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Gentz ; Czartoryski, Adam Jerzy Fürst von
An Adam Jerzy Fürst von Czartoryski, Teplitz, 27.-30. Oktober 1806, Nationalmuseum, Krakau. Czartoryski-Bibliothek, Handschriftenabteilung, 5534 III, Bl. 25-61 1806

Gentz digital

Transkriptionsentwurf Günter Herterich

id2477
Briefaussteller
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Gentz
Briefempfänger
Czartoryski, Adam Jerzy Fürst von
AusstellungsortTeplitz
Datum27.-30. Oktober 1806
Handschriftl. ÜberlieferungNationalmuseum, Krakau. Czartoryski-Bibliothek, Handschriftenabteilung, 5534 III, Bl. 25-61
Format/Umfang20 Bl., F: 245mm x 196mm; 37 eighd. beschr. Seiten
IncipitLorsque j'ai reçu la derniere
BrieftypBriefe von Gentz
Digitalisat: TextAn Adam Jerzy Fürst von Czartoryski Teplitz, 27.-30. Oktober 1806 Teplitz Ce 27 Octobre. 1806. Mon Prince ! Lorsque j'ai reçu la derniere lettre dont Votre Altesse a bien voulu m'honorer, je n'imaginois pas, que la première fois que je prendrois la plume pour me rappeler à Son souvenir, je serois obligé de la tremper dans les couleurs les plus sombres, pour retracer les plus affreux évènemens. L'histoire de ce qui vient de se passer en Allemagne Vous sera naturellement parvenue, Mon Prince, par plus d'une voie directe, et je sens bien, que, quant aux principaux faits, ce ne sera pas à moi à Vous les apprendre. Je crois cependant, que par une raison particuliere, la lettre que je prends la liberté de Vous adresser aujourd'hui ne sera pas sans intérèt pour Vous. Je parle de ces évènemens, comme témoin oculaire; j'ai assisté, non-pas au malheureux dénoument, mais à une grande partie de // ce qu'il l'a immédiatement précédé et préparé; et des circonstances, que j'aurai l'honneur de Vous exposer, m'ont mis à-même d'en juger les causes et les auteurs, mieux que la plupart de mes contemporains, et aussi bien que qui que ce soit parmi eux. Aussitôt que la guerre fut décidée à Berlin, tous ceux, qu'on avoit envoyés à Dresde, tant pour négocier, que pour diriger les mouvemens militaires, me firent l'honneur de s'adresser à moi, et de me communiquer tout ce qu'ils savoient de plus authentique sur la marche des choses. Ils avoient, en le faisant, le double but, d'employer ce qu'ils me supposoient de crédit sur l'opinion publique, pour monter celle-ci en faveur de leur entreprise, et de m'engager à présenter cette entreprise sous un point-de-vue favorable dans ma correspondance avec les autres pays, mais sur-tout avec la Cour de Vienne. Je crois ne pas avoir trompé leur attente. Du moment que je fus convaincu moi-même // que la révolution, qui venoit de s'opérer dans le systême du cabinet de Berlin, étoit sincère et complète, j'ai travaillé jour et nuit, pour lui gagner des partisans; j'ai transmis sans-cesse à Vienne, tout ce que pouvoit inspirer la confiance dans les nouvelles dispositions de la Prusse; et si le public de l'Allemagne a embrassé avec ardeur la cause de cette puissance, si la Cour de Vienne, et celle même de Londres, ont mis de coté leurs justes préventions contre le cabinet de Berlin, et envisagé avec bienveillance une entreprise, qui certainement ne devoit pas leur être indifférente, je puis dire en toute vérité, que j'y ai essentiellement contribué. Le Roi de Prusse, ayant appris ce que j'avois fait dans cette époque, me fit écrire le 30 Septembre une lettre extrêmement gracieuse, pour m'inviter à me rendre à son quartier-général. Il n'y avoit pas à balancer sur cette invitation; je partis de Dresde le 2 d'Octobre; j'arrivai à Naumbourg le 3; le 4 je suivis le Roi à Erfurt, // où je restai jusqu'au 11; je passai encore le 11 et le 12 à Weimar; et ce ne fut que le 13, veille d'une des plus funestes catastrophes de notre