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Caradja, Janko Fürst von ; Gentz
Von Janko Fürst von Caradja, Bukarest, 30. Juni/12. Juli 1818, HHStA, Wien. Staatskanzlei, Interiora 95, Faszikel "1818/1819: Gentz: Caradja", Bl. 12-15v 1818

Gentz digital

Transkriptionsentwurf Günter Herterich

id1309
Issuer of letter
Mashup mit Wikipedia  
Caradja, Janko Fürst von
Addressee of letter
Gentz
LocationBukarest
Date30. Juni/12. Juli 1818
Handwritten recordHHStA, Wien. Staatskanzlei, Interiora 95, Faszikel "1818/1819: Gentz: Caradja", Bl. 12-15v
Size/Extent of item6 eighd. beschr. Seiten
Places of printKlinkowström, Staatskanzlei, Nr. LIV, 123-127
IncipitSi l'arrivée de Monsieur Wagner
Type of letterBriefe an Gentz
Digital item: TextVon Janko Fürst von Caradja Bukarest, 30. Juni/12. Juli 1818 Abschrift Bucharest ce 30 Juin (12 Juillet) 1818 par la Police Si l'arrivée de Monsieur Wagner eût retardé de deux heures seulement, l'homme de confiance, que j'avais dèjà destiné pour être porteur des depêches ci-jointes, - auroit dû partir pour Vienne. Je Vous les transmêts donc tels, quels par le Canal de Wagner, et je m'empresse de repondre en même tems à Votre lettre, dont il étoit porteur. Vous verrez, mon cher ami, par le contenû de mes depêches que Vous avés eû raison, de croire, que je ne pourrai pas confier à un tiers ce que j'avois à traiter avec Vous, et ce que je Vous écris encore, n'est pas même le quart de ce que j'aurais à Vous dire dans un entretien direct et confidentiel. J'ai evité de voir Monsieur Wagner, pour ne pas donner lieu à des interprétations inutiles, et peutêtre même nuisibles, cette précaution m'a parû d'autant plus necessaire, que Monsieur Wagner s'étant adressé d'abord (faute de prévoyance de ma part) à Monsieur Rasty, qui n'avoit pas la moindre idée // de l'objet et du bût de sa mission, j'ai été obligé de montrer un air d'indifférence, pour ne pas éveiller sa curiosité. Tout a été cependant réparé, et je suis sur que l'arrivé de Monsieur Wagner n'a été connue de personne dans la ville. Quant à ce qui regarde les nouvelles de Constantinople, je crois que les rapports autrichiens sint bien plus exactes, que ceux de Monsieur Liston, qui me paraissent tout à fait exagerés. Il est vrai, que les dernières demarches du Baron Stroganoff sont très embarassantes pour la sublime Porte, qui se voit obligée de donner une reponse prompte et cathegorique aux propositions de la Cour de Russie, ou bien de suspendre les negociations; mais je ne crois pas que le bût de ces demarches soit la provocation d'une guerre contre la Porte. Vous connoissez très bien, que le sistême adopté par la Porte étoit celui de la temporisation. Ce sistême auroit été sans doute le plus prudent et le plus sage dans le cas, que les affaires générales de l'Europe eussent presenté // un aspect different, et qu'elles eussent pû donner à la Porte l'espoir de se trouver bientôt dans le cas de finir avec avantage les negociations. Dans toute autre supposition une temporisation mal combinée et très mal executée ne pouvoit que mettre de l'aigreur entre les deux Cours, et gater les affaires. Sa Hautesse n'approuvoit pas jusqu'à un certain tems ce sistême de temporisation adopté par le ministère, Elle etoit même disposée il y a quelques mois à faire des ouvertures secrêtes envers le Cabinet de Vienne, se rapprocher // de Lui, et de le consulter sur differends points relativement aux negociations; mais les intrigues du Ministère ont prevalû de manière, qu'il ne sentoit plus dernièrement aucun espoir de ramener Sa Hautesse à ce principe salutaire. Mon opinion particulière, avant meme le commencement des negociations, etoit que la Sublime Porte ne fit aucune difficulté d'accepter les propositions de la Cour de Russie, qui auroient été basées sur le texte des traités, et qu'Elle prevint même les représentations de cette cour par