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Gentz ; Jenkinson, Robert Banks
An Robert Banks Jenkinson, Wien, 18. August 1805, British Library, London. Manuscripts Departement, Add. 38241, Liverpool Papers, Vol. LII, Official Correspondence of Second Earl, May 1804 - Feb. 1806, Bl. 198-202v 1805

Gentz digital

Transkriptionsentwurf Günter Herterich

id1395
Briefaussteller
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Gentz
Briefempfänger
Jenkinson, Robert Banks
AusstellungsortWien
Datum18. August 1805
Handschriftl. ÜberlieferungBritish Library, London. Manuscripts Departement, Add. 38241, Liverpool Papers, Vol. LII, Official Correspondence of Second Earl, May 1804 - Feb. 1806, Bl. 198-202v
Format/Umfang5 Bl., F: 229mm x 185mm; 9 ½ eighd. beschr. Seiten
IncipitJe vais m'acquitter envers Vous
BrieftypBriefe von Gentz
Digitalisat: TextAn Robert Banks Jenkinson Wien, 18. August 1805 Vienne Ce 18 Aout 1805. My Lord ! Je vais m'acquitter envers Vous d'une dette que j'ai contractée lorsque j'ai lu Votre admirable discours sur la question des Catholique d'Irlande. J'ai pris avec moi-même l'engagement solemnel de Vous exprimer une partie de l'admiration, et une partie de la reconnoissance que ce discours m'a inspirée en me faisant passer les momens les plus heureux dont je me souvienne depuis long-tems d'avoir joui en réflechissant sur les affaires publiques. Je Vous avoue, My Lord, que j'avois extrêmement redouté la discussion de cette matière; et persuadè que je croyois être qu'on ne l'avoit mise en avant que par des vues-de-parti et pour embarrasser ceux qui ne pouvoient guéres soutenir aujourd'hui les opinions qu'ils avoient annoncées en 1801, je gémissois d'avance de ce qu'encore dans cette occasion des motifs d'ambition personnelle devoient l'emporter sur les grands intérèts de l'état, et pensant à toute la fermentation que cette discussion devoit produire dans le pays, je tremblois de la voir approcher. // Malheureusement, MyLord, cette crainte fut bientôt contre-balancée par des évènemens d'une nature plus affligeante encore qui dès le mois de Fevrier commencèrent à absorber toute l'attention du public de la Grande Bretagne. La funeste affaire de Lord Melville, l'acharnement sans exemple avec laquelle on le suivoit, l'incroyable importance qu'on lui avoit donnée dans un moment, où tant d'intérèts de la première dignité redamoient bien-autrement les sollicitudes du gouvernement et le concours de la nation, tout cela m'avoit indiqué des dangers d'une nature plus inquiétante encore que ceux que j'avois craints de la discussion sur les Catholiques d'Irlande; et je ne veux pas Vous dissimuler, MyLord, que fatigué, dégouté depuis plusieurs mois par ces éternelles clameurs sur un objet, pour lequel (selon moi) un jour de délibération étoit déjà trop, j'ai vu à-la-fin arriver avec une joie secrète les debuts sur les Catholiques d'Irlande, et j'ai respiré, lorsque du-moins pour quelques jours j'ai vu de-nouveau la première Assemblée délibérative de l'univers occupée d'un objet, qui par sa grandeur et par sa liaison avec tous les grands intérèts majeurs de Votre pays, étoit digne d'y être discuté. //Je crois aussi, que cette discussion en a déployé à-peu-près tout ce qu'il existoit d'argumens pour les q u a t r e avis différens qui ont été mis en-avant; et sous ce rapport-là j'ai lu avec un intérèt presqu'égal les discours de ceux qui soutenoient les motions de Lord Grenville et de Monsieur Fox (celui de Monsieur Grattan m'a paru sur-tout remarquable par son extrême éloquence) de ceux demandoient avec Monsieur Pitt l'ajournement de la décision á une èpoque plu favorable, de ceux qui, comme Vous, MyLord, traitoient la question dans ses relations permanentes avec la constitution et la sureté de l'Angleterre, et de ceux enfin, qui, comme Lord Redesdale et Monsieur Duigenan paroissoient vouloir ajouter de nouvelles restrictions à celles que les motions originelles tendoient à ècarter. Mais