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Gentz ; Vansittart, Nicholas
An Nicholas Vansittart, Dresden, 30. Juni 1806, Universitäts- und Stadtbibliothek Köln. Gentz-Nachlass Günter Herterich I, Nr. 17 1806

Gentz digital

Transkriptionsentwurf Günter Herterich

id1975
Briefaussteller
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Gentz
Briefempfänger
Vansittart, Nicholas
AusstellungsortDresden
Datum30. Juni 1806
Handschriftl. ÜberlieferungUniversitäts- und Stadtbibliothek Köln. Gentz-Nachlass Günter Herterich I, Nr. 17
Format/Umfang6 Bl., F: 221mm x 177mm; 11 eighd. beschr. Seiten
IncipitVous avez pensé à moi, Monsieur
BrieftypBriefe von Gentz
Digitalisat: TextAn Nicholas Vansittart Dresden, 30. Juni 1806 Dresde Ce 30 Juin 1806. Vous avez pensé à moi, Monsieur; Vous avez travaillé pour moi; les preuves m'en sont arrivées dans un moment, où j'avois un bien grand besoin d'apprendre, que je n'étois pas définitivement retranché du souvenir de tous ceux en Angleterre, qui m'avoient autrefois accordé leur bienveillance. Sous ce grand rapport-là, comme sous celui de ma situation momentanée, aucune de Vos bontés ne m'a jamais touché et pénétré comme celle-ci. Je n'ai pas voulu jusqu'ici Vous exprimer mes sentimens à cet égard; Vous me connoissez d'ailleurs assez pour savoir que je sais sentir et reconnoitre ce que l'amitié fait pour moi; j'ai attendu d'un jour à l'autre, que la main invisible, qui m'avoit soulagé, acheveroit son ouvrage en m'expliquant [xxx] ce qui m'avoit tant tourmenté, le silence profond qu'on a gardé sur toutes mes lettres et sur toutes mes communications. Cette satisfaction m'étant refusée [jusqu'ici] jusqu'à ce jour, je prends la plume, non pas pour entonner de nouvelles jérémiades, mais plutôt pour calmer mon ame, en exposant simplement ce que je pense, ce que je crains, et ce que je désire, à un homme, qui, j'en suis intimément convainçu, ne m'abandonnera, ni m'oubliera jamais. // Je sais bien, que [me seroit] dans un cas ordinaire ce seroit me chagriner en pure-perte, que de croire, qu'on m'a mis de côté, puisque pendant deux ou trois mois on n'a <pas> répondu à mes lettres. Mais Vous m'avouerez, Monsieur, que le cas dans lequel je me trouve aujourd'hui, est d'une nature toute particulière. Sans parler du reste, la lettre, que j'avois adressée à Lord Grenville, étoit telle qu'elle exigeoit une réponse; je lui avois fait des propositions bien positives; je <ne> lui avois pas caché, que la manière dont elles seroient reçues, influeroit directement sur toutes mes déterminations; et j'avois fait tout cela dans un moment, où un changement total dans le Ministère pouvoit justifier quelque incertitude, et quelque sollicitude de ma part. Monsieur Adair est arrivé à Dresde le 1 de Juin; il m'a apporté des lettres, auxquelles, tout honoré que je me suis trouvé de les recevoir, je ne pouvois pas m'attendre dans cette époque, des lettres de Monsieur Wyndham et de Lord Minto; il ne m'a pas parlé de Lord Grenville; il ne m'a pas parlé de Monsieur Fox; et quoique j'aie passé avec lui la plus grande partie des 24 heures pendant lesquelles il a séjourné ici, je n'ai pas // voulu entamer la conversation; je ne lui ai pas même dit, que j'avois fait la moindre tentative auprès du Ministère actuel. Après lui trois ou quatre couriers sont arrivés d'Angleterre; je n'ai rien reçu, ni appris. Je crois donc, que selon toutes les probabilités raisonnables, je n'ai plus le droit de m'attendre à une réponse quelconque. Je ne puis que me soumettre à mon sort; mais pourriez-Vous me blâmer, si je désirois pourtant de recevoir quelque lumière, quelqu'explication, tant-soit-peu satisfaisante de ce revers aussi