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Gentz ; Grenville, William Wyndham Lord
An William Wyndham Lord Grenville, Teplitz, 26. Oktober 1806, British Library, London. Manuscripts Department, Grenville-Papers, Add. 71591, Bl. 25-34v 1806

Gentz digital

Transkriptionsentwurf Günter Herterich

id3763
Issuer of letter
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Gentz
Addressee of letter
Grenville, William Wyndham Lord
LocationTeplitz
Date26. Oktober 1806
Handwritten recordBritish Library, London. Manuscripts Department, Grenville-Papers, Add. 71591, Bl. 25-34v
Size/Extent of item10 Bl., F: 245mm x 196mm; 20 eighd. beschr. Seiten
Places of printHistorical Manuscripts Commission (Hrsg.): Report on the Manuscripts of J. B. Fortescue, preserved at Dropmore, Vol. IX, London 1915, 472-479
IncipitLes bontés que Vous avez
Type of letterBriefe von Gentz
Digital item: TextAn William Wyndham Lord Grenville Teplitz, 26. Oktober 1806 Teplitz en Bohème Ce 26 Octobre. 1806. My Lord ! Les bontés que Vous avez eues anciennement pour moi, et ma conviction intime, que j'ai continué à les mériter tant par ma façon de penser et d'agir, que par mon dévouement invariable à Votre personne, me font espérer que Vous acceuillerez avec quelqu'intérèt la lettre, que j'ose Vous adresser aujourd'hui, et dont une partie se rapporte aux grands et tristes évènemens publics, l'autre à ma situation particulière. J'avois été à Dresde depuis la malheureuse guerre de 1805. Le Gouvernement Autrichien avoit reconnu, que dans l'état, où il se trouvoit réduit par la paix de Pressbourg, je pouvois lui être plus utile à Dresde, qu'à Vienne, où, controlé, et surveillé à chaque pas, il n'auroit pas même pu m'employer sans danger. Le Comte Stadion, mon ancien protecteur et ami, jugea d'ailleurs, que, placé sur un point // central entre Vienne et le Nord-de-l'Allemagne, et conservant toujours une quantité de relations avec Berlin et d'autres points principaux, ma correspondance seroit nécessairement une source d'instruction assez intéressante. Je crois avoir répondu à son attente. J'ai entretenu une correspondance extrèmement suivie et active; j'ai fait parvenir au Comte Stadion une quantité de données essentielles, qu'il ne pouvoit guères recevoir que par moi; j'ai en-outre publié quelques écrits, qui ont prodigieusement contribué à ranimer et à remonter l'esprit public. Lorsque dans les premiers jours d'Aout un grand changement de systême s'est développé à Berlin, j'ai été le premier à en informer la cour de Vienne avec tous les détails. Autant que les nouvelles dispositions du Cabinet de Berlin m'auroient enchanté dans d'autres conjonctures, autant elles me firent trembler dans un moment, où je vis les armées Françaises établies au coeur de l'Allemagne, // et la Prusse prête à se précipiter dans une guerre terrible, sans Alliés, et sans ressource en cas-de-revers. L'année derniere j'avois désespéré du succès aussitôt que je m'étois apperçu qu'on le crut possible sans le concours positif de la P r u s s e; cette fois-ci les mêmes inquiétudes devoient nécessairement me tourmenter, puis qu'on préparoit une expédition décisive sans pouvoir raisonnablement compter sur l' A u t r i c h e; dans l'un, comme dans l'autre cas, l'assistance de la R u s s i e ne me rassuroit et ne me dédommageoit que foiblement, puisque j'étois trop convainçu, que la Russie ne seroit jamais ni l'équivalent de la Prusse pour l'autriche, ni l'équivalent de l'Autriche pour la Prusse. Il y eut même des conjonctures particulièrement funestes dans le cas actuel. La Prusse brouillée avec l' A n g l e t e r r e par ses propres fautes, avoit encore à regagner sa faveur, et ignoroit par-conséquent // si elle pouvoit compter sur ses secours, et à quelles conditions elle les lui accorderoit. Je vis clairement que l'Autriche ne s'engageroit pas tout-de-suite dans cette guerre, qu'elle ne p o u v o i t pas même s'y engager; mais je crus du-moins indispensablement nècessaire, qu'elle y attachat sa bonne-volonté, et sur-tout sa confiance. Ce fut-là pendant six semaines l'objet de toutes mes sollicitudes; et cette époque, si le succès avoit