tems, que je quittai le quartier-général pour retourner à Dresde. J'avois eu dès le commencement quelques objections bien fortes, et de très grandes inquiétudes sur le choix du moment, où la Prusse s'étoit armée contre la France. Je voyois les légions de Bonaparte au-coeur de l'Allemagne, cernant de près toutes les frontières de la Monarchie Prussienne; je voyois l'Autriche dans un état d'affoiblissement, et sur-tout de découragement, qui ne lui permettroit pas, j'en étois sûr, de partager, du-moins les premiers efforts; je voyois donc mon ancien principe, celui que la France de nos jours, ne pouvoit être domptée que par une réunion complête de toutes les forces de l'Allemagne, sur le point d'être négligé encore, et // négligé dans un moment particulièrement difficile et embârassant; je voyois de plus la Prusse, brouillée avec l'Angleterre, par ses propres fautes, et obligée d'entamer une négociation, du succès de laquelle dépendoit la certitude des moyens pécuniaires, sans savoir, si, et à quel terme, et sous quelles conditions cette négociation pouvoit réussir, sans être même bien sure, que le Gouvernement Anglois ne signeroit pas la paix, au-moment où les hostilités auroient recommencé sur le continent; je voyois enfin une nouvelle campagne-d'hiver s'ouvrir sous des auspices très-équivoques, contre un ennemi présent et redoutable, et avec très-peu de ressources en-cas d'un premier revers. Personne ne désiroit avec plus d'ardeur que moi, de voir arriver le terme de l'exécrable tyrannie que Bonaparte exercoit sur l'Allemagne et sur tant d'autres pays; mais j'aurois voulu, que la Prusse, après avoir trop long tems marché dans une route désastreuse, ne l'eut pas trop brusquement // quittée, qu'elle eut employé l'hiver à familiariser d'abord les autres puissances avec son changement de systême, à se créer des amis et des alliés, à profiter des dispositions nobles et généreuses de Sa Majesté l'Empereur de Russie, pour combiner un grand et vaste plan d'opérations communes, et qu'elle eut choisi le printems prochain pour le développement et l'exécution de ce plan.C'est avec cette opinion-là, Mon Prince, que j'arrivai au quartier-général. On me traita avec une confiance illimitée, on m'initia dans tous les secrets, on me consulta sur beaucoup de choses. Je vis du matin au soir les personnes qui avoient conçu cette guerre, et celles, qui devoient la diriger. Je fus donc en-état de juger avec pleine connoissance-de-cause. Je me propose, Mon Prince, de Vous présenter un jour, le journal exact et fidèle de tout ce que j'ai vu, entendu, et observé pendant ce séjour intéressant; composé en grande partie de mes conversations fréquentes // avec Monsieur de Haugwitz, Monsieur de Lucchesini, Monsieur Lombard, avec la Reine, le Duc de Brunsvic, le Général Kalkreut, et une quantité de Généraux et d'Officiers de toute grade; ce journal, j'ose le dire, sera certainement une des pièces les plus essentielles pour connoitre et juger le vrai caractère et la vraie marche de tous ces évènemens. Je n'en disconviendrai pas: une quantité de circonstances se réunissoient, pour calmer mes inquiétudes, et pour m'inspirer la confiance et l'espoir. La révolution, tardive, mais bien prononcée, qui s'étoit faite dans les principes et dans la manière de voir de ceux qui conduisoient les affaires; - leurs regrets sincères, et leurs aveux remarquables sur le fautes passées; - les excellentes intentions qu'ils annonçoient sur l'objet et le but de cette guerre, et sur le bien qui devoit en résulter, moins pour la Prusse, que pour l'Allemagne et l'Europe toute entière; - les renseignemens qu'on me donna sur les déclarations préalables de Sa Majesté l'Empereur de Russie, déclarations, que je ne me // contentai