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Gentz ; Rasty, Constantin von
An Constantin von Rasty, Wien, 31. Mai 1814, HHStA, Wien. Nachlass Gentz, Schachtel 1, Faszikel 1d, Bl. 42-51v 1814

Gentz digital

Transkriptionsentwurf Günter Herterich

id1775
Briefaussteller
Mashup mit Wikipedia  
Gentz
Briefempfänger
Rasty, Constantin von
AusstellungsortWien
Datum31. Mai 1814
Handschriftl. ÜberlieferungHHStA, Wien. Nachlass Gentz, Schachtel 1, Faszikel 1d, Bl. 42-51v
Format/Umfang19 ½ eighd. halbbrüchig beschr. Seiten
DruckorteOesterreichs Theilnahme, Nr. I, 355-358
IncipitIl y a trois jours que nous
BrieftypBriefe von Gentz
Digitalisat: TextAn Constantin von Rasty Wien, 31. Mai 1814 Konzept Nr. 43. Vienne Ce 31 Mai 1814. A Monsieur de Rasty à B u c a r e s t Expedié eodem. Il y a trois jours que nous attendions d'un moment á l'autre l'arrivée du Courier qui porteroit de Paris le traité-de-paix définitif avec la France, traité que nous croyions avoir été signé le 20 ou le 21; et tout étoit préparé pour Vous l'expédier sans perte de tems. Mais nous savons depuis hier, que ce n'est pas avant le 24 ou le 25 que l'on aura pu achever ce traité. [Ainsi] Il ne peut donc arriver ici que demain ou après-demain; mais en-attendant je Vous fais passer aujourd'hui ce que j'ai pu recueillir. L'inqiétude, le mécontentement, la fermentation, qui règnent en France, loin de diminuer, paroissent s'ac//croitre chaque jour. On ne regrette pas Napoléon, mais on fait peu de cas de ce qui l'a remplacé. Le Gouvernement, [obligé] <occupé> sans cesse à capituler avec tous les partis, à ménager toutes les [xxx] prétentions, à concilier les intérèts les plus contradictoires, n'a ni caractère, ni a-plomb, ni crèdit; dénué de toute espèce de moyens il ne peut ni flatter l'espérance, ni inspirer une crainte salutaire. La division dans les esprits est telle, que chacun a son projet de constitution, son remede [contre] <pour guérir> les [xxx] <placés> de l'état, et son acte-d'accusation entre ceux à qui il les impute. La licence de la presse est montée à un point effrayant; de misérables pamphlets des diatribes dégoutantes inondent Paris; les Journaux seuls, soumis // à la censure directe de la police, conservent encore une certaine décence, et déjà [xxx] ceux qui n'aiment que les excès, se scandalisent de leur modération, et commencent à crier "à la tyrannie". Les personnes sensèes frémissent en pensant aux effets d'un désordre dont il [xxx] <paroit> également dangereux de favoriser ou d'arrêter le cours. Depuis quelque tems les puissances alliées elles-mêmes ne sont plus absolument à [l'abri] <l'abri> des critiques indiscrètes, et des observations malignes. On est fatigué de leurs bienfaits, et gêné de la reconnoissance qu'on leur doit; on suspecte leurs intentions; on se plaint de leur sévérité. Ce peuple dont la vanité [xxx jamais eu le bornes,] est sans bornes, a déjà tellement oublié les évènemens les plus récens, qu'il // s'imagine de bonne foi, <quelqu'absurde que paroisse cette illusion,> que sans sa volonté bien prononcée, les Alliés ne seroient jamais entrés en France. On murmure, on s'indigne, de ce que des conditions bonnes tout-au-plus pour faire peur à Napolèon, soient aujourdhui encore sérieusement proposées à la France, et qu'on s'avise [xxx] tout-de-bon [d'insister] de la renfermer dans ses anciennes dimensions. Il a paru une brochure sous le titre: "O b s e r v a t i o n s d' u n F r a n ç a i s s u r l a p a i x" qui a fait à Paris une sensation prodigieuse. Je Vous envois ci-joint la fin de cette brochure; je tacherai de Vous la communiquer en entier. Elle est évidemment écrite par un homme très-adroit, tres versé dans les affaires, et parfaitement maitre // de son sujet. Les vues et les sentimens qu'elle contient sont communs à une quantité de personne, on peut dire à la grande majorité du public; et si on ne craint pas de les faire èclater aujourdhui, que les Souverains <étrangers> sont encore à Paris, et [leur] une partie de leurs armées dans le voisinage, il [xxx] n'est pas