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Gentz ; Dietrichstein, Alexandrine Gräfin von
An Alexandrine Gräfin von Dietrichstein, Wien, 10. Dezember 1804, Mährisches Landesarchiv, Brünn. FA Dietrichstein, G 140, Karton 587, Inv.-Nr. 2459/12 1804

Gentz digital

Transkriptionsentwurf Günter Herterich

id4109
Issuer of letter
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Gentz
Addressee of letter
Dietrichstein, Alexandrine Gräfin von
LocationWien
Date10. Dezember 1804
Handwritten recordMährisches Landesarchiv, Brünn. FA Dietrichstein, G 140, Karton 587, Inv.-Nr. 2459/12
Size/Extent of item2 Bl., F: 224mm x 186mm; 7 eighd. beschr. Seiten
IncipitTant que j'ai cru que
Type of letterBriefe von Gentz
Digital item: TextAn Alexandrine Gräfin von Dietrichstein Wien, 10. Dezember 1804 Vienne Ce 10 Decbre. Madame La Comtesse ! Tant que j'ai cru que l'évènement fatal, qui m'avoit éloigné de Vous, ne vous inspiroit d'autre sentiment, que celui d'une répugnance très-naturelle à me voir, et à reprendre avec moi les relations de confiance et d'amitié, dont Vous m'aviez honoré autrefois, je me suis tû, et j'ai regretté en silence, que tel avoit du etre le sort d'une liaison que je ne cesserai de compter parmi les plus intéressantes de ma vie. Mais j'ai appris peu-à-peu, et je sais à-présent avec la certitude la plus complète, que Vous m'accusez de tout ce qu'il peut y avoir de plus noir, de plus ingrat, et de plus perfide dans une ame humaine. Je me dégraderois à mes propres yeux, si je [me] pouvois me soumettre tranquillement à une accusation pareille. Voici donc en peu de mots l'exposé de ma conduite, tel que je suis prêt á le placer sur l'autel, ou à la répiter sur mon lit-de-mort, et devant celui qui nous jugera tous après la mort. Je crois, que dans les seize mois, pendant lesquels j'ai joui de Votre confiance, il ne s'est absolument rien passé, qui ait pu Vous suggerir le moindre doute sur // la fidélité de mon dévouement pour Votre personne, et de mon zêle pour Vos intérèts. J'en appelle à Vous-même; et certes, ma conduite doit avoir été bien pure, et mes sentimens bien peu équivoques, pour trouver grace devant une personne qui réunit un caractère très-ombrageux à un esprit extrêmement pénétrant, et dont les prétentions en amitié ne sont pas faciles à satisfaire. Vous m'avez souvent rendu justice dans cette époque; Vous m'avez en-outre bien noblement recompensé de mon attachement; car Vous m'avez permis de croire, que rien au monde ne seroit capable de détruire les sentimens que j'avois eu le bonheur de Vous inspirer. Nos différends ne commencent donc qu'avec le 2 Mai de cette année; Vous avez alors conçu un projet, que j'ai désapprouvé de toutes les forces de mon ame, et dont j'ai fait l'impossible pour Vous dissuader. Je ne sais pas quelle est dans ce moment-ci Votre façon-de-penser sur ce projet; mais je n'étois certainement pas criminel, pour en avoir une opinion différente de la Vôtre; et la malice la plus acharnée ne sauroit me prêter d'autre motif // pour avoir combattu Votre projet, que celui de l'amitié la plus vraie, la plus zélée, et la plus profonde. - Je suis faché de ne pas pouvoir ajouter, la plus courageuse. Dans la terrible soirée, qui a précédé Votre départ, et où peut-être un homme plus fort que moi auroit perdu la tête, je n'ai qu'une seule circonstance, qu'une seule foiblesse à me reprocher. Mais encore de toutes les personnes qui existent, Vous êtes peut-être la seule, Madame, qui n'ait pas le droit de me blâmer pour ce que j'ai fait. Cette scène s'ètoit passée Mercredi soir. J'ai écrit Jeudi matin à Madame Votre mère une lettre, qui n'étoit peut-être pas un modêle de modération et de mesure; mais je Vous le demande sur Votre conscience: Un homme perfide, un traitre auroit-il écrit cette lettre ? J'ai appris Vendredi soir - n'ayant parlé à p e r s o n n e de ce qui s'étoit passé entre nous - que deux Couriers étoient partir pour avertir Monsieur de Dietrichstein de Votre voyage; j'ai appris qu'un troisième partiroit dans la nuit; et ce n'est que D i m a n c h e après-midi, que // j'ai écrit à Monsieur de Dietrichstein une lettre, ou plutôt un petit billet in-octavo et en Allemand, pour lui dire qu'un concours de circonstances insurmontables m'avoit forcé à lui écrire un billet qui [lui] me donneroit probablement à ses yeux les torts les plus graves, et les plus mérités. J'ai fait cette démarche avec la certitude, que Vos projets ne pouvoient plus s'exécuter. Ce billet de justification ou d'excuse a pu Vous paroitre une action impardonnable. Je suis assez juste pour ne pas prétendre, que Vous ayiez dû le voir absolument sous le même point-de-vue que moi; et si ce billet, t e l q u' i l é t o i t, Vous avoit engagé seul à me vouer une haine implacable, je me soumet{trois} à ma destinée, sans cependant jamais convenir, que je l'eusse méritée. Je crois, et je croirai éternellement, que cette démarche étoit compatible, non-seulement avec tous les principes de