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Gentz ; Jackson, Francis James
An Francis James Jackson, Wien, 23./24. Oktober 1805, Public Record Office (PRO), Kew (England). Jackson-Papers, FO 353/81, Bl. 56-63 1805

Gentz digital

Transkriptionsentwurf Günter Herterich

id2467
Briefaussteller
Mashup mit Wikipedia  
Gentz
Briefempfänger
Jackson, Francis James
AusstellungsortWien
Datum23./24. Oktober 1805
Handschriftl. ÜberlieferungPublic Record Office (PRO), Kew (England). Jackson-Papers, FO 353/81, Bl. 56-63
Format/Umfang4 eighd. beschr. Seiten
DruckorteWeil, D'Ulm à Jéna, 71-78
IncipitEn m'écrivant Votre lettre du 15
BrieftypBriefe von Gentz
Digitalisat: TextAn Francis James Jackson Wien, 23./24. Oktober 1805 Vienne Ce 23 Octobre. 1805. Monsieur ! En m'écrivant Votre lettre du 15 et 16, Vous ne pouviez pas prevoir, quel jour, quel moment elle tomberoit entre mes mains. Helas ! c'etoit précisément celui, où nous avions reçu la premiere nouvelle de nos épouvantables revers. En lisant les premières pages de Votre lettre, mon coeur s'est épanoui; c'etoit un rayon de lumières dans les vastes ténèbres qui nous entouroient. Mais Votre post-scriptum m'a terrassé de-nouveau. Il est vrai qu'en le lisant et le relisant avec attention, je pouvois me l'expliquer d'une manière moins cruelle; je pouvois croire, que le changement dont Vous parliez ètoit moins un changement dans le principe [xxx] dans les modifications, et que peut-être il porteroit tout-à-fait sur la manière de rèdiger la dèclaration dont vous m'aviez parlé. Mais lorsque le lendemain j'ai vu l'air embarassé dont le Comte Cobentzl <a> parlé de s e s dernières nouvelles de Berlin, et lorsque ce même jour le Comte Finkenstein m'a confié // que dans une dépêche d u 14 qu'il venoit de recevoir de Berlin, ou ne lui disoit pas un mot de rien qui peut se rapporter aux <nouvelles> résolutions de la Prusse, mon courage m'a un peu abandonné. Cependant, il seroit impardonnable de s'arrêter aux premiers obstacles; il faut donc espérer que tout s'applanira; et quand je pense aux bonnes intentions bien-prononcées de Monsieur de Hardenberg, à celles dont Monsieur de Haugwitz a p a r u être pénétré, à celles que le Roi lui-même a annoncées, à tout ce que Votre activité réunie á celle de Messieurs de Metternich et Alopeus ne peuvent pas manquer de produire, je me reconcilie à l'avenir. Mais le p r é s e n t, Monsieur, le présent tel que nous le voyons ici, est bien mauvais. L'armée de Monsieur de Mack, il faut bien le dire, cette armée dispersée maintenant, et en partie détruite, étoit la fleur de toutes nos espérances; c'est sur elle que tous les yeux étoient dirigés; c'est elle surtout et la confiance qu'inspiroit le Génèral qui avoit produit en moins de deux mois ce changement prodigieux dans l'opinion publique de ce pays, dont // il a fallu être témoin pour s'en faire une idée juste. Le charme est rompu, et quelques soient les évènemens par lesquels nous remettrons nos affaires, le premier acte, le plus intéressant de la pièce est irréparablement fini. J'ai consigné dans la lettre ci-jointe adressée á Monsieur Hammond tout ce qu'il y a à dire sur l'état actuel de nos affaires militaires et politiques. En vous communiquant cette lettre, et en Vous priant de la cacheter après l'avoir lue, je ne dispense de vous écrire ce qui peut et doit Vous intéresser [xxx] dans la crise, où nous nous trouvons. Je Vous prie seulement de Vous rappeller que dans la première partie ce cette lettre il peut y avoir quelques inexactitudes tenant au défaut de nouvelles précises, dans lequel nous languissons encore. Mais je Vous garantis que l'ensemble de mon tableau est correct. Je serois bien curieux de savoir, quelle est Votre opinion sur ce que j'ai dit des rapports entre les cours de Vienne et de Berlin, et je n'ai pas besoin d'ajouter que je me féliciterois infiniment si je l'avois rencontrée. // Malheur à celui qui se livreroit à-présent à un désespoir stérile ! Il faut agir, il faut travailler sans cesse, il faut se reveler, il faut se rèformer. Si chacun á sa place en pensoit comme moi, nous nous mettrions bientôt en état d'oublier nos premières défaites. Comme les occasions sont fréquentes maintenant, je Vous supplie, Monsieur, de m'ècrire le plus souvent possible; j'en ferai de même de mon coté; je ne sais pas, et je n'ose pas même <me> flatter, que Vous en jugiez comme moi; mais de mon côté je puis Vous dire, que la correspondance que Vous m'avez <fait> l'honneur d'entretenir avec moi, m'a déjà [été] fourni la source d'une infinité d'instruction fort utiles, et l'occasion de faire (sans jamais Vous compromettre le moins du monde) une infinité de bien pour la chose publique. Je suis enchanté que Vous ayiez bien voulu vous rapprocher de Müller. Vous ne le regretterez pas. Agréez, Monsieur, l'assurance du dévouement sans bornes avec lequel je suis Votre très-obéissant et très-fidèle serviteur Gentz // Ce 24 octobre Quelques heures après avoir écrit ma lettre d'hier j'ai reçu la Vôtre du 18, Monsieur, et d'abord j'ai été ravi de n'avoir