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Gentz ; Jackson, Francis James
An Francis James Jackson, Wien, 3. November 1805, Public Record Office (PRO), Kew (England). Jackson-Papers, FO 353/81, Bl. 70-76 1805

Gentz digital

Transkriptionsentwurf Günter Herterich

id2221
Briefaussteller
Mashup mit Wikipedia  
Gentz
Briefempfänger
Jackson, Francis James
AusstellungsortWien
Datum3. November 1805
Handschriftl. ÜberlieferungPublic Record Office (PRO), Kew (England). Jackson-Papers, FO 353/81, Bl. 70-76
Format/Umfang6 ½ eighd. beschr. Seiten
DruckorteWeil, D'Ulm à Jéna, 85-90
IncipitLes malheurs qui viennent de fondre
BrieftypBriefe von Gentz
Digitalisat: TextAn Francis James Jackson Wien, 3. November 1805 Vienne Ce 3 Novembre Les malheurs qui viennent de fondre sur nous, sont d'un genre si unique qu'ils anéantissent l'ame et tuent la réflexion. La crise que ces malheurs ont causée est de plus telle, que personne n'est capable de dire ce qui arrivera dans deux jours. Helas ! il est bien m o i n s difficile de dire ce qui arrivera dans deux ans ! Si nous étions ce que nous devrions être, nul doute, que nous pourrions défendre aux François l'entrée de Vienne. L'Archiduc Charles a 100 mille hommes d'excellentes troupes: il y en a 30 mille dans le Tyrol; si l'Archiduc avoit voulu battre Massena, entrer ensuite dans le Tyrol, et paroitre à Salzbourg avec 130 mille hommes, qui se seroient concertés avec les 60 mille, qui sont sur l'Inn, nous pouvions encore chasser les François de la Bavière. Mais il n'en sera rien; on <ne> veut plus rien commettre au hazard des combats. L'archiduc se repliera selon toutes les apparences sur la Styrie orientale et de là sur la Croatie. L'armée Austro-Russe se repliera sur la Moravie. Et à-moins, que le Roi de Prusse ne fasse quelque mouvement décisif qui engage les François à se désister de leur entreprise, ou que Bonaparte par quelque motif jusqu'ici inconnu // ne s'en abstienne de son propre choix, ils envahiront dans dix jours la capitale de la monarchie Autrichienne. Déjà tout y est dans une situation que Vous ne pouvez guères imaginer: toutes les chancelleries, archives, caisses, collections publiques pp emballées, les restes de l'arsenal transportés à Ollmütz, (où nous irons tous, lorsque notre heure aura sonné) et tout le monde se préparant au départ, excepté ceux qui sont déjà partis. Un cri général appelle les Prussiens. Viendront-ils ? Marchent-ils Arriveront-ils à-tems ? voilà le texte de toutes les conversations. Il est inutile de se livrer à des conjectures sur un évènement qui doit s'éclairer dans deuxfois 24 heures. Cependant mon opinion est faite. Je crois que le Roi de Prusse ne nous abandonnera, ni ne nous assistera tout-à-fait. He'll steer a middle course. Il est presqu'impossible qu'il se détermine à attaquer les François avec toutes ses forces. Il entamera une négociation en notre faveur, et tandisqu'il fera des démonstrations serieuses vers la Bohème et la Franconie. Ceux qui se flattent que, comme un second Sobieski il sauvera Vienne au-moment qu'elle seroit tombée, [xxx] auront mal-calculé. Il me semble que la chose est déjà prouvèe. L'Empereur de Russie est arrivé à Berlin le 25; nous // sommes au 3; si donc l'Empereur de Russie avoit pu engager le Roi de Prusse à une démarche décisive, nous le saurions depuis deux jours. Or, ce que l'Empereur de Russie n'effectuera pas, la lettre de l'Empereur d'Allemagne et l'arrivèe de l'Archiduc Antoine ne sauroit le produire. Nous verrons ce qui arrivera d'ici à demain. En-attendant je dois Vous instruire d'une circonstance, remarquable dans la position, où nous nous trouvons. Vous recevez à-joint la substance de la fameuse conversation entre Bonaparte et Mack le soir du 17 Octobre. J'en ai dressé moi-même le procès-verbal d'après ce que Mack a dit à un de ses plus intimes amis lorsque Dimanche passé il s'est arrêté à une porte de Vienne pour se rendre provisoirement à Brünn où l'on c r o i t, qu'il sera jugé. (Ce procès-verbal est le même qui sera communiqué au Gouvernement Prussien) Vous verrez que dans cette conversation il a été souvent question de p a i x, et que Bonaparte l'a proposée à plusieurs reprises. Eh bien ! Le Comte Cobentzl a cru devoir saisir ces propos vagues pour en faire la base d'un commencement de négociation. Il a fait écrire à l'Empereur une lettre à