couronné l'entreprise, auroit été celle de ma vie, dont je me féliciterois le plus. Le Roi de Prusse avoit appris, dans quel sens j'avois travaillé depuis le moment, que je fus convainçu de la réalité du nouveau systême, qu'Il avoit adopté. Je reçus le 1 d'Octobre une invitation infiniment obligeante et flatteuse de me rendre à son quartier-général. Je savois, que, loin de désapprouver cette démarche, la Cour de Vienne en seroit plus que contente. Je me rendis a Naumbourg, où j'arrivai le 3 Octobre; le lendemain je suivis le Roi à Erfurt, où je restai jusqu'au 11; je passai encore // à Weimar le 11 et le 12; et ce ne fut que le 13 veille d'une des plus funestes journées, que l'histoire moderne consignera, que je retournai à Dresde. Traité pendant ce séjour intéressant avec une confiance illimitée, instruit de tout, initié dans tous les secrets, puisqu'ils s'étoient proposé de gagner toute ma confiance, je fus en état de juger les évènemens qui se préparoient, sous tous leurs différens rapports. Le changement complet qui s'étoit opéré dans les principes de ce cabinet, les regrets sincères sur les fautes passées, l'intention fortement prononcée du Roi et de ses Ministres de les expier par des victoires, qui devoient tourner à l'affranchissement final de l'Allemagne, au rétablissement de l'ordre, au bien-commun de l'Europe; le zèle et l'enthousiasme avec lequel l'Empereur de Russie concouroit à cette grande entreprise; la manière noble, généreuse, magnanime, dont l'Angleterre, oubliant ses griefs particuliers, avoit consenti à envoyer un négociateur; la tenue superbe des troupes Prussiennes, l'esprit qui animoit les Officiers, la fermeté du Roi, le grand caractère, // que la Reine déploya dans cette occasion, enfin les besoins et les dispositions de toute l'Allemagne, qui secondoit cette expédition de tous ses voeux - une pareille réunion de circonstances étoit faite pour m'inspirer de l'espoir. De l'autre côté, indépendamment [des] mes justes inquiétudes sur le choix du moment, sur l'impossibilité de s'attendre à la coopération de l'Autriche, sur la lenteur inévitable des secours Russes, une seule considération contre-balançoit presque l'effet de tous les motifs-d'espérance; l'opinion de toute l'armée étoit contraire au Duc d e B r u n s v i c; les Généraux les plus estimables voyoient dans sa nomination au commandement suprême un présage certain du mauvais succès de l'opération; quelques-uns, entr'autres le Géneral K a l k r e u t, m'annoncoient même sans voile, qu'ils regardoient l'armée comme perdue, et qu'une seconde bataille d'Austerlitz seroit le résultat infaillible, si on ne revenoit pas sur ce choix. C'est ainsi que je flottois sans cesse entre l'espèrance et la crainte, entre l'élévation et le // decouragement jusqu'au jour où je quittai Erfurt. Le journal de ce voyage et de mon séjour au quartier-général, que je me propose de Vous communiquer, MyLord, et que je Vous communiquerois dès-à-présent, si je n'étois pas absolument dénué de tout moyen de le faire copier, Vous paroitra, j'en suis sur, une des choses les plus curieuses de ce tems; mes observations continuelles sur tant de personnes et sur tant de rapports intéressantes, mes entretiens réitérés avec le Comte H a u g w i t z, avec Monsieur de L u c c h e s i n i, avec Monsieur L o m b a r d, avec de D u c d e B r u n s v i c, avec la R e i n e, avec cette quantité de Princes, de Généraux, et d'Officiers, qui s'y trouvoient réunis; les renseignemens, les èclaircissemens de toute espèce, que je recueillis dans ces dix jours, ne seront certainement pas d'un prix médiocre, pour comprendre et pour juger un jour la vraie marche de cet évènement. Plusieurs des meilleures têtes de l'armée avoient voulu, qu'on donnat tout-de-suite à cette guerre un caractère o f f e n s i f, et qu'on se hatat d'en établir le // thèatre sur le Meyn, ou au-dela. L'irrésolution du Roi et du Duc de Brunsvic s'opposa à ce projet: ils voulurent aussi au-fond une guerre offensive, et ils en parlèrent sans cesse, mais leurs mesures n'étoient pas assez promtes pour la réaliser. L'Armée étoit encore placée et assez concentrée, le long de la foret