difficile de prévoir ce qui arrivera après leur éloignement. Car il est bien certain que la paix déplaira à tout le monde, et qu'il n'y aura qu'un cri en France pour la blâmer et pour la dénigrer. Je sais [xxx] de bonne source, que le gouvernement ne redoutoit pas peu le moment où [il faudroit] elle seroit publiée à Paris; et Vous en trouverez la [xxx] preuve dans plusieurs articles de la Gazette // de France, envisagée aujourdhui comme le principal organe du gouvernement. On craint même beaucoup, que le surcroit de mécontement dont cette paix sera la cause ou le prétexte, n'achève de ruiner dans l'opinion publique la popularité déjà très-précaire des Bourbons. Non-obstant tous ces symptômes menaçans, je ne crois pas, que la France puisse de si-tôt redevenir [dangereuse] directement dangereuse pour les voisins. Des [xxx] <germes nombreux> de trouble et de discorde, des dispositions hostiles, l'amour-propre blessé, l'ambition en souffrance, le désir de se venger de ce qu'on regarde comme un dénoûment humiliant, - tout cela existe sans contredit; mais rien n'est lié, rien n'est concentré; cet // l'épuisement des forces, sur-tout des moyens pécuniaires est tel, qu'il faudroit un [xxx] <autre> Bonaparte, pour réunir tant d'élémens épars, et compromettre de nouveau la tranquillité de l'Europe. D'ailleurs tant que le Roi conservera une ombre de pouvoir, il travaillera, [par] on ne peut pas en douter, par principe, par gout, par intérèt, [xxx] au maintien inviolable de la paix. Cependant, comme dans un état de choses, aussi [xxx] nouveau, aussi violent, et aussi problématique, [rien ne fauroit] on ne peut se fier à aucun calcul, les puissances alliées auroient évidemment tort, si elles négligoient les précautions nécessaires, pour empêcher [xxx] l'explosion de quelque // nouvel orage. Elles <en> paroissent <bien> pénétrées. Nous venons de recevoir la nouvelle importante, que l'armée Autrichienne, dont le retour dans ses foyers étoit déjà pleinement réglé, a eu l'ordre de faire [Halte] H a l t e ! sur le Rhin. Elle sera placée en quartier de cantonnement tout le long de la rive droite de ce fleuve depuis la frontière de Suisse jusqu'á Spire. Le quartier-général du Prince S c h w a r t z e n b e r g s'établira a Fribourg en Brisgow. L'armée Bavaroise sous les ordres du Général W r e d e, avec le corps Autrichien, qui en a fait partie, cantonnera sur la rive-gauche du Rhin entre Landau, Mayence, et Coblence; son quartier-général sera à Kreutznach. Il est probable, quoique nous n'en soyions pas encore instruits, // qu'il en sera de même d'une partie au-moins des Armées Russes et Prussiennes, pour garder le Bas-Rhin jusqu'à la Hollande. Toutes ces mesures, il faut l'espérer pour le bien de l'humanité, ne seront peut-être que de courte durée; mais pour le moment elles paroissent indispensables. D'après les dernieres nouvelles de Copenhague et de Gothenbourg la réduction de la Norvège au pouvoir de la Suède ne s'effectuera que par la force ouverte, et [xxx] <peut-etre pas sans beaucoup de difficultés. [Les nouvelles] Les bruits [qu'on avoit repandus] que les partisans de la Suède avoient repandu sur le [xxx] changement qui s'étoit opéré au [xxx] faveur dans ce pays, ne se sont nullement confirmés jusqu'ici. -> Il y a eu le 10 et 11 de ce mois sur cette affaire des débats très-vifs et très-intéressans dans les deux Chambres du Parlement d'Angleterre. // Lord G r e y, Lord G r e n v i l l e, Lord H o l l a n d à la chambre des [Pairs] Pairs, Monsieur W y n n e, Monsieur M a c k i n t o s h, Monsieur W h i t b r e a d à celle des communes ont attaqué avec beaucoup de vigueur la résolution du gouvernement de faire bloquer les ports de la Norvège, pour forcer ce peuple de ce pays à la soumission. Ils ont soutenu, que l'Angleterre [ne s'étoit engagé] avoit <seulement> promis à la Suède [xxx] de lui faire céder la Norvege par le Roi de Danemarc - stipulation qu'elle a pleinement accomplie - mais que ses traités ne l'engagoient pas du tout à assister la Suède contre les habitans de la