l'honnetété la plus stricte, mais même avec les devoirs que m'imposoit mon amitié pour Vous. Je défendrois cette opinion devant tout tribunal impartial de l'univers; mais il seroit très mal-à-propos de la défendre à-présent contre Vous. Aussi n'est ce // point là l'objet de ma démarche actuelle. Mais j'ai appris de plus avec une surprise, et avec une horreur que rien ne peut exprimer, que Vous m'avez cru capable de m'être livré à je ne sais quel esprit infernal de perfidie, de malice, ou de vengeance, pour travailler directement contre Vous et Vos intérèts, pour dire du mal de Vous à Monsieur de Dietrichstein, pour le détourner de la reconciliation, si elle avoit été possible; enfin pour jouer le rôle d'un véritable scélérat. Je suis vraiment honteux d'avoir á me défendre contre des accusations pareilles; mais comme Vous avez pu me croire coupable à ce point-là - ce qui est déjà le comble du malheur - je trouve que je n'ai plus rien à perdre, et que j'ai peut-être quelque chose à gagner encore en [xxx] Vous parlant le langage de la vérité. Je ne sais pas qui est l'infâme calomniateur qui Vous a suggéré ces soupçons affreux. Mais voici ce qui s'est passé. J'ai écrit à Monsieur de Dietrichstein outre le billet sus-mentionné, une autre lettre (cinq semaines plus tard) a u s s i e n A l l e m a n d; et si dans ces deux lettres il [y a] se trouve u n m o t, contraire à Vos // intérèts, injurieux pour Votre personne, i n c o m p a t i b l e a v e c l e s r e l a t i o n s d' a m i t i é, q u i s u b s i s t o i e n t e n t r e n o u s, - et de plus, si outre ces deux lettres j'ai écrit une ligne, prononcé une parole, ou fait un pas, dont Vous eussiez le droit d'être fachée - je veux que mon nom ne soit plus prononcé par une bouche honnête, sans les imprécations qu'il auroit mérité, et plus que mérité, si la déclaration présente n'étoit pas conforme à la vérité. Après cela, Madame, je n'ai plus rien à dire; et si j'étois l'homme que Vous avez pu (par le plus inconcevable aveuglement) appercevoir tout-à-coup dans celui, qui Vous avoit fourni tant de preuves d'une façon-de-penser bien opposée - soyez persuadée, que je n'aurois pas même dit [cet] ce que Vous venez de lire. Je l'ai dit pour l'acquit de ma conscience, et pour maintenir et défendre mon honneur, douloureusement et outrageusement blessé par la plus injuste et la plus révoltante de toutes les accusations. Je ne // suis pas même sûr de Vous convaincre; car, quand on a pu se livrer à un soupçon pareil, rien n'empêche qu'on n'y persiste; mais Vous serez toujours obligée d'avouer que c'est quelque chose que d'oser désavouer avec cette énergie-là une action, qui, si elle étoit vraie, oteroit le courage au scélérat le plus endurci et le plus déhonté. Ce qu'on appelle une réconciliation m'a paru depuis long-tems impossible entre nous. Tandisque je n'ai jamais cessé de parler de Vous dans le même sens et avec les mêmes expressions qu'autrefois -, ce qui est tout dire - tandisque je n'ai pas laissé échapper une occasion, de plaider Votre cause contre ceux qui osoient Vous attaquer, de la présenter sous l'aspect le plus favorable et le plus intéressant, de réduire au silence les personnes qui rèlevoient Vos défauts, en leur opposant Vos grandes et rares qualités - tandisque j'ai même fait preuve, toutes les fois qu'il a été question de notre brouillerie, d'une délicatesse, dont je ne me vante pas, parceque je la regarde comme un devoir sacré - j'ai été bien affligé d'apprendre, que presque tous ceux qui fréquentoient Votre maison étoient plus ou // moins dans la confidence de Vos griefs [xxx] et d e q u e l s g r i e f s, Grand Dieu ! - contre moi. Ce n'est pas absolument Votre faute, je le sais, et je ne Vous en rends pas responsable; mais le mal est fait; et je le cite seulement pour Vous prouver, combien peu je pouvois compter sur un rapprochement. La seule chose que je Vous demande est donc, que Vous pesiez les déclarations qui se trouvent dans [xxx] cette lettre, avant de prononcer l'arrêt définitif. Je ne regarde pas comme un petit malheur d'avoir perdu Votre amitié; j'ai su ce qu'elle valoit; je crois que jamais aucun homme n'avoit approfondi Votre mérite, comme j'avois eu le bonheur de le faire. - Mais je ne veux pas que ce malheur soit encore aggravé par celui de paroitre un monstre à Vos yeux. C'est à Vous à disposer de Vos sentimens, de Votre confiance, de Votre bienveillance: mais Vous me devez justice; et c'est justice que je réclame dans ce moment. Et remarquez bien, Madame, que <je> ne la réclame que d e V o u s; les autres croiront ce qu'ils voudront; je m'en consolerai. Agréez l'assurance d'un dévouement invariable, et indéstructible au milieu-même des orages qui nous ont probablement séparés à-jamais - de la part de Votre tres humble et très fidèle serviteur Gentz. H: Mährisches Landesarchiv, Brünn. FA Dietrichstein, G 140, Karton 587, Inv.-Nr. 2459/12. 2 Bl., F: 224mm x 186mm; 7 eighd. beschr. Seiten. D: bisher ungedruckt.