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Gentz ; Stadion, Johann Philipp Graf von
An Johann Philipp Graf von Stadion, Dresden, 5. September 1806, HHStA, Wien. Staatskanzlei, Interiora 95, Faszikel [?] 1806

Gentz digital

Transkriptionsentwurf Günter Herterich

id23
Issuer of letter
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Gentz
Addressee of letter
Stadion, Johann Philipp Graf von
LocationDresden
Date5. September 1806
Handwritten recordHHStA, Wien. Staatskanzlei, Interiora 95, Faszikel [?]
Size/Extent of item13 eighd. beschr. Seiten
IncipitLe tems est trop précieux
Type of letterBriefe von Gentz
Digital item: TextAn Johann Philipp Graf von Stadion Dresden, 5. September 1806 Dresde Ce 5 Septembre. Monsieur ! Le tems est trop précieux aujourd'hui pour que j'en consume la moindre partie à Vous présen-ter des excuses sur le silence que j'ai gardé jusqu'à présent. Je m'expliquerai la-dessus une au-tre-fois; mais je ne veux plus perdre un instant pour Vous communiquer sur l'état actuel des choses dans le Nord de l'Allemagne des données, [que] telles que je ne crois pas que Vous puissiez <les> recevoir d'aucune autre source, des données dont je Vous garantis l'authenticité et l'exactitude parfaite, autant qu'il est humainement possible de donner une garantie pareille. Lorsqu'on a appris au Roi de Prusse la conclusion du traité de confédération du Rhin, il a fait déclarer au Gouvernement Français, qu'Il ne s'opposeroit point à cette confédération, sup-posé // 1, que les Princes dont le nom y paroissoit, en fussent r é e l l e m e n t content (ce qui se rapportoit à des insinuations secretes, faites par [plusieurs] <les> Ministres de <plusieurs de> ces Princes à Berlin); 2, qu'il Lui fut permis de former de son côté une confédération des Etats du Nord de l'Allemagne, librement, et sans qu'aucune autre puissance ne s'en mélât - L a - f o r d a fait croire pendant quelques momens, que cette derniere condition ne trouveroit au-cun obstacle; c'est alors que le Roi de Prusse a envoyé le Major de Goetzen à Dresde (arrivé pour la première fois le 26 Juillet) pour faire proposer à l'Electeur de Saxe le projet de confé-dération, tel qu'on l'avoit arrêté à Berlin. On s'étoit bientot apperçu que Bonaparte, loin de favoriser ce projet de bonne-foi, ne pen-soit qu'à en faire un instrument pour subjuguer par quelque titre de protecteur, ou autres les Princes // du Nord de l'Allemagne, comme il venoit de subjuguer les autres. Il en seroit [xxx] résulté une longue négociation, où le Gouvernement Français n'auroit cessé d'intriguer avec les Princes du second rang, pour leur inspirer des soupçons contre la Prusse, et déjouer les démar-ches de celle-ci; conduite qu'elle avoit déjà commencé à tenir dans plusieurs endroits. Mais un incident d'une nature plus alarmante s'est interposé. Peu de jours après la signature du soi-disant traité de Monsieur Oubril, le Marquis de Luc-chesini a fait la découverte, que Bonaparte, nourrissant lui-même de grands doutes sur la ratifi-cation de ce traité, avoit formé le projet de tomber en cas-de-refus avec toutes ses forces réu-nies sur la Prusse, pour l'obliger de faire cause commune avec lui contre la Russie et de péné-trer incessamment dans les provinces Polonoises de cette puissance. Mais au-cas que la rati-//fication eut eu lieu, un autre plan devoit se développer à-l'instant: Les Electeurs de H e s s e et de S a x e devoient être immédiatement forcés à accéder à la confédération du Rhin; et alors, la Prusse étant complètement isolée, on lui auroit expliqué, que le pays d'Hanovre [n'ét] étoit le triple ou le quadruple des cessions qu'elle avoit faites, et on lui auroit demandé la plus grande partie de ses provinces Westphaliennes, pour les partgager, entre l'Electeur de Hesse, Murat, et la Hollande, et en-outre encore le Bareuth pour le Roi de Bavière, sauf à lui assigner quelqu'indemnité chétive pour cette dernière cession. La nouvelle de ces projets arriva à Berlin le 7 d'Aout; les avis de Lucchesini étoient telle-ment appuyés de preuves, tellement confirmés par