Norvège, et qu'il étoit injuste et honteux pour l'Angleterre de servir [xxx] d'instrument à un autre Souverain pour opprimer [la liberté] un // peuple, qui ne veut pas passer sous un joug odieux. Ils ont en même tems relevé la conduite du Prince Royal de Suède, sur tout depuis la bataille de Leipzig, et l'ont hautement accusè d'avoir manquè à ses engagemens et d'avoir sacrifié les intérèts de la cause commune à des calculs d'intérèt personnel. Leurs motions ont èté rejettées; mais elles ont laissé une grande impression dans le public; et la faveur dont le Prince Royal jouissoit, il y a un an, en Angleterre paroit aujourdhui absolument transférée aux Norvégiens. Les affaires d'Espagne méritent aussi quelques momens d'attention. Pour Vous mettre au fait de la situation actuelle de ce pays, et des rapports entre // le Roi et les Cortés, j'ai rédigé le Précis ci-joint, accompagné d'une pièce parfaitement a u t h e n t i q u e. Ce qui me fait appuyer sur cette dernière circonstance, c'est qu'on a publié à Paris sous le titre, A d r e s s e d e s C o r t é s, D i s c o u r s d u P r é s i d e n t d e s C o r t é s e n c o n f é r a n t l a c o u r o n n e à F e r d i n a n d etc. etc. - plusieurs écrits apocryphes, dont le seul but étoit de faire circuler dans toutes les formes possibles le poison du Jacobinisme ressuscité. Beilage: Renseignemens sur les affaires d'Espagne. L'Espagne est un des pays qui ont le plus souffert dans le bouleversement général de l'Europe; elle est aussi un de ceux qui auront le plus de difficulté à se remettre. Elle est bien loin encore d'une assiette stable et calme, et [pour] <pour> elle, on peut hardiment le prédire, la guerre étangère ne s'éteindra que pour allumer les plus terribles incendies dans [l'Intérieur] son Intèrieur. La conduite méprisable de l'ancienne cour, les longs malheurs, et l'extrême foiblesse de Ferdinand VII, l'énergie ardente déployée par le peuple, et la nullité [xxx] des Grands et de la premiere noblesse dont très-peu d'individus se // sont trouvés au niveau des circonstances - toutes ces causes réunies ont concentré le pouvoir entre les mains d'une classe d'hommes que l'on retrouve á la tête de toutes les révolutions de nos jours, des avocats, des hommes-de-lettres, et des Employès [aux différentes] en Sous-ordre. [Lorsque] <Quand> le Ministère Anglais désespérent de composer en Espagne un gouvernement provisoire assez fort et assez respecté pour soutenir et diriger la résistance nationale contre les usurpations de Napoléon, a favorisé dans un moment fatal l'établissement de cette assemblée extraordinaire des C o r t é s, qui pendant quatre ans a [xxx] exercé <sans restriction et sans partage> toutes les branches de l'autorité publique, le parti républicaine a pris un ascendant, que dès-lors rien n'a pu contre-//balancer. La c o n s t i t u t i o n [xxx d'Avril 1813], que ce parti a donnèe à l'Espagne, est un des ouvrages les plus monstrueux que [soient jamais sortis de ] ce tems, si fertile en fausses conceptions politiques, ait enfantés. Calquée sur le modèle de la constitution Française de 1791, elle a laissé bien derrière elle, ce que celle-ci avoit d'impraticable et de dangereux. Avec la prétention de fonder une monarchie, elle a tellement morcelé, circonscrit, et paralysè le pouvoir royal, que le Chef de la plus petite république seroit hors d'état de la gouverner d'après les lois qu'elle établit. Après avoir transferé à une assemblée absolument démocratique ce qu'il y a de plus essentiel dans les [xxx] fonctions et prérogatives // Royales [cette] elle rend encore celle assemblée permanente, et [xxx] l'exercice de ses pouvoirs absolument indépendant du Roi; [xxx] excès de déraison auquel aucune autre de ces constitutions modernes ne s'étoit élevée. A l'èpoque où la Constitution Espagnole fut décretée, <(au mois d'Avril 1812)> le Roi étoit en prison et personne ne plaidoit la cause de [xxx] la royauté; la grande majorité des Cortès n'avoit d'autre but que de prolonger les [xxx] désordres de la révolution, et le peuple