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Gentz ; Ivernois, François d'
An François d'Ivernois, Berlin, 4. September 1799, Bibliothèque publique et universitaire, Genf. Département des manuscrits, Ms. suppl. 976, Bl. 161-164 1799

Gentz digital

Transkriptionsentwurf Günter Herterich

id2947
Briefaussteller
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Gentz
Briefempfänger
Ivernois, François d'
AusstellungsortBerlin
Datum4. September 1799
Handschriftl. ÜberlieferungBibliothèque publique et universitaire, Genf. Département des manuscrits, Ms. suppl. 976, Bl. 161-164
Format/Umfang4 Bl., F: 231mm x 189mm; 6 ¾ eighd. beschr. Seiten
DruckorteKarmin, Lettres inédites, Nr. IV, 21-25. Sonderpublikation
IncipitVoici de nouveau quelques cahiers
BrieftypBriefe von Gentz
Digitalisat: TextAn François d'Ivernois Berlin, 4. September 1799 Monsieur ! Voici de nouveau quelques cahiers de mon Journal, que je prens la liberté d'adresser à votre bienveillance, et que je vous prie de communiquer à Monsieur Balan avec la lettre ci-jointe, que vous aurez bien la bonté de lui remettre. Vous trouverez dans le derniers de ces cahiers la moitié d'un morceau sur la richesse nationale de la Grande Bretagne et sur les rapports entre l'etendue de cette richesse, et l'etendue des impots de ce pays. La fin de ce morceau qui traitera particulierement de la dette nationale paroitra dans le cahier prochain. Je sens trés-bien que c'étoit une entreprise hardie, que celle d'embrasser un sujet de cette grandeur, et je puis dire que je me présente avec beaucoup de crainte au tribunal de ceux, que leurs connoissances rendent dignes d'etre juges en dernier ressort de tout ce qui tient à ce vaste et important sujet: permettez moi de vous dire que rien ne m'a tant rassuré que l'idée de vous voir placé au premier rang de ces juges, et l'espérance que la bonne opinion dont vous m'honorez vous engageroit à prononcer avec une bienveillante indulgence. J'ai cru que le moment actuel étoit singuliérement // favorable à une discussion approfondie de cette matière. D'abord le b e s o i n d'eclairer le public sur le veritable état des Finances de l'Angleterre n'a [xxx] peut-etre jamais été plus grand, plus pressant qu'aujourd'hui: car vous ne sauriez croire, jusqu'à quel point l'ignorance et la mauvaise foi ont brouillé, sur-tout en Allemagne, toutes les idées sur la situation financiére des Anglois, et quelle influence ont [xxx] dans ce pays les declamations de quelques écrivains de l'opposition, et principalement celles de quelques rhéteurs françois et de quelques misérables pamphlétistes parmi nos compatriotes. Je sais d'avance que toute cette horde révolutionaire ne manquera pas de traiter les resultats que j'ai presentés, de fables aristocratiques, soldées par Monsieur P i t t - car croiriez-vous, Monsieur, qu'on débite par-tout que je suis à la solde de ce ministre qui très-probablement n'a jamais entendu prononcer mon nom ? - mais, comme dans une dissertation de la nature de celle-si, il est impossible de combattre des c a l c u l s, sans leur opposer d'autres calculs, je suis assez tranquille sur toutes les attaques qu'on me livrera.Si d'un côté le bésoin de fournir quelques données raisonnables et solides aux hommes instruits et pensans, n'a jamais été plus grand, de l'autre coté, la facilité de les fournir, n'a jamais été plus favorable. Depuis // les recherches et les debats, <aux>quels la taxe sur les revenus a [naissancé] donné naissance, depuis les discours de Monsieur Pitt, de Lord Auckland etc. même de Monsieur Tierney, puisqu'il a été forcé de rendre un hommage involontaire à l'état florissant et l'administration glorieuse de son pays, depuis les ecrits de Monsieur Rose, de Monsieur Beeke etc. une nouvelle lumiére a été jettée sur presque toutes les matiéres, qui composent le bilan general de la seule nation véritablement grande qui existe dans ce moment. Je vous dois surtout les plus sincéres remercimens de ce que vous avez bien voulu me faire parvenir l'ouvrage de Monsieur Beeke. Si cet homme de merite comprenoit la langue dans laquelle j'ecris il verroit avec plaisir, quel profit j'ai tiré de ses calculs instructifs: [ent] en tout cas, je vous prie, Monsieur, de lui faire part de mes sentimens à son egard, et de ma reconnoissance. Après tout, je puis dire sans me rendre coupable d'aucune flatterie, que c'est vous qui m'avez, non seulement encouragé, mais aidé plus qu'aucun autre dans cette carriére. Rien de ce que vous avez dit sur les Finances de l'angleterre dans les ouvrages précieux que vous avez publiés sur celles de la France, n'a été perdu pour moi; les p r i n c i p e s que j'ai suivis, sont les votres; aussi c'est votre suffrage plus que tous les autres que j'ambitionne, et qui me raffermiroit dans mes résultats. // J'ai étudié avec l'attention la plus suivie l'imprimé que vous avez eu la bonté toute particuliére de me faire parvenir au mois de Mai. Vous verrez dans ce que je dirai sur la dette nationale, qu'il