une prompte réparation de tout ce qui a été fait en contresention du Traité de Bucarest, enfin de Lui ôter tout prétexte de faire des nouvelles propositions et de les soutenir par le droit de la réclamation des réctitutions à faire. Cette marche était á mon avis, la seule que la Porte devroit encore pour parvenir á rejetter sans aucune crainte toute proposition, qui n'auroit pas été conforme au texte du Traité de Bukarest, et fondée sur les stipulations existantes entre Elle et la Cour de Russie; mais Elle a pris une route toute-a-fait opposé; Elle a commencée par l'affaire de la demarcation sur le Danube; Elle a fait une petite cession par dessus de ce que le traité de Bucarest prescirait; Elle a voulu gagner du tems par cette négociation; et Elle n'a pas // songé à faire d'Elle même les reparations que la Russie exigera maintenant par la force du droit. Maintenant le but des démarches de la Cour de Russie est, (à ce que je crois) ou de finir d'une manière avantageuse ses ngociations avec la Sublime Porte, ou bien de les suspendre à une autre epoque plus favorable; car pour le moment je suis presque persuadé, que la Russie n'est point disposée à faire la guerre. Dans l'un ou l'autre de ses deux cas, je ne vois aucune chance favorable pour la Porte, grace au système adopté par son Ministère; mais la suspension des negociations me parait le cas le plus dangereux pour la tranquilité, future d'Europe, et par conséquent pour celle de la Turquie. Sie les négociations ne sont point suspendues, ce qui me paroit le plus probable, d'après la marche des choses à Constantinople, il est sans doute evident, que les affaires des deux Principautés formeront un point essentiel dans ces négociations; mais je ne vois pas comment la durée de mon Gouvernement pourra y être decidée; je connois combien Vous Vous y interessés, mon cher de Gentz, et c'est pour cette raison que je ne dois pas nous dissimuler, que je desire la prolongation de mon Gouvernement, mais je ne vois aucun moyen de pouvoir la réaliser dans un moment ou le Ministère // ottoman entrainé par la passion, par la haine, et je ne sais pas par quels autres motifs de cupidité, rend si peu de justice à mes services, et meconnait tellement ses propres interêts, qu'il tâche de me faire abdiquer meme avant le terme septénaire. Ainsi donc toute idée de prolongation de mon administration par le consentement de la Sublime Porte devroit illusoire. La Russie quoique persuadée des effets salutaires, et des avantages de cette prolongation pour un Pays dont Elle se declare protectrice, a cependant des interêts majeurs à régler avec la Sublime Porte, et Elle se posera bien d'une question, qui ne Lui présente qu'un interêt secondaire; peut-être sera-t-Elle encore moins disposée à contenir cette proposition, si Elle voit que la Cour d'Autriche y prend un interêt réel. Je suis dans la meme conviction avec vous, que la prolongation de mon gouvernement convient beaucoup à la Cour de Vienne; et je ne vous dissimule pas, qu'Elle m'est aussi d'une tres grande necessité, surtout dans les circonstances actuelles; mais je le repète encore, je ne vois aucun moyen de l'effectuer du consentement, ou loin sans le contentement même de la Sublime Porte; c'est à dire d'une négociation longue et agitée, et si les sentimens de Votre amitié et de Votre attachement pour moi vous portent, mon cher Gentz, à agiter // cette question dans telle circonstance, qui Vous paraitrait comme la plus favorable, prenez bien garde, au nom de Dieu, de ne pas eveiller contre la Cour de Vienne et surtout contre moi les soupçons de la Cour de Russie, et l'animadversion de la Sublime Porte. Veuillez bien agreer, mon cher ami l'aparence H: HHStA, Wien. Staatskanzlei, Interiora 95, Fasz. "1818/1819: Gentz: Caradja", Bl. 12-15v. x Bl., F: ; 6 eighd. beschr. Seiten. D:Klinkowström, Staatskanzlei, Nr. LIV, 123-127.