une quantité de symptômes accessoires, et accompagnés de circonstances si alarmantes, que dès le 9 d'Aout l'ordre fut donné de mettre // toute l'armée Prussienne sur le pied-de-guerre. Une révolution étonnante s'opéra [dans] en peu de jours dans tout le système politique de la cour de Berlin. Déjà dans quelques occasions pré-cédentes (et dès les derniers jours du mois de Juin) le Roi avoit très-positivement déclaré à ses Ministres, qu'il ne se prêteroit plus à aucune proposition de cession ou d'échange quelconque. Après les avis de Lucchesini, il crut voir l'abime de sa position, et conçut l'idée d'essayer un changement total en déployant toutes ses forces. Bonaparte fut instruit des rapports que Lucchesini avoit envoyés à Berlin; furieux de voir son secret eventé avant qu'il fut mur, il se livra à un de ses accès-de-rage, qui ont signalé toutes les résolutions marquantes de son règne. Lucchesini se vit obligé à demander subitement son rappel; il le fit en faisant entendre, que sa liberté personnelle se trouvoit dans un très-grand danger; cependant (comme s'il avoit voulu expier // dans cette seule occasion, tout le mal qu'il avoit prodigué à son pays et à l'Europe) il donna de nouveaux avis sur les renforts que le Gou-vernement ne cessoit d'envoyer en secret à ses armées en Allemagne. Les préparatifs de la Prusse en dévinrent chaque jour plus rapides. Le Duc de Weimar, ar-rivant ici de Teplitz le 16 Aout me fit confidence d'une information qu'il avoit reçue, et d'après la guerre étoit irrévocablement décidée à Berlin. Malgré l'authenticité de la source de cette nouvelle, mon incrédulité étoit trop grande, pour me permettre d'y ajouter foi. [xxx] Huit jours se passèrent encore dans les incertitudes. Enfin, le Major de Goetzen arriva pour la seconde fois le 26 d'Aout; et on apprit par lui le rappel de Lucchesini, l'envoi du Général Knobelsdorff à Paris, l'immensité des préparatifs de la Prusse, et quantité de données sur les nouvelles disposi-tions de son cabinet. Malgré cela on se livroit encore aux doutes. Le choix de // Knobelsdorff, que les Français avoient toujours regardé comme un de leurs plus zélés partisans, parut un symptome absolument pacifique; Haugwitz, Lombard, et tous ceux qui avoient depuis si long-tems dirigé la politique Prussienne d'après leurs principes funestes, étoient toujours en-place; le Cabinet de Dresde lui-même étoit si-fort en-proie aux craintes et à la méfiance, que son hésita-tion achevoit l'incertitude des personnes les plus instruites; on voyoit bien la réalité des me-sures de la Prusse; mais il étoit trop difficile de ne pas leur supposer quelque but secret, dont le développement détruiroit toutes les conjectures. Enfin, le voile tomba; et on apprit avec la plus entière certitude, que la révolution dans le système politique de la Cour de Berlin étoit complète; que le Roi, ne se contentant plus de ré-sister à de [xxx] nouveaux bouleversemens, et de maintenir le Status quo, demandoit formelle-ment au Gouvernement Français "l e r e t o u r d e // t o u t e s s e s t r o u p e s a u - d e l à d u R h i n" qu'il lui faisoit déclarer, que c'etoit à cette seule condition qu'il poseroit les armes; qu'un courier qui avoit précédé Monsieur de Knobelsdorff de quelques jours, avoit déjà porté à Paris cette importante déclaration; et que Monsieur de Knobelsdorff n'avoit d'autre instruction que celle de l'appuyer de la manière la plus énergique. Dans ces entrefaites on sut, que l'Empereur de Russie avoit refusé sa sanction au traité de Monsieur Oubril; et quoique l'induction qu'on en tira dans les circonstances actuelles, d'un con-cert existant déjà entre la Prusse et la Russie, fut probablement prématurée, il n'en paroit pas moins, que cette nouvelle connue à Berlin dès le 22 Aout contribua essentiellement à fortifier le Roi dans les dispositions vigoureuses, qui avoient succédé à ses anciennes fluctuations. La célérité avec laquelle les Armées Prussiennes se sont formées dans [xxx] l'espace de // trois semaines est sans exemple dans l'histoire même de l'administration militaire