y a u n point principal, par rapport au lequel je ne suis pas de votre avis. Je ne crois pas, que les effets qui representent cette dette, doublent le capital au-quel ils se rapportent. Les bornes d'une lettre ne me permettent pas, de vous exposer les raisons qui me portent à différer avec vous sur ce point-là: je les exposerai dans la suite du mémoire dont je vous présente <le commencement> dans les cahiers ci-joints et peut-être vous trouverez les dignes de votre attention. En revanche, je suis convaincu au plus haut-degrès que de toutes les maniéres imaginables de subvenir aux dépenses extraordinaires d'une grande nation, celle des dettes nationales, o r g a n i s é e s c o m m e e l l e s l e s o n t e n A n g l e t e r r e, est sans contredit la meilleure; et dans cette conviction la lecture de votre ouvrage m'a non seulement confirmé plus que jamais; mais elle m'a en même tems fourni des idees, des apperçus, et des points-de-vue que je n'aurois jamais rencontré sans vous. C'est une obligation éternelle que vous m'avez imposée. // Le morceau sur les Finances de la France qui termine mon cahier de Septembre est fait, comme vous pouviez bien le supposer, dans les principes qui nous sont communs. J'espére que vous en serez content. J'ai dit à la fin de ce morceau "que, s i la republique devoit être sauvée, elle ne le seroit ni par ses ressources ordinaires, ni par ses ressources extraordinaires" J'ai ajouté que malgré cela "il y avoit des moyens de la sauver sur lesquels je garderois le silence" Je n' o s o i s pas en dire d'avantage, mais vous ne vous méprendrez pas, sur ce que j'en p e n s é. Les moyens dont je ne parle pas, et que j'ai voulu indigner par ce peu de mots, sont tous renfermés dans un seul: c'est la mauvaise conduite des puissances appelées par la providence à rappeler l'ordre dans les relations sociales. C'est l'inactivite, c'est la neutralité coupable de quelques unes de ces puissances: c'est la division, c'est l'interet personel, et la politique astucieuse de quelques autres. Nous savons déja, ce que l'inertie des prémieres a couté á l'Europe: et quand on voit l'expedition contre la Hollande, tentée, peut-être consommée sans l'intervention de la Prusse, on meurt de honte de porter le nom de Prussien. - - Quant à la coalition, je tremble, quand je pense au moment ou ils mettront le pied sur le territoire francois. Il n'y a absolument que l'angleterre, // qui m'inspire une confiance absolue: pour l'Empereur de Russie, je ne doute point de sa bonne foi; mais je crains son caractere indomptable, et surtout sujet à toutes les impressions du moment: mais le Cabinet de Vienne - quoique <chez nous> je me garderois bien de faire cet aveu, peu compatible avec mon desir ardent de le voir uni avec notre cour de coeur et d'ame - je vous le dis dans l'amertume secrete de mon sentiment interieur, je le crains dans ses victoires comme je l'ai craint dans ses revers. Je crains, que la contre-revolution ne soit encore trop loin de nous ! J'ai reçu la lettre que m'a apportée Monsieur Pozzo di Borgo, mais je n'ai pas eu l'avantage de le voir. Il n'a passé que trois jours à Berlin, et j'étois à la campagne. Je lui écrivois sur le champ, pour l'engager à venir chez moi, et il eut la bonte de me le promettre. Je l'attendis avec impatience; mais le lendemain du jour ou j'esperois le recevoir il me manda que son départ précipité l'en avoit empeché. Malgré mon desir de le voir, je ne saurois lui faire un reproche, [xxx] son sejour de Berlin étant en vérité trop court, et le tems trop abominable, pour l'avoir engagé à une visite à la campagne. Il m'a d'ailleurs présenté la perspective d'une correspondance de Vienne, // que certainement je saisirai avec empressement. Il m'a apporté la traduction angloise de votre dernier ouvrage que j'ai lu de nouveau avec la même avidité, que l'original, et dont je vous suis infiniment obligé. Monsieur Büsch Professeur à Hambourg, m'a adressé ces jours-ci une lettre pour me demander si je m'occupois d'une traduction allemande de cet ouvrage, en ajoutant, que, si je n'avois pas cette idée, quelqu'un de sa connoissance s'en occuperoit. Je lui ai repondu, que la redaction de mon Journal ne me permettoit pas de me livrer à un travail qui seroit pour moi le plus agréable que je puisse imaginer, et que je souhaitois seulement de voir tomber cet ouvrage entre des mains capables d'en faire sentir au public d'Allemagne le prix et les mérites. Agrééz avec bonté l'assurance renouvellée de l'attachement sincere, et du devouement respectueux avec lequel je m'honorerai toujours d'être Votre très-humble et très-obeissant serviteur Berlin ce 4 Septbr 99. Gentz. Auf Bl. 164v von fremder Hand (möglicherweise von d'Ivernois) Mr Gentz, Berlin 4 Sept. 99 H: Bibliothèque publique et universitaire, Genf. Département des manuscrits, Ms. suppl. 976, Bl. 161-164. 4 Bl., F: 231mm x 189mm; 6 ¾ eighd. beschr. Seiten. D: Karmin, Otto: Lettres inédites de Frédéric Gentz, Nr. IV, 21-25. Sonderpublikation.