en me portant de ce premier coup d'oeil à un examen plus approfondi de la chose, attaché [que je] comme je l'étois de tout tems à ces mêmes principes que Vous avez si noblement défendu, je devois sentir bientôt que la supériorité étoit de Votre coté. Malgré l'imperfection de ces esquisses que les gazettes nous donnent des débats parlementaires, c'étoit à Votre discours que je m'étois arrêté le plus, c'étoit avec votre discours que tout sympatisoit [xxx] en moi. // Jugez donc, MyLord, combien je devois être heureux, lorsque j'ai pu lire, et relire, et étudier ce discours dans la forme authentique et achevée dans laquelle, pas moins pour les intérèts de Votre patrie que pour ceux de Votre gloire Vous l'avez laissé paroitre depuis. Ce n'est pas certainement pour Vous adresser quelque vain compliment - l'affaire est trop grave pour que je puisse y penser - mais c'est par la conviction la plus intime, que je le dis: Jamais encore cette question importante et fondamentale n'a été traitée avec une superiorité plus satisfaisante que dans cet excellent discours. J'ai lu une infinité de choses qui ont été publiées sur cet objet dans les vingt dernières années; j'ai suivi toutes les discussions qui ont eu lieu tant dans l'ancien parlement d'Irlande que dans celui de l'angleterre; j'ai très-présentes à ma mémoire les grands et immortels discours de feu Lord Clare, et de quelques autres orateurs de son bord; mais je trouve que V o t r e discours a fixé a-tout-jamais l'état de la question, qu'il l'a tellement épuisée et décidée, que si dorénavant elle est reproduite sous quelque forme que ce soit, si j'avois quelque chose à dire au parlement, je [xxx] ferois // toujours commencer la délibération par la lecture de votre discours, et j'astreindrois tous ceux qui voudroient parler dans le débat de suivre [xxx] l'enchainement de Vos idées, et de répondre, s'ils le pouvoient, à Vos argumens éternels. La manière lumineuse dont Vous avez distingué les droits civils et les droits politiques, les excellentes réflexions par lesquelles Vous avez prouvé qu'un Roi Catholique seroit moins dangereux pour l'Etat que des Ministres Catoliques, ce que Vous avez dit sur la différence entre les [xxx] autres classes de Dissidens et les Catholiques, la réfutation victorieuse de cette observation si commune que l'abolition des tests n' o b l i g e o i t pas le Roi à choisir parmi les Catholiques ses conseillers confidentiels (Cette expression admirable "l e t t h a t b a r r i e r b e t h e l a w, and let us have courage pp) - l'extrême sagacité avec laquelle Vous avez développé l'effet de leur admission au parlement; la vérité et la dignité avec laquelle Vous avez exposé le danger particulièrement inhérent à l'epoque actuelle (par la soumission du Pape aux volontés de Bonaparte) et la mesure et le tact d'un grand homme d'état, avec lesquels Vous avez touché ce point essentiels, sans cependant trop détourner l'attention de la partie permanente et invariable de Votre raisonnement; // enfin l'exposition sans réplique des suites probables qui résulteroient du projet d'abolition, sans oublier la peroraison touchante et sublime qui finit ce discours - je Vous assure, MyLord, que je n'ai pas d'expression pour Vous dire, combien j'en ai été pénétré. Ce qui m'a paru dans tous les discours des defenseurs de la motion la partie la plus foible, quoique ce fut en apparence la plus brillante, c'est l'exposition des inconvéniens de l'ordre actuel des choses analysé d'après les principes de ce que l'on appelle la justice universelle. Tous ces orateurs parlent toujours comme si ceux qui sont actuellement à-la-tête du gouvernement, ou comme si en gènèral la géneration actuelle étoit responsable de la premiere i n t r o d u c t i o n des lois contre les Catholiques, tandis qu'on peut facilement leur accorder tout ce qu'ils disent sur la defectuosité p r i m i t i v e de ce système, et que toute la question est seulement, si on peut