer une occasion aussi bonne et aussi sure (car je suppose qu'on enverra un Courier à Berlin aussitôt que le Comte Finkenstein sera arrivé à Monsieur de Haugwitz sans vous présenter quelques lignes. Quant aux affaires militaires je ne puis ajouter à ce que je Vous ai écrit hier, que quelques détails qui nous sont connus depuis hier au soir par le Prince Bagration qui est arrivé ici. La nouvelle de la mort du Maréchal Soult est fausse, malgré [je] ce que je Vous ai dit. Elle ne se trouvoit pas seulement dans le rapport officiel arrivé à l'Empereur de Russie; mais de plus Monsieur Jenkinson, venu hier de Brünn, et qui avoit passé toute une journée au Quartier-Général Russe assuroit avoir vu la <grande> croix de la légion d'honneur qui avoit appartenu à Soult. Mais le fait est, que cette croix avoit été arraché au Général Oudinot au-milieu du combat par la bayonnette d'un Grenadier // Russe. D'ailleurs tout ce que je Vous ai mandé sur ce combat, est exact. Les François s'étoient permis toutes les infamies possibles pour diviser et paralyser les forces de leur ennemi. Murat donna s a p a r o l e - d' h o n n e u r au Prince Bagration (il lui parloit en personne) que la paix étoit signée avec l'Autriche, et que dès le lendemain les Autrichiens tourneroient leurs armes contre les [François] Russes. Soult é c r i v i t donc dans le même sens une lettre au General Autrichien Nostitz, pour l'engager à ne pas combattre; et celui-ci malheureusement obtempéra à cette insinuation. Bagration fit semblant de céder aussi et demanda une trève de 18 heures pour instruire le Général Kutusoff. Il [me fit] l'obtint; mais son seul but étoit de faire gagner du tems à celui-ci, et de se dévouer avec son corps de 5000 hommes pour sauver le corps principal. Cette belle résolution fut recompensée par le plus brillant succès. Bonaparte arriva au-milieu de la trève; furieux contre les Russes, furieux contre Murat, il ordonna de rompre la trève et d'attaquer sur-le-champ, et c'est alors qu'il eut le chagrin de voir les Russes se faire jour à travers ses 20 mille hommes. Le Quartier-Général sera ce soir à Ollmütz; et s i les François ont l'intention sérieuse de tenter un coup décisif, la bataille doit avoir lieu demain, au plus tard après-demain. En-attendant Bonaparte a de-nouveau // écrit à l'Empereur une lettre de trois pages, mais qu'on dit être si obscure, si entortillée, et si alambiquée, qu'on ne peut presque pas en saisir le sens. [Il] <L'Empereur> a [xxx] dit à l'Empereur de Russie (en prèsence d'un témoin très-respectable dont je tiens la chose) qui lui demanda ce qui comptoit faire "Il n'y a pas de rèponse à des extravagances pareilles." Bonaparte lui assuroit entr'autres que s'il étoit restè à Brünn, lui (Bonaparte) ne se seroit pas approché de la ville p o u r n e p a s l u i f a i r e d e l a p e i n e !! Ce ne sont pas les dispositions personnelles de l'Empereur que je crains; elles ont toujours été bonnes, et la prèsence de l'Empereur de Russie nous les garantit au surplus de la manière la plus rassurante. Mais je frémis quand je pense que dans ce terrible moment les affaires de l'Autriche continuent à se trouver entre les mains ineptes et lâches qui les ont maniées jusqu'à prèsent. Je ne crois pas, qu'ils y réussissent, mais je le dis avec la plus entière conviction; si ces misérables Ministres trouvent un moyen quelconque pour détruire le grand projet commun, et pour se retirer par quelque mauvaise paix particulière, ils le saisiront. Au-reste il ne suffit pas, que l'Autriche [de] conserve les apparences d'un Allié fidèle; si elle ne se releve pas pour a g i r, tout est perdu, malgré les combinaisons les plus sublimes auxquelles les autres // cours puissent se porter. Mais voyez donc la conduite de ces gens ! Croyez-Vous que depuis la perte de Vienne ils aient pris u n e s e u l e m e s u r e pour contribuer au succes, pour faciliter et seconder les opérations de leurs Alliés. Ils ne savent pas même (je Vous le jure devant Dieu) où e s t l'archiduc Charles. Des bruits arrivés hier au prétendu Conseil-de-guerre le disent à Warasdin; il sera á T e m e s v a r si cela lui plait; il ne reçoit pas d'ordre, il fait ce qu'il veut, et il veut presque toujours ce qui est foible et inefficace. Les débris de l'armée d'Allemagne se conduisent d'après le bon plaisir des officiers qui les commandent; l'un a jugé à-propos de rester réuni a l'Armée de Kutusoff, avec 6000 hommes (Kienmayer); un autre (je suis au désespoir de devoir dire que c'est Meerveld) à préféré de se