porté mes inquiétudes que sur le v r a i objet de Votre Postscriptum du 16. Je ne puis assez Vous remercier de l'extrême bonté dont j'ai trouvé la preuve dans la peine que Vous Vous êtes donnée de m'écrire cette dernière lettre, dans un jour oú Vous deviez être excessivement occupé. J'ai vu la déclaration; sans Votre commentaire elle m'auroit un peu atterré, je l'avoue; avec vos explications, et muni d'avance contre l'effet facheux quelque auroit pu produire, je l'ai envisagée avec beaucoup plus de calme et de sérénité. [xxx] Elle a fait ici une impression douloureuse; mais beaucoup moins par son propre caractère et par sa propre teneur, que par l'extrême difficulté et la physiognomie alarmante du moment actuel. Si notre armée principale n'avoit pas été d é t r u i t e (car elle l'est à ne plus en douter) la déclaration telle qu'elle est auroit été reçue avec joie. Mais dans cet instant on [veut] tremble de toute idée de délai dans ce qui nous paroit essentiel pour notre salut. Je déplore // plus que je ne saurois Vous exprimer les dispositions que je vois éclore ici depuis avant-hier. Je suis un des partisans les plus ardens de l'alliance entre la Prusse et l'Autriche, qui <puissent> exister en Europe; mais la conduite que l'on tient ici pour i m p l o r e r les secours de la Prusse [xxx], après avoir si longtems rejetté toute idée de rapprochement à termes égaux, cette conduite me soulève le coeur. La dépêche que l'on fait écrire ce soir au Chargé d'Affaires de Prusse (dont j'approuve, dont je loue, dont je respecte les procédés, et l'empressement avec lequel il fait tout ce qu'on lui demande, peut-être en s'exposant lui-même) la dépêche qu'on vient de lui faire écrire, [xxx] et qui part dans ce moment même par un courier, est un morceau, qui paroitra [une] fabuleux lorsqu'on le trouvera un jour dans les archives. On en prépare un autre plus marquant; l'Empereur écrira lui-même au Roi de Prusse pour le s u p p l i e r de le sauver au bord de l'abime; cette lettre partira demain. Tout cela prouve d'abord, que nous sommes ("nach wie vor", puisque je vois que Vous savez si bien l'allemand) gouvernés par des têtes bien-foibles. Ensuite // tout cela est indigne d'une grande monarchie. En relisant ce que j'ai écrit à ce sujet à Monsieur Hammond, je crains que de prime abord Vous n'en soyiez un peu choqué. Mais Votre excellent esprit m'est garant de Votre approbation finale. Le moment actuel est-il donc tout ? Et un homme d'état doit-il supporter l'idée d'user et d'émousser un des plus magnifiques instrumens de ses entreprises, pour couper quelques broussailles devant son nez ? Je persiste dans ce que j'ai dit. Faites entrer les Prussiens en Bohême. Ils sauveront les débris de l'armée de Mack, ils sauveront Vienne, si Vous voulez (que je ne crois pourtant pas menacé, excepté par la pusillanimité de nos propres conseils) mais six mois après - demandez où sera la coalition ! - Ces cris "a u s e c o u r s" [sont] ont d'autant plus mauvaise grace, sont d'autant plus absurdes, et je dirois presque stupides, que lorsqu'on a fait le plan de campagne, et résolu une guerre o f f e n s i v e contre la France - car c'est donc n o u s qui l'avons voulue, cette guerre, la plus juste, certainement, et la plus sainte que [xxx] l'on puisse imaginer - que lorsque nous l'avons projettée, dis-je, nous ne pouvions pas plus compter sur la Prusse que sur la Perse. Au-contraire nous avions m e r i t é de ne pas l'avoir avec nous, puisque nous // avons pu donner dans les sottises de Monsieur de Wintzingerode. Comment donc se fait-il, qu'au premier revers qui nous arrive, nous ne trouvions pas d'autre parti à prendre que celui de s u p p l i e r la Prusse de nous tirer de notre malheur, "de s a u v e r l a M o n a r c h i e A u t r i c h i e n n e q u i n' e s t p l u s q u' à d e u x d o i g t s d e s a p e r t e" - voilà ce qui s'écrit ! Nous ne savions donc pas, le cabinet de Petersbourg et nous, que nous pouvions être battus ? Nous n'avions donc jamais calculé dans cette supposition ? - Quels hommes-d'état, grand Dieu ! et quels tems que les nôtres ! Au-reste il est vrai, que notre situation est diabolique. Pas la moindre nouvelle <directe> de l'armée de Mack ! Preuve certaine que la déroute est au-comble. Je crois que Vous en entendrez plutôt parler que nous; car l'opinion la plus raisonnable est, qu'il a pris le chemin des Marggraviats. - Votre lettre d'hier m'a valu de l'or; car si le point-de-vue sous lequel Vous m'avez prèsenté la dèclaration ne m'avoit pas mis en-état de rassurer un peu ces ames tremblantes, [xxx] j'aurois enterré aujourd'hui une douzaine de mes plus illustres protecteurs, et de mes plus aimables protectrices. - Je finis en Vous renouvellant l'hommage de ma haute et respectueuse cinsidération Gentz Je Vous supplie de me donner aussitot que possible quelques renseignemens sur le séjour de l'Empereur de Russie à Berlin. H: Public Record Office (PRO), Kew (England). Jackson-Papers, FO 353/81, Bl. 56-63. x Bl., F: ; 4 eighd. beschr. Seiten. D: Weil, D'Ulm à Jéna, 71-78.