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Lebzeltern, Ludwig Graf von ; Gentz
Von Ludwig Graf von Lebzeltern, Franzensbad, 25. August 1830, Mährisches Landesarchiv, Brünn. Nachlass Lützow, G 145, Karton 67, Faszikel Neurcené, Bl. 3-8v 1830

Gentz digital

Transkriptionsentwurf Günter Herterich

id851
Issuer of letter
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Lebzeltern, Ludwig Graf von
Addressee of letter
Gentz
LocationFranzensbad
Date25. August 1830
Handwritten recordMährisches Landesarchiv, Brünn. Nachlass Lützow, G 145, Karton 67, Faszikel Neurcené, Bl. 3-8v
IncipitC'est au milieu d'une espèce
Type of letterBriefe an Gentz
Digital item: TextVon Ludwig Graf von Lebzeltern Franzensbad, 25. August 1830 Abschrift Franzensbad le 25 Août 1830 Cher Gentz ! C'est au milieu d'une espèce de remue ménage que je Vous écris. Je comptois avoir 9 personnes à diner, qui se sont annoncées pour la St. Louis - ne voila t il pas qu'il m'en arrive autant de Marienbad et environs, tandis que les provisions nous manquent déjà ici - c'est égal, tout cela s'arrangera. On me fète et c'est aimable. Votre lettre du 18 reçue seulement avant hier a fait plaisir à beaucoup de monde, à Z. à moi, aux Nesselrode. J'entre en matière. Nous pensons de même Vous et moi, sur l'état des choses en France. Le developpement, qu'elles ont reçu depuis, est bien fait pour nous confirmer dans nos opinions. Je puis Vous assurer, que, si les opinions du Comte de Nesselrode différent en quelques points des miennes relativement au passé et aux causes, qui d'ancienne date ont amené la crise actuelle, ses opinions sont identiques avec les // nôtres, quant au p r é s e n t et à l' a v e n i r. J'ai dit plus haut qu'elles différoient en quelques points relativement au passé, parceque depuis que les évènemens, leur explosion et leur tendance, ont éclairci bien des questions aux yeux même des plus incrédules, et depuis nos entretiens, l'opinion du Comte de Nesselrode s'est a plus d'un égard rapproché du vrai et plusieurs de ses anciennes illusions se sont dissipées. Sa femme surtout, excellente et supérieure sous vingt rapports, mais d'un caractère très passionné et qui étoit revenue de Paris la dernière fois avec la tête très montée sur plusieurs choses et sur plusieurs hommes (le pourquoi seroit long à narrer ici), commence a revenir d'elle même sur les objets de son exaltation précédente. Depuis surtout, une dixaine de jours sa cure morale fait de grands progrès; elle reconnoit, qu' e l l e a é t é, et q u' e l l e s' e s t trompée sur bien des choses et bien des hommes; elle a ressenti le dépit qui suit les mécomptes et elle rentre dans la voie de la vérité. Rien de // plus sage que tout ce qu'elle dit aujourd'hui. Ce que je Vous dis là est loin d'être indifférent au contraire, c'est d'une importance plus élevée, que je ne l'ai pendant long-tems supposé - Au revoir nous en parlerons. Quant au mari, le jugement calme et sain, qu'il porte sur la position des affaires ne me laisse rien à desirer - nous causons avec b e a u c o u p d e c o n f i a n c e et il en recherche volontiers les occasions aujourd'hui. Nous commençons à aborder des questions du passé, sans craindre ni l'un ni l'autre, comme les premiers jours, de nous retrouver sur ce terrain glissant. J'y mets beaucoup de bonhommie et j'ai souvent l'occasion de rectifier nombre d'anciennes impressions. Le fait est, que sans présomption, quelques soit la gène, que m'ait causé et que me cause sous vingt autres rapports la double prolongation de mon séjour à Carlsbad et ici - je ne la regrette pas, parceque j'ai la // conscience d'avoir utilisé ce double séjour dans l'intérèt du service et de l'avenir. Vous lirez presqu'avec dégout, les chiffons que j'adresse au Prince; tracés à la hâte dans le peu de momens, où la cure des eaux et des boues, ainsi que ma tête me le permettent, et le tout en minute et de premier jet - ils sont incomplets et incohérens, ne pouvant les copier au net et les amendes. C'est ainsi, que je me suis trop sévèrement exprimé et qui pis est inexactement sur la Circulaire de Monsieur Molé; plus tard, revenu de mes premières impressions et la pièce sous les yeux, j'ai regretté d'en avoir trop dit. C'est également ainsi que j'ai donné prise à ce que Vous me compreniez mal; en Vous disant qu'il ne falloit pas dire un mot à la France, Vous avez pris la chose au pied de la lettre; or, c'étoit impossible; mon idée étoit, pas un mot de blame ni de reproche, pas un mot de mécontentement ou hostile, et // les laisser se chamailler entr'eux, sans attirer leur attention. Ainsi expliqué, nous sommes d'accord. Chaque feuille de Paris augmente mes terreurs - une revolution calme, coordonnée, civilisée enfin, est celle qui nous offre plus de dangers.