de la Prusse. Elle acheva de porter la confiance dans tous les esprits; et l'Electeur de Saxe, tranquillisé en-outre par la proposition du Roi de Prusse, de ne faire former l'Armée Saxonne que sous l'égide des armées Prussiennes, et lorsque celles-ci seroient déjà assez avancées pour couvrir la Saxe d'une invasion soudaine, promit le 27 à Monsieur de Goetzen de livrer la totalité de ses forces entre les mains de son Souverain. Le Prince de Hohenlohe, chargé du commandement de la seconde armée Prussienne arriva à Dresde le 1 Septembre. Il est parti ce matin pour Berlin; mais il reviendra incessamment, pour se mettre à la tête de l'armée. Les troupes Prussiennes sont entrées c e - m a t i n en Lu-sace, du côté de Bruntzlau; une partie de ces troupes passera l'Elbe à Dresde, une // autre par-tie à M ü h l b e r g, où on construit un pont-volant, pour la confection duquel les pontons et les pontonniers sont partis cette nuit. Voici un tableau des forces qu'on mettra en mouvement contre les Français, et sur l'exac-titude duquel Vous pouvez compter. La totalité des troupes Prussiennes est de 165,000 hommes e f f e c t i f s; la S a x e en donnera 28,000; et l'Electeur de H e s s e, ayant réuni à ses troupes-de-ligne tous les régimens de milice, qu'il avoit formés depuis quelque tems, 42,000; cette dernière donnée paroit exorbitante; mais c'est celle, qui fait une des bases des projets militaires de la Prusse. De ces forces, 35,000 Prussiens réunis aux 28,000 Saxons, et faisant en-tout 63,000 hommes formeront l'armée de Saxe, qui prendra // ses premières positions sur l'Elbe, pour s'op-poser aux projets que les Français pourroient exécuter de ce côté-ci. Cette armée est l'aile gauche de [toute] forces réunies. L'aile droite, composée de 40 à 50,000 Prussiens, s'avance par le pays d'Hanovre vers l'Ems, et se réunissant aux troupes Hessoises, résistera aux Français du côté du Rhin. Cette ar-mée est commandée par le Général R ü c h e l, (qui a été l'ame de tous ces mouvemens) par le Général B l ü c h e r ppp Le centre, et l'armée de réserve sont formées à M a g d e b o u r g; où le Duc de B r u n s v i c le Maréchal de M ö l l e n d o r f f, et le Roi lui-même auront le commande-ment. D'après l'estimation du Prince de Hohenlohe, qui [est au] en arrivant ici venoit de l'empire et de ses propres possessions, la totalité des forces, que les Français ont dans // ce moment-ci en Allemagne, se monte à 225,000 et au m i n i m u m à 210,000 hommes. Cette estimation paroit exagérée, lorsq'on se rappelle, que jusqu'ici personne n'a fait monter ces forces au-delà de 160,000 hommes. Mais sous le masque de dépots, de marches et de contre marches, et mille autres stratagèmes militaires, les Français se sont renforcés depuis 4 semaines de plus de 40,000 hommes; et en tout-cas l'autorité du Prince Hohenlohe [xxx] dans ce calcul est trop in-contestable, pour ne pas l'admettre sans beaucoup de scrupules. Le courier qui a porté à Paris la nouvelle de refus de l'Empereur de Russie, doit y être ar-rivé le 29; Knobelsdorff le 30 au soir; dans trois ou quatre jours tout sera éclairci. Aucun homme raisonnable ne peut s'imaginer que Bonaparte se rendra tout-à-coup à l'invitation sérieuse de la Prusse. - Les Généraux Français // s'attendent tous au [autre] signal d'ouvrir la campagne. B e r n a d o t t e a dit à quelqu'un qui est arrivé ce matin à Dresde, que, si la paix n'étoit pas rectifiée par l'Empereur, une g u e r r e g é n é r a l e en seroit i m m é d i a t e - m e n t le résultat. Le Roi de Prusse en demandant le retour des troupes Françaises, ne se borne pas à étendre cette demande à celles qui se trouvent au Nord de l'Allemagne, mais à celles même qui sont au Midi; et comme il n'a reconnu que conditionnellement la confédération du Rhin, les personnes les plus affichées n'hésitent pas à dire, que la dissolution entière de cette ligue monstrueuse en-tre directement dans les vues actuelles du Cabinet Prussien. - - - H: HHStA, Wien. Staatskanzlei, Interiora 95, [?] x Bl., F: ; 13 eighd. beschr. Seiten. D: bisher ungedruckt.