de Thuringe entre Eisenach et la Sale - la gauche commandée par le Prince Hohenlohe, et sous lui par le Prince Louis, Tauenzien, Gravert, le centre par le duc de Brunsvic, et sous lui par Möllendorff, Kalkreut, le Prince d'Orange, Schmettau, Wartensleben, le Duc de Weimar, la droite par Rüchel et Blücher - lorsque les Français ayant d'abord fait semblant de se rassembler près de Würtzbourg, réunirent toutes leurs forces du côté de Bamberg, et entrèrent par Hof, Lobenstein pp dans la vallée de la Sale. Deux combats malheureux ouvrirent la campagne. Le Comte Tauenzien se trouva à Hof avec un corps avancé de tout-au-plus 6 ou 7000 hommes. Je fut attaqué; il // se défendit avec une bravoure extraordinaire; le troisième jour, qui fut le 9, il fut obligé de se replier sur le Prince Hohenlohe; ceci avoit été prévu; mais on ne s'étoit pas attendu à ce que la retraite se feroit avec une perte considérable en hommes, et même en pièces d'artillerie. Le 10, le Prince Louis de Prusse posté à Rudelstadt avec un autre corps de 7000 hommes, moitié Saxons, moitié Prussiens, qui fut proprement l'avant-garde du Prince de Hohenlohe, s'engagea par une impétuosité funeste, et contre toutes les règles de la guerre, avec l'avant-garde des Français, placée au-delà de Saalfeld dans une position extrêmement forte, au-milieu de gorges et de défilés inattaquables. Il fit pendant six heures des prodiges de valeur dignes d'un meilleur sort, mais sur-tout d'une entreprise plus sage; mais il fut battu, comme il devoit l'être; il périt lui-même, victime d'une ardeur exagérée; tout son corps fut dispersé. Ce jour même le Roi étoit parti d'Erfurt, // pour se rendre á Blankenhayn; toute son armée devoit marcher sur la Sale; on arrive à Blankenhayn; on apprend l'affaire de Salfeldt; et au-lieu de presser, d'accelérer la marche de l'Armée, pour la faire arriver sur la Sale avant les Français, le Duc de Brunsvic prend la funeste résolution, de reporter le quartier-général à Weimar, d'y former un camp, d'y laisser l'Armée du Roi pendant trois jours. Je n'oublierai jamais ces deux journées du 11 et du 12 que j'ai passées à Weimar. Je ne rencontrai pas un homme, qui ne fut dèsolé, bien-moins du revers de la veille, que de l'effet qu'il avoit produit sur le Général-en-Chef; je vis le mécontentement et la mefiance peinte sur toutes les figures; une agitation sourde règna par-tout. Le 12 les murmures contre ce camp, contre cette indécision, contre l'incapacitée à chaque moment plus manifeste du Duc de Brunsvic, menacèrent de prendre le caractère d'une véritable insurrection; je fus témoin de scènes // les plus effrayantes. - Comme depuis les malheureux combats de Schleitz et de Salfeld, le Prince de Hohenlohe s'étoit absolument concentré sur la rive [xxx] <gauche> de la Sale et ne dépassoit plus Orlamünde et Kahla, le chemin de Gera et Zeitz fut libre et ouvert; c'est par-là que l'ennemi introduisit ses colonnes. Le 12 au soir, un detachement Français entre à Naumbourg, pour y prendre ou bruler les magazins; un autre osa même paroitre devant Leipzig dans la nuit du 12 au 13. Mes amis m'avoient presque forcé de partir le 13 au matin; le danger étoit déjà si grand, que je cherchois en-vain un passage sûr de la Sale; je fus obligé de descendre jusqu'á Bernburg pour la passer, et de prendre ensuite la route de Dessau pour arriver à Dresde. Sur toute cette dernière route de fausses nouvelles d'une grande victoire remportée sur les Français me reçurent et me ranimèrent d'un endroit à l'autre; mais en entrant à Dresde le 17, il y arriva au-même moment un // Officier Saxon qui portoit à ces nouvelles le dementi le plus affreux que j'aurois jamais pu imaginer.Les Français, peu incommodés pendant quatre jours, et s'augmentant chaqu'instant avec leur rapidité ordinaire, avoient pris une excellente position entre Jena et Dornburg. Tout ce pays est coupé par de petites montagnes; la cavallerie Prussienne qui seule eut pu fixer le succès, ne pouvoit presque pas se déployer. Cependant le danger étoit incalculable; une division Française arriva après l'autre; on vit bien que les momens étoient devenus plus que prècieux. On se décida à