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Gentz ; Jackson, Francis James
An Francis James Jackson, Brünn, 15. November 1805, Public Record Office (PRO), Kew (England). Jackson Papers, FO 353/81, Bl. 80-87 1805

Gentz digital

Transkriptionsentwurf Günter Herterich

id1953
Briefaussteller
Mashup mit Wikipedia  
Gentz
Briefempfänger
Jackson, Francis James
AusstellungsortBrünn
Datum15. November 1805
Handschriftl. ÜberlieferungPublic Record Office (PRO), Kew (England). Jackson Papers, FO 353/81, Bl. 80-87
Format/Umfang8 eighd. beschr. Seiten
DruckorteWeil, D'Ulm à Jéna, 95-103
IncipitNotre position est absolument unique
BrieftypBriefe von Gentz
Digitalisat: TextAn Francis James Jackson Brünn, 15. November 1805 Brünn Ce 15 Novembre Notre position est absolument unique; je ne crois pas, que quelque chose puisse y être comparé dans toute l'histoire moderne. Deux circonstances la rendent sur-tout remarquable. D'abord l'incertitude complète de l'avenir, incertitude qui va si loin, qu'à la lettre nous ne savons pas de 24 heures à 24 heures; ce qu'est la Monarchie Autrichienne, et ce qu'elle sera et ce qu'elle déviendra. Ensuite le contraste entre la situation gènèrale des affaires politiques, et l'excés de détresse et de danger dans lequel nous languissons. Nous savons à-présent t o u t ce qui s'est passé à Berlin et à Potsdam; les g r a n d s résultats sont encore soigneusement cachès; mais ceux qui puisent [de] dans les sources, les connoissent, les admirent, sont pénétrés d'étonnement et de joie à la vue d'une des résolutions les plus inattendues, les plus extraordinaires qui se soient opérer depuis longtems dans le systême politique. Je ne doute pas non plus le moins du monde, que les démarches que le Roi de Prusse va faire ne produisent un changement // complet dans toutes les affaires de l'Europe, que lorsque ces démarches seront mûres, l'orage ne soit détourné de nos têtes. Mais en-attendant nous sommes à-deux-doigts de notre perte totale; nous périssons, nous nous anéantissons d'un jour à l'autre; et s'il ne se fait pas un changement subit, je ne sais pas si nous arriverons au terme de cette crise mortelle, sans avoir essuyé quelque malheur - irréparable. Que Vienne ne pouvoit pas être sauvée - les personnes éclairées l'avoient vu depuis trois semaines. Mais du-moins on s'étoit imaginé que le mal s'arrêteroit là. Ce n'est pas une petite chose que la perte de Vienne, pour la Monarchie Autrichienne; c'est sous tous les grands rapports, sous celui des ressources, sous celui de la centralité, sous celui de l'opinion - un coup qui nous frappe dans la base même de notre existence politique. Mais enfin il étoit décidé et il falloit le supporter. Nous étions ici, passablement // tranquilles pendant trois ou quatre jours; les nouvelles de Berlin avoient relevé et rafraichi ceux qui en furent plus ou moins instruits ! [xxx] Depuis hier, nous voilà dans de nouvelles tempêtes. On avoit donnè l'ordre de dètruire les ponts du Danube près de Vienne aussitôt que les François seroient entrés dans la ville. Cet ordre n'a pas èté exécutè. Le Prince Auersperg qui en étoit chargé s'est laissé tromper par un grossier mensonge du soi-disant Prince Murat, qui lui fait à croire, que la paix étoit signée. Et les François ont passè le Danube à Vienne avec des forces très-considérables. La cavallerie a passé la première avec Murat. Les divisions de Ney et Lannes ont suivie. Il y a peut-être dans ce moment-ci entre 30 et 40 mille hommes sur la rive gauche. Le premier et le principal objet de cette expédition est de chercher, et, s'il est possible, de détruire l'armée de Kutusoff. Cette armée avoit passé (beaucoup trop tard !) le Danube à Crems, le 9; elle avoit eu le 10 et le 11 des combats sanglans, mais très-glorieux avec un corps de 8 à 10 mille hommes que les François // avoient fait défiler le long du Danube sur la rive gauche, de Linz jusqu'à Crems. Ces Corps François a été presque détruit. On assure que 5 à 6 mille hommes ont été tués ou blessés, que plus de mille, et beaucoup d'officiers ont été faits prisonniers. On vient d'envoyer à Kutusoff la Grande-croix de Marie-Thérèse qu'il a bien meritée. L'autriche a perdu dans ce combat un de ses derniers bons officiers, le Genéral Schmidt, nommé Quartier-Maitre-Génèral à-peine il y a huit jours. - Mais tout cela n'est