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Gentz ; Czartoryski, Adam Jerzy Fürst von
An Adam Jerzy Fürst von Czartoryski, Prag, 29. Dezember 1806, Nationalmuseum, Krakau. Czartoryski-Bibliothek, Handschriftenabteilung, Signatur [?], Bl. 73-79 1806

Gentz digital

Transkriptionsentwurf Günter Herterich

id3115
Briefaussteller
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Gentz
Briefempfänger
Czartoryski, Adam Jerzy Fürst von
AusstellungsortPrag
Datum29. Dezember 1806
Handschriftl. ÜberlieferungNationalmuseum, Krakau. Czartoryski-Bibliothek, Handschriftenabteilung, Signatur [?], Bl. 73-79
Format/Umfang6 ¼ eighd. beschr. Seiten
IncipitJe suis encore dans une
BrieftypBriefe von Gentz
Digitalisat: TextAn Adam Jerzy Fürst von Czartoryski Prag, 29. Dezember 1806 Prague Ce 29 Decembre 1806. Mon Prince ! Je suis encore dans une ignorance complète sur le sort de deux lettres, que j'ai pris la liberté d'adresser à Votre Altesse, l'une le 30 Octobre, l'autre le 16 Novembre dernier. Je n'ai pu que les diriger sur Vienne. Si tant est, qu'elles soient arrivées, elles seront peut-être arrivées si tard, qu'elles auront perdu le peu d'intérèt, qui au moment où elles furent écrites, auroient pu les rélever à Ses yeux. En-dépit de cette pénible incertitude, je ne puis pas me refuser, Mon Prince, de faire un nouvel essai, pour me rapprocher de Votre personne. L'objet, qui m'y engage aujourd'hui n'est pas d'une médiocre importance. L'ennemi commun de l'Europe ne se contente pas de détruire les empires, d'asservir et de fouler // les peuples, de dissoudre tous les biens de la société, et de faire rentrer dans la poussière tous les grands et respectables établissemens, que les siècles avoient élevés pour nous. Il enchaine encore l'opinion; il établit des barrières redoutables contre tout ce qui pourroit nous éclairer sur nos désastres, contre tout ce qui pourroit nous montrer une route, conduisant à un meilleur avenir; il dévore l'arbre avec les fruits, et remue la terre pour en arracher le germe d'une nouvelle végétation. Les Français parlent seuls dans l'univers ! Les derniers organes de l'opinion sont exclusivement à eux; la vérité ne peut plus montrer sa face; l'espoir s'éteint dans toutes les ames; une stupeur mortelle les a saisies; les malheurs réels sont aggravés par-tout, par l'immensité terrible des craintes, et par l'ignorance complête de tout ce qui nous est resté de ressources dans ce dernier abime de désolation. Pour alléger ce mal accessoire, qui, moyennant ses effets pernicieux, dévient un mal principal, ne seroit-il // pas possible, et ne seroit-il pas infiniment sage, Mon Prince, de constituer quelque moyen permanent, pour relever l'opinion publique de ses terreurs, et de cette épouvantable décadence à laquelle elle est condamnée aujourd'hui par l'absence finale et absolue de toute espèce de communication ? La Russie est le seul de tous les états, capable de rendre <ce> service à l'Europe opprimée et souffrante. Sa distance ne m'effraye pas. Quelque tard qu'arrive une parole rassurante, une parole de courage et d'espoir - pourvu qu'elle arrive, le monde en profitera toujours. Une gazette, Allemande, ou Française, établie dans quelque ville de l'Empire Russe, plus ou moins voisine des frontières, à Riga, à Mitau, à Grodno pp recueillant tout ce qu'on peut dire encore pour ranimer les esprits, réfutant les pièces les plus marquantes du répertoire colossal des calomnies et invectives Françaises, représentant à l'Europe humiliée le contraste entre ce qu'elle étoit et ce qu'elle est, publiant // ce que les derniers Souverains qui s'opposent à ce déluge de malheurs, adressent à leurs sujets ou à leurs contemporains, et - si Dieu a pitié de nous - publiant les succès d e V o s a r m e s, ou les projets, par lesquels l'Empereur balancera les destinées de l'Univers - voilà un bienfait du premier ordre, qu'il est en Votre pouvoir, Mon Prince, de conférer à l'humanité. Si, pour le réaliser, Vous y joigniez celui de quelqu'établissement d'imprimerie, et de librairie, (ce qui, par exemple, à W i l n a, endroit qui a le bonheur de se trouver sous Votre protection spéciale, se feroit sans de grandes difficultés) il en resulteroit même une dernière ressource, pour ceux des écrivains de nos jours, qui fidêles aux principes et au devoir, n'ont pas encore complètement désespéré de la chose publique, et de la possibilité d'une heureuse resurrection. Ce n'est pas à moi, à suggérer les détails // de l'exécution d'une mesure pareille; il me suffit d'en avoir indiqué la nécessité urgente. Je sais bien, qu'un moment de danger, de crise, de mouvement, de calamités inouies n'est pas singulièrement propice à des entreprises, qui, pour produire leur effet, ont besoin de tems, de réflexion, et de repos. Mais il me paroit du-moins essentiel, de s'attacher, de se fixer à ce projet, [et] de l'exécuter d'abord tant bien que mal, de fournir [quelque] un palliatif q u e l c o n q u e aux maux insupportables de ce moment, et de se déterminer à des remèdes plus efficaces, aussitôt que quelque changement fortuné aura amené des conjonctures plus favorables. Si, de quelque manière que ce soit, Vous me croyiez en-état d'y contribuer, il n'y aura rien que je <n>'entreprenne pour prouver la sincérité de mon zèle. Condamné à une triste nullité, je me sacrifierois volontiers tout-entier à la moindre chance de bien, qui pourroit encore résulter de mes efforts. // Je ne veux pas revenir aujourd'hui sur ce que j'ai osé Vous dire de moi-même, et de ma position peu agréable, dans mes deux lettres précédentes. Toute communication avec l'angleterre est maintenant fermée pour long-tems, je l'avois prévu dès le mois d'Octobre; et voilà ce qui m'a principalement engagé à Vous faire une demande pénible, qui dans des circonstances moins extraordinaires ne se seroit pas trouvée sous ma plume. Peut-être, que pendant que j'écris ceci, Votre bonté pour moi, Mon Prince, aura déjà imaginé quelque moyen pour venir à mon secours. Dans tous les cas daignez ne pas m'oublier tout-à-fait; c'est beaucoup, c'est tout dans un moment aussi terrible, que de savoir, que les premiers hommes de notre tems, les seuls et derniers protecteurs du bien, s'intéressent encore en notre faveur; et un seul mot de Votre part // contrebalancera pour moi cette masse de souffrances de tout genre, dont le poids menace de m'écraser. Agréez, Mon Prince, l'hommage d'un dévouement, qui ne finira qu'avec ma vie, et du respect aussi sincère, que profond et inaltérable, avec lequel je suis, De Votre Altesse Le très-obéissant et très- fidèle serviteur Gentz. H: Nationalmuseum, Krakau. Czartoryski-Bibliothek, Handschriftenabteilung, Bl.73-79. X Bl., F: ;6 ¼ eighd. beschr. Seiten. D: bisher ungedruckt.
 
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