l'attaque. Le 14 Octobre fut le jour sans nom, qui devoit èclairer la plus épouvantable catastrophe. Le Corps du Prince de Hohenlohe, fut d'abord, comme le plus près, conduit contre la position des Français; un bataillon après l'autre fut battu, et mis hors de combat. Alors arriva le corps du Général Rüchel, qui originairement avoit fait la droite de l'Armée. Il attaqua à son tour; // il eut le même sort; le Général lui-même fut grièvement blessé; le corps dispersé. Dans ces entrefaites le Roi s'étoit aussi porté en-avant avec le centre, et la reserve du centre, les Français s'étoient déjà établi, entre la Sale et lui; il rencontra sur le chemin de Weimar à Auerstedt la division de Davoust, forte de 25 mille hommes; la bataille s'engagea de ce côté-ci; le Duc de Brunsvic fut mortellement blessé avant même qu'on en fut aux mains; cette circonstance augmenta le désordre et la consternation; la bataille fut terrible; plusieurs parties de l'Armée Prussienne, tous les Généraux et Officiers sans exception firent leur devoir; mais une grande partie des troupes se conduisit lâchement; et l'avantage resta aux Français. Dans ce moment cruel deux immenses colonnes Françaises déscendirent des montagnes des deux côtés de Jena; et comme rien n'étoit plus réuni, elles balayèrent tout devant elles. La déroute dévint complète; plus de commandement, plus de liaison, plus de but connu; chacun fit sa retraite par tel chemin, qu'il jugea le plus // convenable. Tous les baggages de l'Armée, plus de 200 pièces-de-canon, toutes les avenues, tout le pays tomba entre les mains du vainqueur. La retraite devoit naturellement se faire sur Ahlstedt, Sangerhausen, Magdebourg; voilà aussi la route, que prit la plus grande partie de l'armée battue; mais soit par méprise, soit par embarras, un corps de 10 à 12 mille hommes préféra malheureusement celle d'Erfurt. Il y fut fait prisonnier le lendemain avec le vieux Marèchal de Möllendorff, le Prince d'Orange, et une quantité d'autres généraux. Il existoit encore un corps intact qui fut celui du Prince Eugène de Würtemberg, fort d'à-peu-près 15 mille hommes, qu'on avoit fait venir à-marches-forcées de Magdebourg, et qui se trouva à Halle. Dieu sait, par quel aveuglement, par quelle démence, ce corps ne fit pas sur-le-champ sa retraite, en apprenant le résulat de la bataille; il fut attaqué le 17 par Bernadotte tout près de la ville <de> Halle: il fut battu complètement, perdit // beaucoup de monde, et tous les canons.Le lendemain <du 14> Bonaparte, qui, à ce qui paroit, n'avoit pas été présent à la bataille, fit venir tous les officiers Saxons prisonniers, pour leur annoncer qu'il n'étoit pas en guerre avec l'Electeur, et qu'il vouloit ménager son pays. La cour de Saxe aux abois, fut la dupe de cette ouverture perfide; elle s'imagine pouvoir être neutre; le malheureux Electeur se détermina à ne pas partir de Dresde. Le sort de Leipzig, où sous prétexte de confisquer les propriétés Angloises, on pilla et saccagea tout, le sort de 14 villes, qui furent pillées ou incendiées alentour, enfin de Dresde même, où les Français ont mis une forte garnison, et où Jerome Bonaparte va élever quelque nouveau trône à son exécrable famille, lui apprit bientôt ce que c'étoit que magnanimité d'un tel vainqueur. Le Roi de Prusse se livra à un découragement total. La Reine, qui étoit restée à Weimar jusqu'au jour de bataille, obligée enfin de fuir, parut emporter tout ce qui lui resta de force et de tête. Il quitta l'armée; // il se rendit à Berlin et de là à Custrin. Depuis ce moment on ne sait absolument plus ce qu'est dévenue son armée. En évaluant au maximum la perte, qu'elle avoit faite en tués, blessés, et prisonniers, et en y ajoutant la désertion énorme qui suit toujours ces grandes catastrophes, il n'est pas possible qu'elle n'ait pas pu rassembler 60 mille hommes. Mais qui aura pris le commandement, quelles auront été les mesures, si les troupes seront restèes réunies, ou non; quel nombre se sera jetté dans Magdebourg, et ce que les autres auront fait - voilà ce que nous ignorons complètement; et après tout ce qui s'est passé, je crains bien que l'incertitude actuelle