* A quelques exceptions individuelles près parmi lesquelles le V. de Laval, qui a été enchanté de parler de son nom et de lui même, quelle pitoyable conduite, que celle des Royalistes ! Comme jadis, ils abandonnent le terrain à leurs ennemis, au lieu de se réunir enfaisant et de former une barrière. Mais n'entamons pas un sujet aussi fécond et vaste. J'ai fait lire à Monsieur et à Madame de Nesselrode, les deux paragraphes de Votre lettre, qui avoient trait 1° à la marche que devoient suivre les Puissances. 2do à Vos sentimens pour eux. Quant au premier article, le Comte de Nesselrode a jugé tout ce que Vous y manifestiez, d'une sagesse parfaite et il y a fort // applaudi - mes chiffons au Prince V. auront fait connoitre que Vous pensiez tous deux de même. Quant au second article, la Comtesse de Nesselrode (de la part de qui je Vous avois déjà porté mille belles choses à Königswarth) me charge de Vous dire qu'elle apprécie fort vos souvenirs et vos sentimens; qu'elle s'est toujours rappelée avec plaisir de ses anciennes relations avec vous, et qu'elle regrette sincèrement de ne pas s'être en dernier lieu rencontrée avec vous. Enfin elle invoqué le temoignage de Z. et le mien, et nous confirmons, que'elle nous a s o u v e n t parlé de Vous avec estime et amitié. Quant au Comtede Nesselrode il a été suffisamment expressif à Votre égard, sans toutefois l'être autant que Madame. Il a, comme de raison, gardé le silence, au passage où Vous Vous plaigniez de ce qu'il ne Vous eut pas répondu,** mais il m'a fait s o u v e n t a u s s i mention de Vous avec intérèt et beaucoup de bienveillance. Dernièrement // il me disoit entre dix autres choses, que Vous, desirant connoitre Lafitte, il avoit engagé le dernier à Vous donner un petit dîner, auquel se trouvoit parmi les convives Monsieur Molé. Bref, en voila assez pour Vous convaincre, que Vos fonds près des Nesselrodes sont à un taux des plus satisfaisans - Nesselrode s'est dix fois informé de détails relatifs à Votre existence passée et présente, et toujours avec intérèt. J'avois marqué à Son Altesse que le Vice Chancelier partoit d'ici le 14 - puis le 12. - aujourd'hui son départ est fixé au 4. Nous avons divisé nos journées et soirées comme il suit - un jour chez lui, le second chez Gourieff, le troisième chez moi et les promenades se font ensemble. J'ai réçu ma nomination à Naples - c'est une affaire baclée; notre séparation sera prochaine. Je connois // plus d'une personne, que mon éloignement ne gènera pas. Ontiendrai je mon but de calme et de repos à Naples ? je crains que sous ce rapport il ne soit entièrement manqué. Je ne redoute aucunement une attaque materielle de la part de la France, mais des attaques morales de sa part me semblent bien plus dangereuses et inévitables et elle trouvera à Naples un terrain bien disposé. Neue Seite: St. Petersbourg le 4/16 Aout 1830 C i r c u l a i r e. Au milieu des circonstances du moment et vû les évènemens déplorables qui viennent d'éclater en France, Sa Majesté l'Empereur a jugé nécessaire d'ordonner quelques mesures de précaution, dont je crois devoir informer les Missions Impériales. Ces mesures sont: 1, Le rappel des sujets Russes, Polonais et Finlandais, qui se trouvent en France; 2, Défense de laisser entrer aucun sujet Français sur le territoire de l'Empire, du Royaume de Pologne et du Grand-Duché de Finlande. 3, Une surveillance sévère à exercer à l'égard des voyageurs sujets Russes, Polonais ou Finlandais qui se trouvent à l'étranger.Quant au premier point l'ordre qui s'y rapporte, vient d'être ex//pédie à l'Ambassade Impériale à Paris. Pour ce qui regarde le second il ne concerne les Missions Impériales qu'autant qu'il leur est recommandé de s'abstenir scrupuleusement de délivrer un passeport ou un Visa pour les Etats de Sa Majesté Impériale à un sujet Français quelconque. (Lieven) H: Mährisches Landesarchiv, Brünn. Nachlaß Lützow, G 145, Karton 67, Fasz. Neurcené, Bl. 3-8v. x Bl., F: ; y Seiten von Schreiberhand. D: bisher ungedruckt. * Randbemerkung von Gentz auf dem Briefrand: A la longue peut-être ! Mais pour le moment elle nous sauve d'un danger qui menace directement notre e x i s t e n c e. ** Randbemerkung von Gentz auf dem Briefrand: en 1828.