inattendu que cruel ? En quoi ai-je manqué dans cette occasion ? Ou par quelle fatalité inconcevable ai-je perdu à-la-fois la confiance et les bonnes graces de tout-le-monde ? Monsieur Fox peut ne pas m'aimer beaucoup; mais ai-je mérité de perdre son estime ? Ai-je cessé de posséder les moyens, et de posséder la volonté la plus prononcée d'être utile aux intérèts de son pays ? Et, si Monsieur Fox répugnoit effectivement à l'idée de tirer parti d'un homme, qu'il croit peut-être assez foible et assez petit, pour sacrifier la grande cause de l'Europe à des affections ou à des préventions individuelles, Lord Grenville a-t-il la moindre raison de partager cette manière-de-voir ? Enfin, quand même lui aussi me jugeroit inutile ou dangereux // n'aurois-je pas du-moins mérité, qu'on me signifiat par quelques lignes le changement de dispositions qui a eu lieu à mon égard ? Suis-je un homme, qu'on rejette ou qu'on congédie sans lui dire même, qu'on ne veut plus de lui ? Vous avez tous les moyens, Monsieur, pour m'éclairer sur le véritable état-des-choses, pour répondre à toutes ces questions, pour mettre un terme à toutes ces incertitudes. Ne me refusez pas, je Vous supplie, le rayon de lumière que je Vous demande; veuillez bien Vous mettre à ma place, et Vous concevrez, à quel point je dois désirer ces éclaircissemens. En-attendant j'ai fait tout ce que j' a u r o i s fait, si au-lieu de ce silence mortel, j'avois trouvé à Londres l'accueil le plus encourageant. J'ai travaillé sans cesse pour le bien-public. Pour peu que Vous ayiez jetté les yeux sur la conclusion de mon premier mémoire, Vous aurez vu, que j'y annonçois un autre, sur les moyens d' a r r ê t e r l'Europe au bord de l'abime qui menace de l'engloutir toute-entière. J'ai hésité pendant quelque tems, comment aborder ce terrible problême. // Je n'étois pas suffisamment instruit des principes, que l'on suivroit chez Vous, du point-de-vue sous lequel on envisageroit cette crise unique. Je crois l'être à-présent. Les déclarations claires et positives, que Monsieur Fox a [faites] faites dans différentes occasions devant la Chambre des Communes, ne pouvoient plus me laisser un doute sur le f o n d de son systême politique. J'ai reçu, pour ma part, ces déclarations, avec admiration et reconnoissance. Une paix, [modifiée] c o n f o r m e à c e s d é c l a r a t i o n s, est tout ce que je désire dans ce moment; il nous fait un intervalle pour reprendre haleine; le continent est fini dans moins de deux ans, si une p a u s e quelconque n'est pas amenée, si les projets de l'Usurpateur Universel se développent dans une succession non-interrompue. Arrivé à ce point fixe dans mes idées, je fus déterminé à les suivre à les lier, à les consolider, par une invitation qui me parvint de la part du Cabinet de Petersbourg, de communiquer mes avis sur l'état actuel des affaires. Je reçus à ce sujet une lettre du Prince Czatorisky, laquelle, en m'engageant à ne pas remettre un travail, [auquel] <que> l'incertitude de toutes choses, avoit seule [xxx] retardé jusqu'ici, m'a rendu un véritable service. Je m'occupe donc depuis plusieurs semaines d'un plan général, soi-disant de p a c i f i c a t i o n, mais que je qualifie moi de r e s p i r a t i o n, et à l'occasion duquel je // dirai tout ce que je sais et tout ce que je pense sur notre situation présente et future. Non-obstant <à> ce qui m'est arrivé à Londres, je Vous adresserai ce travail aussitôt qu'il sera achevé; Vous en serez ce qui bon Vous semblera. Le vrai zèle, le vrai dévouement, doit percer à-la-fin à-travers tous les obstacles et toutes les préventions; et quelque soit l'indifférence et la froideur que l'on me témoigne