pas la fin de l'affaire. Les François enragès de leur perte, et libres dans tous leurs mouvemens - puisque nous n'avons r i e n á leur opposer de ce côté-ci, tenteront tout pour entamer de-nouveau les Russes; ils les poursuivront à outrance; ils ne les lâcheront pas jusqu'á ce qu'ils aient gagné la seconde Armée Russe, dont la première colonne doit arriver aujourd'hui à Ollmütz. Si cette armée de Kutusoff est dètruite - ni le ciel, ni la terre, soyez en sûr, nous sauveront de notre ruine; car dès-lors, sans un miracle plus-grand encore que celui qui vient de s'opérer à Berlin, la Russie elle-même se dégoutera de notre affaire. Il y a cependant encore quelqu'espoir. Les Russes // avoient deux marches d'avance sur les François. Il est possible qu'ils leur échappent, [toujou] non pas sans perte, mais sans une perte décisive; et comme ils sont [xxx] extrêmement irrités contre les François, et dans une espece de désespoir sourd, ils se battront comme les diables, et je crois qu'ils se tireront d'affaire. En attendant nous sommes obligés de quitter Brünn demain; les François peuvent arriver ici d'un jour à l'autre; d'ailleurs l'Empereur de Russie doit arriver cette nuit ou demain matin à Ollmütz, [ayant] étant parti de Prague hier à-midi et ayant pris la route de Czaslau et Chrudim; et comme on ne veut que le faire avancer jusqu'á Brünn, la cour doit se rendre où il est. Enfin on a dèbattu aujourd'hui la question bien épineuse, si, en quittant Ollmütz (car on craint de ne pas pouvoir y rester) il vaudra mieux de prendre la route de Troppau pour se jetter en cas de besoin dans la Silésie-Prussienne, ou celle de Teschen pour aller à Cracovie. // La première de ces résolutions est terrible puisque l'Empereur quitteront par-la son propre pays. Mais la seconde est sujette à des objections d'une autre nature, à des dangers incalculables, qui je ne veux pas détailler ici, et que Vous dévinerez aisément.Vous pourrez voir a Berlin une pièce qui a été publiée ici le 13, pour rendre compte au public de la négociation [xxx] qui a eu lieu avec Bonaparte pour un armistice. Vous y verrez les conditions infâmes que le Démoniaque nous a proposées, vous y verrez aussi - mais je ne veux pas anticiper sur les réflexions qui ne vous echapperont pas. Le Prince Auersperg a été tout-de-suite arrêté et conduit à Königsgrätz. On lui fera le procès, comme à Mack, Auffenberg, et Werneck. La conduite de Mack paroit chaque jour plus coupable. Je ne veux pas faire l'entendu après-coup; mais je Vous donne ma parole d'honneur, qu'elle m'a // m é d i o c r e m e n t étonné. Je connoissois cet-homme à fond. Ses talens sont grands, mais son caractère est étroit et misérable au delà de ce qu'on peut s'imaginer. En général, à une seule circonstance près sur laquelle j'attends les renseignemens, toute l'histoire de nos malheurs est tellement éclaircie et tellement expliquée pour moi, que je me fais fort de la transmettre à la postérité sans manquer un trait essentiel. - Le sejour de Brünn étoit extrêmement animé. Entr'autres nous avons ici une société d'anglois qui se sont trouvés réunis par le hazard des malheurs publics, de toutes les parties de l'Europe. Lord Leveson Gower et Monsieur Stuart de Petersbourg, le Genéral Ramsay d'Angleterre, Monsieur Paget et plusieurs autres de Vienne. - Je Vous demande pardon, Monsieur, de la rapidité extrême, de la forme peu décente de cette lettre; le moment // est si critique qu'il faut absolument se borner à ce qui est strictement essentiel. En comptant sur Votre indulgence, je Vous écrirai sans cesse, quelque soit l'asyle que nous serons encore obligés de chercher. Agréez le hommage de votre tres obéissant et tres-fidèle serviteur Gentz. J'ai reçu avant-hier Votre lettre du 8 de ce mois. Notre communication avec Vienne est presque entiérement détruite; nous savons seulement que les François y sont entrés dans la matinée du 13, et qu'ils se sont de-suite portés à des requisitions exorbitantes en fait de draps, de vins, de fourrages, de viandes pp Tout a renchéri subitement de 50 pour Cent. Ils mettent des soldats même dans les maisons des particuliers; - Grand Dieu ! Falloit-il vivre pour voir cet évènement-là ? H: Public Record Office (PRO), Kew (England).Jackson Papers, FO 353/81, Bl. 80-87. x Bl., F: ; 8 eighd. beschr. Seiten. D: Weil, D'Ulm à Jéna, 95-103.