ne soit moins terrible encore, que le moment qui nous apprendra le dénoument. La Monarchie Prussienne est un pays de peu de ressources. Elle ne pouurroit être sauver que par le génie d'un très-grand homme, de quelque // Frédéric II, qui sortiroit tout-à-coup de son tombeau. Comme le tems des miracles est passé, il est difficile d'entrevoir la moindre chance-de-salut. On assure que Lucchesini est resté á Potsdam, pour négocier, ou plutôt pour demander les conditions de la paix. Les Russes étoient fort-loin encore; et graces à la longue indécision du Roi, qui au-lieu de donner quatre semaines plutôt le signal que l'Empereur de Russie paroissoit attendre avec impatience, n'a fait partir Krusemark que le 18 Septembre, ils ne pouvoient pas être plus avancés. Je ne serois pas même fort étonné si le Roi de Prusse eut déjà à-l'heure, qu'il est, conjuré l'Empereur de ne pas s'exposer en pure perte; du-moins ce sera là une des premières conditions de toute cessation d'hostilités. Je me suis retiré ici avec tout le corps diplomatique de Dresde, et tout ce qui ne pouvoit pas hazarder de rencontrer les Français. Nous sommes ici à-portèe d'apprendre ce qui se // passe, et nous nous flattons qu'ils respecteront assez la neutralité de l'Autriche pour ne pas nous troubler. - Vous concevez ma position, MyLord ! Ma carrière, recommencée encore une-fois sous des auspices qui parurent favorables est de-nouveau finie; et je me vois placé sur les mines de l'Allemagne. Je sens, que dans cet état-des-choses je suis <un> être assez nul aux yeux du Gouvernement Anglais. L'Angleterre en-général, doit maintenant se soutenir par ses propres moyens, et par sa propre energie. Elle ne succombera point; j'en suis plus que jamais persuadé. C'est une idée ravissante de voir Votre pays, non-seulement se conserver mais se fortifier et s'aggrandir au-milieu des ruines. Les vains efforts d'un tyran pour Vous exclure du commerce du-monde ne font tous que retomber sur la tête; il s'appauvoit à-travers toutes ses victoires, et il appauvoit et // détruit tout autour de lui; Votre prospérité au-contraire augmente chaque jour; chacune de Vos conquètes est un gain réel et solide; les richesses de tout l'univers opprimé et dèchiré par une main-de-fer doivent naturellement se porter chez Vous; Votre pays est inattaquable, et la mer est hors de sa domination. Vous survivrez à toutes ses victoires, et Vous survivrez aussi au terme de ces victoires, et à l'affranchissement de l'Europe, qui tot ou tard s'operera en-dépit de la triste incapacité de ceux qui président à ses destinées. Je le repete: dans une situation pareille tout ce qu'un étranger peut faire pour une cause, qu'on appeloit autre-fois commune, mais dont bientôt il ne restera que des souvenirs, ne peut plus Vous intéresser beaucoup. Mais Vous êtes aussi généreux et nobles; et Vous l'avez toujours èté vis-à-vis de moi. Ne m'abandonnez pas, MyLord, dans la plus horrible époque de mon existence. Peu // d'hommes, j'ose le dire, ont plus travaillé pour le bien-général, que moi; en-passant en revue tout de que j'ai fait depuis quinze ans, mais sur tout ce que j'ai fait dans les trois dernières années malheureuses, je suis autorisé à croire, quelqu'orgeuilleux que paroisse l'assertion, que s'il y avoit eu une vingtaine de personnes en Europe doués du zêle et de l'activité qui ne m'ont pas quitté un instant, nous ne serions pas tombés dans l'abime qui nous engloutit aujourd'hui. Cependant, MyLord, permettez que je Vous présente un apperçu de ce qui m'est arrivé depuis six mois de la part de Votre pays. Jusqu'au moment de la mort de Monsieur Pitt, j'avois été traité avec une faveur et distinction toujours égale par ceux qui ont tenu chez Vous les rênes du gouvernement. Après le changement de Ministère, je crus que la marche la plus convenable, étoit de m'adresser á ceux (Der Rest des Briefes ist verschollen.) H: British Library, London. Manuscripts Department, Grenville-Papers, Add. 71591, Bl. 25-34v.10 Bl., F: 245mm x 196mm; 20 eighd. beschr. Seiten. D: Historical Manuscripts Commission (Hg.): Report on the Manuscripts of J. B. Fortescue, preserved at Dropmore, Vol. IX.