aujourd'hui, je s a i s que je mérite [de] un retour d'un tout autre caractère, et je finirai par l'obtenir. Il est décidé, que pour le moment je ne retournerai point à Vienne. Voici ce qui a amené cette décision. J'avois envoyé à l'Empereur mes deux derniers ouvrages, avec une longue lettre confidentielle, dont on m'assure qu'il a été touché. J'ai eu une réponse flatteuse et satisfaisante; mais le Comte Stadion en m'adressant cette réponse me conjura en-même tems dans les termes les plus obligeans et les plus pressans, "de ne la communiquer à personne." J'ai obéi scrupuleusement; mais cette précaution, vraiment déplorable, auroit suffi pour constater à mes yeux l'extrême foiblesse de ce gouvernement qui n'a plus de courage d'avouer ses propres défenseurs et ses meilleurs amis. D'ailleurs dans une lettre // particulière, le Comte Stadion, sans [retirer] se rétracter toutefois sur les invitations antérieures, m'a fait sentir d'une manière un peu t r o p honorable, combien, m a l g r é mon absence, je n'étois point inutile aux intérèts de la Monarchie Autrichienne. Il ne m'en falloit pas plus. Je vois clairement qu'on craint mon retour. Et au-reste ils ont tout-à-fait raison. Je serois paralysé à Vienne; je puis leur rendre des services ailleurs. Je passerai donc l'été et peut-être l'hiver à Dresde, sauf à prendre ensuite mon parti d'après la tournure que prendront les événemens. Dresde est aujourd'hui pour moi le point le plus avantageux et le plus désirable, que je puisse choisir en Allemagne. Je puis y faire beaucoup de bien. Le Nord de l'Allemagne contient encore de grands élémens de régénération et de vigueur. L'entousiasme avec lequel mes derniers écrits, sur-tout la préface des Fragmens, ont été reçus à Dresde, à Leipzig, à Hambourg, à Gottingue, mais principalement à B e r l i n, où le bon parti s'accroit en nombre et en forces chaque jour, m'a prouvé combien il seroit impardonnable de désespérer du salut public. A Dresde je jouirai aussi d'un autre avantage après lequel je soupire depuis long-tems. J'y vivrai avec la plus grande économie, et je ne Vous importunerai plus de mes demandes pécuniaires. Les projets que j'avois formés à Vienne - et que j'aurois certainement réalisés, si Paget avoit été plus actif, et Rasoumoffski plus franc et plus loyal - ces projets m'avoient mis dans la nécessité d'y faire une dépense // excessive. Je vivrai dorénavant avec le quart de ce qui m'a fallu à Vienne. Mais j'y ai encore des dettes considérables; et si je trouvois un moyen quelconque, pour engager Votre gouvernement à un dernier acte de générosité en ma faveur, je serois heureux et tranquille pour le reste de ma vie. Je Vous en parle, non pas, pour prétendre que Vous [xxx] Vous intéressiez de-nouveau pour moi, mais pour Vous prier de m'indiquer la marche que je dois adopter pour parvenir à mon but. Les dettes que j'ai laissées à Vienne, se montent à 2000 Livres Sterling; j'en dois encore 500 à Londres. Je ne demanderois pas, que ces sommes fussent payées à-la-fois; je serois entièrement satisfait, si je pouvois présenter à mes créanciers une espérance solide et plus ou moins garantie qu'elles le seront dans des époques fixes, et dans des termes pas trop éloignées. J'avois un moment le projet de m'adresser encore une fois directement à Lord Grenville; mais son silence après ma dernière lettre, me décourage trop, pour oser l'exécuter. Faites-moi l'unique grace, Monsieur, de me dire, ou de me faire dire dans peu, comment je dois m'y prendre pour réussir. Je Vous promets, je Vous donne ma parole d'honneur, que, sorti de ce dernier embarras , Vous ne lisez plus un article pareil dans aucune des mes lettres futures. Je ne