etoit dans un état de fièvre. Le Gouvernement Anglais ne pouvoit pas se méprendre sur la perspective qui s'accroit pour l'Espagne; mais traité déjà avec beaucoup de méfiance et de défaveur par les Chefs du parti dominant, [xxx] mal-secondé dans ses opérations militaires ne comptant plus que sur la bonne volonté // <du peuple,> et craignant que la moindre [xxx] objection n'achevat de le rendre suspect et odieux [xxx] <à une> nation également ignorante, jalouse, et orgueilleuse, il eut l'air <de tout> approuver, et ferme les yeux sur l'avenir. Les Cortés extraordinaires terminèrent leur séance au mois d'Octobre 1813, et investirent de leurs pouvoirs les Cortes Constitutionnels rassemblès depuis à Madrid, et jouissant aujourdhui de la plénitude de l'autorité Souveraine. [xxx] Le projet que Napoléon avoit conçu au mois de Decembre dernier de rendre la liberté á Ferdinand VII après lui avoir fait signer un traité, et l'éclat avec lequel les Cortès repoussèrent ce projet, <en> leur donnant un nouveau relief, [xxx] // [xxx] ne peut que faire laisser encore l'opinion publique relativement au Roi captif. Enfin [xxx] les évènemens, qui [xxx] <ont précédé> la catastrophe de Napoleon, [xxx] amènerent la délivrance de Ferdinand; il se rendit en Espagne; mais il devoit bientôt sentir que le terrain sur lequel il marchoit, étoit entourè de précipices. Le petit nombre d'hommes éclairés, et en même tems attachés à sa personne, qu'il rencontroit sur son chemin, représentèrent au Roi les dangers auxquels il s'exposoit lui-même, et le sort qu'il préparoit au pays, en souscrivant [purement] sans rèserve à une constitution absolument incompatible avec les [gouvernement Monarchique] premiers élémens d'un gouvernement // monarchique. Cependant le Roi, soit qu'il n'eut pas le courage de protester ouvertement contre cette constitution, soit que les moyens de soutenir une démarche pareille [xxx], lui manquassent tout-à-fait, paroit avoir cru, qu'en gagnant du tems, il [fera naitre quelque chance en sa faveur] donneroit au parti [oppose à la nouvelle] Royaliste celui de se prononcer, et de faire naître quelque chance en sa faveur. C'est pour cette raison, qu'il a sous différens prétextes rallenti son voyage, et que quoique [sur] <sur> le territoire Espagnol depuis les derniers jours de Mars, il n'étoit pas encore arrivé à Madrid [le] à la fin d'Avril. Les Cortés n'ont pas pu se tromper long-tems sur le motif de ces retards prémédités; et voyant que // le Roi avoit été once ou douze jours à V a l e n c e, sans qu'il fut question de continuer le voyage vers la capitale, ils lui ont adressé le 25 d'Avril une réprésentation très-animée, que l'on m'a envoyée de Paris, et dont copie se trouve ci-joint. Cette pièce doit avoir manqué son effet, puisque le 30 Avril ils en ont décrété une seconde, rédigée dans le même sens, mais dans des termes plus urgens encore. Ce malheureux Prince est placé dans le dilemme le plus [xxx] pénible. S'il refuse d'accepter la constitution telle qu'elle est, les meneurs des Cortès feront jouer tous les ressorts pour formenter des troubles, [et préparer la guerre] des insurrections, et la guerre civile; [xxx] si, pour ajourner le moment critique, il se soumet en apparence <a une dure nécessité, il décourage ses amis et inspire une nouvelle confiance aux factieux. Dans tous les cas, l'Espagne doit éprouver encore des commotions terribles. Les choses ne peuvent pas rester sur le pied où elles se trouvent aujourdhui. Il faut que la constitution soit essentiellement changèe, et l'influence des Démagoques fortement comprimée, ou que l'autorité royale succombe tout-à-fait; mais l'un ou l'autre de ces résultats ne peut que se réalisér qu'aprés de longues convulsions; et déchirée et épuisée comme elle l'est la Monarchie Espagnole ne reprendra pas pour une longue suite d'années sa place parmi les puissances actives en l'Europe.> H: HHStA, Wien. Gentz Nachlaß, Schachtel 1, Fasz. 1d, Bl. 42-51v. x Bl., F: ; 19 ½ eighd. halbbr. beschr. Seiten. D: Oesterreichs Theilnahme, Nr. 1, 355-358.