Bonaparte, dans laquelle, en déclarant toutefois "qu'il ne pouvoit se départir des principes sur lesquels il avoit // insisté au-commencement de la guerre, et qu'il ne feroit jamais la paix sans le consentement de l'Empereur de Russie" il lui a témoigné son desir toujours égal d'en venir à un accommodement. Cette lettre assez insignifiante en elle-même, peu conforme à la dignité de l'Empereur, mais évidemment écrite pour arrêter Bonaparte, si cela étoit possible, dans sa marche sur Vienne, est dévenue particulièrement intéressante pour Vous par un accessoire que je m'en vais Vous confier. Elle a été cachée à Monsieur Paget. Le Comte Cobentzl qui lui avoit jusqu'ici tout communiqué et lui en a fait un mystère. Il peut avoir eu deux différens motifs dans cette étrange conduite; ou simplement la crainte que Monsieur Paget ne s'èlevat trop rigoureusement contre l'indicence de la dèmarche, ou bien, ce qui est plus vraisemblable, l'embarras de ne pas avoir parlé de l' A n g l e t e r r e dans cette lettre; il n'y est pas même des m e s a l l i é s, mais toujours m o n allié, l'Empereur de Russie. C'est par moi que Monsieur Paget a appris à connoitre l'existence de cette pièce. Mais comme je n'ai absolument pas pu consentir à ce que ma source fut compromise j'ai du protester contre toute explication avec le Comte Cobentzl. Je sens cependant qu'une pareille // explication est absolument nécessaire, et voici donc le moyen que nous avons imaginé pour la rendre possible. La lettre a èté communiquée à la Cour de Berlin par un Courier qui est parti J e u d i 3 1. Si l'on Vous en parle à Berlin, je [su] Vous supplierois de m'annoncer dans une feuille particulière que Vous voudriez bien ajouter à Votre prochaine lettre, que telle chose s'ètoit passèe. Si on ne Vous en parle pas, ou si on Vous n i e la chose (ce qui est possible si on avertit le Ministére Prussien qu'on l'avoit cachée à Monsieur Paget) Vous pourriez toujours m'écrire dans un supplement pareil: "O n d i t ici, qu'une lettre a été adressée par l'Empereur à Bonaparte d'aprés les conférences de celui-ci avec Mack, et que dans cette lettre il n'étoit pas question de l'Angleterre ? Je communiquerai alors cette feuille à Monsieur Paget et il sera en état, moyennant cela, de demander à Monsieur de Cobentzl ce qui en est. - Mais pour qui la chose réussisse il faudroit que Vous choisissez absolument la première occasion, Autrichienne, Prussienne pp si même elle n'étoit pas d'ailleurs bien sure, pour me faire parvenir l'avis le plutot possible. // Je Vous prie, Monsieur, de vouloir bien faire remettre sans délai le paquet ci-joint qui contient les dépêches du Comte Finckenstein. Il me les a particulièrement confiée puisque le porteur de la présente est mon valet-de-chambre que Monsieur Paget envoit a Londres comme Courier. C'est au-reste l'homme le plus sur et le plus exact, qui existe; et Vous pouvez lui confier tout ce qui Vous intéresse le plus. Je suppose que c'est Vous qui avez déterminé le gouvernement à lever le blocus de l'Elbe. Je vous en fais mes complimens, Monsieur; c'est une des mesures les plus sages qu'on ait pu adopter dans l'époque actuelle; et ce qui la rendra sur-tout bien-efficace par-rapport à l'opinion c'est qu'elle ait été prise sans un moment d'hésitation aussitôt que les François avoient évacuè le Hanovre. Par là tout l'odieux de cette longue fermeture de l'Elbe retombe absolument sur les François, et la justice de Gouvernement Brittannique se montre au grand jour. Je ne puis pas Vous dire quel plaisir cette nouvelle m'a fait. Je n'attends pas avec plus d'anxiété la décision de la Prusse, que des rapports certains sur les dispositions actuelles de l'Empereur de Russie. Si ce // souverain est resté inébranlable au-milieu des funestes nouvelles qui l'attendoient à Berlin, nous pouvons nous maintenir et nous relever; si son courage est le moins du monde altéré, ou si seulement il n'en a pas gardé assez, pour vous en communiquer, une paix scandaleuse finira dans moins de deux mois le triste spectacle que nous présentons encore une fois à l'Europe. Recevez, Monsieur, les assurances renouvellées du dèvouement invariable de Votre très-obeissant et très-fidele serviteur GentzH: Public Record Office (PRO), Kew (England). Jackson-Papers, FO 353/81, Bl. 70-76. x Bl., F: ; 6 ½ eighd. beschr. Seiten. D: Weil, D'Ulm à Jéna,