changer ces bases, quelques defectueuses qu'elles puissent être, sans compromettre ou plutot sans dissoudre l'état. Si on faisoit aujourd'hui une nouvelle constitution en Angleterre, il est assez vraisemblable que les Catholiques ne seroient pas exclus du parlement, et de ces vingt ou trente // places sur l'exclusion desquelles on se lamente tant en leur nom; mais la question est précisement: s i on doit faire une nouvelle constitution ? Et cette question ne devroit pas rester douteuse un instant pour tous ceux qui savent et qui sentent ce qu'ils possèdent avec celle que la bonté de la providence leur a donné et conservée jusqu'à ce jour. Une autre considération que m'a frappé beaucoup c'est qu'en parlant des effets p o l i t i q u e s de la mesure proposèe les défenseurs de la motion se soient toujours exclusivement attachés a celui que le changement produiroit sur les C a t h o l i q u e s, sans s'occuper de celui qu'il produiroit sur les P r o t e s t a n s. On a fait sonner bien haut l'avantage de gagner t r o i s m i l l i o n s d'hommes; mais d'inconvénient d'aliéner u n m i l l i o n, sur laquel Vous pouviez compter, n'entre-t-il donc point en ligne-de-calcul ? Vous avez d'ailleurs parfaitement prouvé, MyLord, que la masse de la population Catholique ne s'intéressoit pas, et ne p o u v o i t pas d'intéresser au sort de cette question. L'inverse, je crois, auroit eu lieu par-rapport aux Protestants. De ces t r o i s m i l l i o n s de Catholiques, c i n q u a n t e m i l l e seroient peut-être enchantés si l'abolition avoit passé; mais de ce M i l l i o n de Protestans, un // d e m i - m i l l i o n auroit été dans le dèsespoir. Ainsi la question du n o m b r e même parloit contre les abolitionistes. Enfin je Vous félicite, d'avoir été dans cette grande occasion un des instrumens, par lesquels votre patrie a èté sauvée. L'avenir est enveloppé de ténèbres; mais celui qui a tout fait pour préserver intact le depot sacré qui a èté mis entre ses mains, peut braver les orages, et attendre les évènemens sans trembler. - Tant qu'il y aura encore en Angleterre des hommes capables de prononcer des discours comme les Vôtres, il est permis de nourrir un dernier reste d'espoir au-milieu de tous les dangers qui nous menacent. Pardon, MyLord, si j'ajoute encore deux mots sur un [xxx] autre objet, qui quoique m'intéressent particulièrement, est cependant très-lié avec les intérèts de l'Angleterre. Je fais imprimer dans ce moment un ouvrage sur l'origine de la guerre entre la Grande-Bretagne et l'Espagne. J'en ai envoyé la prèface, qui fait à elle-même un ouvrage assez considerable à Monsieur Hammond, et je l'ai beaucoup sollicitée de <la> faire traduire en // Anglois par ce même Monsieur Herries qui s'est si extrêmement bien acquitté de la traduction de mon ouvrage sur l'état de l'Espagne. Je suis intimément convainçu, MyLord, que celui que viens d'achever, Vous intéressera, et qu'il produira, même en Angleterre, un bien bon effet. Dans la crainte, que Monsieur Hammond négligeroit peut-être un objet, qui naturellement doit lui paroitre assez insignifiant, j'ai pris la liberté d'en écrire à Monsieur Pitt; et je Vous supplie, MyLord, d'appuyer ma proposition auprès de lui, ou bien de parler directement à Monsieur Hammond, pour que la chose ne tombe pas dans l'oubli. J'ose Vous promettre une lecture, dont vous ne serez pas mècontent: il est assez penible de faire l'èloge de ses Propres productions; mais le cas est tel que je dois passer sur tous les scrupules. Agréez en outre l'hommage de l'admiration la plus sincère, du dévouement // le plus parfait, et du respect le plus profond, avec lesquels je suis, MyLord ! Votre très-humble et très- fidèle serviteur GentzH: British Library, London. Manuscript Departement, Add. 38241, Liverpool Papers, Vol. LII, Official Correspon- dence of Second Earl, May 1804 - Feb. 1806, Bl. 198-202v. 5 Bl., F: 229mm x 185mm; 9 ½ eighd. beschr. Seiten. D: bisher ungedruckt.