séparer avec les siens; il a èté battu et detruit près de Klein-Maria Zell dans les montagnes du Wiener-Wald. Un troisième renvoit en Gallicie les reserves qui devoient se joindre à l'armée Russe. Par un bonheur aveugle le Prince Jean Lichtenstein s'est encore déterminé a prendre le commandement du corps Autrichien qui a joint l'armée de Kutusoff dans sa glorieuse retraite. Les Ministres sont frappés de nullité; ils ne pensent a rien, ils n'ordonnent rien, ils ne font rien. [Leur] Le moyen le plus honorable encore pour expliquer leur conduite c'est de croire qu'ils sont résolus à attendre le résultat des opérations politiques et militaires des // Alliés, sans entreprendre eux-mêmes la moindre chose. Des personnes très-fort capables de savoir ce qui se passe, les jugent m o i n s favorablement; et je ne balance pas un instant de Vous certifier - et je sais ce que je dis - que si l'attachement de l'Empereur de Russie à la Cour de Prusse ètoit moins prononcé et moins inebranlable qu'il est, le seul objet de tous leurs efforts seroit d'entrainer ce Souverain dans une nègociation immédiate avec les François en mettant la Prusse de côté. Je ne veux pas encore Vous dire t o u t-ce que je sais sur cet objet; mais comment, en voyant ce qui se passe autour de moi, temoin continuel de cet abime de petitesse, d'incapacité, d'imbécillité, de cet abandon scandaleux de tous les intérèts d'un grand état, de cette épouvantable absence des premiers élémens de ce qui constitue un gouvernement, comment en rapprochement sans cesse les terribles catastrophes qui se passent sous mes yeux avec les hommes qui en sont les seuls et les coupables auteurs - comment pourrois-je ne pas me reporter quelquefois dans le passé, et me rappeller tous ces chants de Cassandre par lesquels je n'ai cessé d'avertir les Cabinets et les Ministres qui m'ont fait l'honneur de m'écouter, que sans un changement p r é a l a b l e dans le Ministère Autrichien c'étoit le comble de la folie de penser à la délivrance de l'Europe ! // Dans trois ou quatre jours de grandes questions seront décidées. Le sort de l'Armée Russe - le sort de la nègociation de Monsieur de Haugwitz - enfin presque tous les grands intérèts de l'Europe. J'apprends dans ce moment même que le Comte Stadion part pour le Quartier-Général de Bonaparte. Les Ministres assurent et protestent que c'est pour ouvrir une négociation exactement conforme au sens du traité avec la Prusse. Nous verrons. Il est difficile d'expliquer comment le Comte Stadion [xxx], s'il ne doit pas être lui-même nègociateur en Chef passera trois ou quatre jours au Quartier-General François pour attendre [qui] Monsieur de Haugwitz qui ne partira pas de Czaslau avant qu'il ait vu le Comte Finkenstein qui doit se rendre auprès de lui seulement ce soir ! - Le choix de Stadion est la seule circonstance qui me rassure dans cette demarche. - L'Empereur de Russie est parti, pour l'Armée, il y a une heure. Je crois que je ne Vous ai pas parlé d'une scène remarquable, qui a eu lieu le lendemain de son arrivée à Ollmütz. Il avoit reçu la nouvelle que Wintzingerode, envoyé pour parlementer, avoit été gardé prisonnier par les François (Il vient au reste d'être relâché). Cette nouvelle affligeoit beaucoup l'Empereur; et celui d'Allemagne, le voyant triste et rêveur, lui dit tout-à-coup: "Eh bien ! je vois que je Vous // rends trop malheureux; cessez de Vous associer à mon sort funeste; sortez de cette crise le mieux que Vous pourrez, et abandonnez moi, je Vous en conjure, à mes propres embarras." Sur cela l'Empereur de Russie, l'embrassant et fondant en larmes, lui repond: "Vous me connoissez mal pour me faire une proposition pareille. Votre malheur est un motif de plus pour ne pas Vous abandonner; je suis résolu à faire les derniers efforts, et je <ne> m'en irai pas d'ici sans Vous avoir obtenu une satisfaction complète." Vous pouvez compter sur l'authenticité et exactitude parfaite de cette anecdote mémorable. Elle a eu des témoins, et la chose s'est passée comme je viens de dire. Je Vous prie, Monsieur, si cela ne Vous disconvient pas, de faire communication de ma lettre à MyLord Harrowby. J'ai eu autrefois l'honneur de me trouver en correspondance avec Lui; et je serois charmé de me rappeller à Son Souvernir. Agréez le très-sincère hommage du dévouement invariable de Votre très-obéissant et tres fidele serviteur G. H: Public Record Office (PRO), Kew (England). Jackson-Papers, FO 353/81, Bl. 99-105. x Bl., F: ; 7 eighd. beschr. Seiten. D: Weil, D'Ulm à Jéna, 113-121.