Vous demanderai plus rien de ma vie; le tems des illusions est passé; je sais, que désormais, ce que ma plume ne pourra plus effectuer, toutes les connexions, toutes les négociations secretes du monde, ne l'effectueront // pas. Je me bornerai à mes propres efforts; et pour cela, pour vivre dans une honnête solitude, [il] je n'ai pas besoin de grand-chose; et je n'importunerai [personne] aucun des mes amis. J'ai reçu une lettre de Monsieur Beeke, qui m'a fait le plus sensible plaisir. Il m'a cru à Vienne, et m'a adressé deux Anglois, qui je verrai probablement à Dresde. C'est la seule fois, que quelqu'un de ceux, qui me vouloient du bien en Angleterre, s'est occupé de moi d'une manière p a l p a b l e; car je n'ai jamais eu la crainte affreuse, qu'on m'ait totalement oublié. Mais pourquoi Monsieur Herries n'a-t-il répondu à aucune des mes lettres ? Depuis quelque tems j'ai vraiment épuisé tout de que je pouvois Vous présenter de motifs, pour Vous engager à m'écire une seule fois. Je ne sais pas, si la lettre présente sera plus heureuse; et je ne puis rien ajouter à ce que j'ai dit. Mais veuillez bien Vous persuader, Monsieur, que rien ne peut égaler l'impatience avec laquelle j'attends Votre réponse; Vous [le] sentez, et Vous ne Vous fermerez pas à mes instances. J'ai beaucoup réfléchi en dernier lieu à l'état actuel de Vos finances, et à l'aspect tout nouveau, et infiniment remarquable que présente ce grand objet, depuis que les fonds d'amortissement se sont accrus d'une manière aussi prodigieuse. J'ai même agité dans ma tête, une quantité // de projets, et d'idées plus ou moins développées sur quelque grande mesure à prendre pour l'avenir, sur-tout si la continuation de la guerre dévenoit inévitable. - Pour murir ces idées et ces projets, et pour m'orienter autant que possible, ce seroit un véritable bienfait, si Vous vouliez saisir le départ d'un des premiers couriers, pour m'envoyer tout les papiers, qui ont été présentés au parlement, sur les finances, pendant [cette] la session actuelle, et principalement sous le ministère d'aujourd'hui. Je Vous ai adressé plusieurs fois des demandes du même genre; veuillez donc, je Vous en supplie ne pas mettre-de-côté celle-ci. J'ai été enchanté de voir, que le systême de Monsieur Pitt a été invariablement suivi dans tous ses traits caractéristiques; j'ai été enchanté sur-tout de voir Votre main exercée, Votre zele au-dessus de tous les éloges, Vos vastes et profondes connoissances, paroitre dans tous les grands arrangemens; et j'aime Lord Henry Petty, que je n'ai pas d'ailleurs l'honneur de connoitre, par la seule, mais très-essentielle raison, qu'il sait apprécier Votre mérite. Puisse Votre noble patrie jouir pendant bien long-tems encore, du bonheur de voir // confiée l'administration des ses plus grands intérèts, à des hommes aussi éclairés, aussi purs, et aussi respectables que Vous ! Ce voeu part de mon ame; il est un des plus grands que je forme pour le bonheur, non-seulement de l'Angleterre, mais du genre-humain ! Agréez les hommages du dévouement le plus respectueux, le plus sincère, et le plus invariable, avec lequel je suis, Votre très-humble et fidèle serviteur Gentz. Daignez <me> consacrer un quart-d'heure pour que j'obtienne bientôt la réponse que j'attends à cette lettre, et que j'attends avec la plus vive impatience. Si aucun courier ne partoit, adressez-là, s'il Vous plait, à Monsieur B a s s e n g e e t C o à Dresde. O n n' o u v r e i c i a u c u n e l e t t r e q u e l c o n q u e. Le gouvernement Electoral de Saxe est le plus honnête et le plus loyal qui existe.H: In Privatbesitz. 6 Bl., F: 221mm x 177mm; 11 eighd. beschr. Seiten. D: bisher ungedruckt.