pas d'admirer, mais qui dans certains moments me parurent devoir contre-balancer et couvrir toutes les parties défectueuses de l'entreprise; - la fermeté du Roi, la grandeur-d'ame vraiment étonnante que déploya la Reine dans cette occasion; - les dispositions générales de l'Allemagne, qui là-même, où elle étoit opprimée et garottée, secondoit cette guerre de tous ses voeux, et l'auroit secondée de tous ses efforts; - enfin, la superbe tenue de troupes Prussiennes, et l'excellent esprit qui animoit les Officiers et les Généraux; - voilà de grands motifs-d'espérance, et qui, plus d'une-fois m'entrainoient moi-même au-point de me faire oublier les difficultés et de me faire estimer le danger un peu au-dessous de sa véritable grandeur. Cependant, indépendamment de mes objectives générales, telles que j'ai eu l'honneur de les articuler plus haut, il existoit une circonstance essentielle, que peut-être auroit seule suffi pour obscurier les plus belles perspectives. Je m'apperçus bientôt, que le choix // du Général-en-Chef n'inspiroit aucune espèce de confiance; qu'à l'exception d'un très-petit nombre d'hommes, auxquels tous les autres prêtoient des motifs intéressés, pas un Général, pas un Officier-de-Marque n'auguroit bien des mesures de Duc de Brunsvic, que la grande majorité des juges compétens lui étoient même décidemment contraires. On s'étoit long-tems flatté que le Roi commanderoit en-personne, en plaçant auprès de lui quelques hommes d'un mérite reconnu, qui auroient eu la confiance de l'Armée; on craignoit l'irrésolution, la foiblesse de caractère, la petitesse de vues, la fausseté et la duplicité du Duc de Brunsvic; son arrivée, pour prendre le commandement, avoit répandu la consternation. Le Général Kalkreut me disoit dès le 4 Octobre, que, si quelqu'incident heureux n'éloignoit pas le Duc, avant que les opérations commençassent, je pouvois être sûr, que huit jours après l'ouverture de la campagne, je serois témoin des plus grands malheurs; et cette prédiction fatale, prononcée par un homme-de-poids, quelque fut // le mélange d'animosité personnelle qui pouvoit y avoir coopéré, ne laissa pas <que> de faire sur mon esprit l'impression la plus profonde. Les meilleures têtes de l'armée étoient d'avis, qu'un systême purement défensif étoit contraire à la nature de cette guerre, et que placée comme se trouvoit la Prusse, l'ennemi pour ainsi dire à sa porte, et aucune diversion considérable ne pouvant être attendue de si-tôt, ce systême, au moindre revers, la mettoit à deux doigts de sa perte. Quant à moi, j'avoue, que de cette vérité incontestable j'aurois déduit la nécessité de remettre la guerre à une époque plus heureuse; mais on s'y étoit une-fois décidé; par-conséquent ceux qui soutenoient, qu'on devoit lui donner d'abord un caractère offensif, se porter avec les premières forces sur le Meyn, frapper quelque coup qui en auroit imposé aux Français, et qui auroit animé toute l'Allemagne, raisonnoient le mieux dans // les circonstances données. Le Roi et le Duc de Brunsvic vouloient aussi, au-fond, une guerre offensive, et ils en parloient souvent. Mais leurs mesures ne repondoient pas à leur volonté, et il est même plus que vraisemblable qu'elle ne leur étoit venue que très-tard ! Les Ministres eux-mêmes, en me parlant avec franchise, [xxx] se plaignoient plus d'une fois de la longue irrésolution du Roi; le Comte Haugwitz m'assura et m'expliqua entr'autres, qu'il n'avoit tenu ni à-lui, ni moins encore au Cabinet de St. Petersbourg, que les troupes Russes ne fussent en pleine-marche trois semaines plutôt qu'elles ne le seroient maintenant, que le Roi lui-même avoit retenu l'Empereur de Russie, que Monsieur de Krusemark, qui auroit pu partir avant la fin d'Aout, fut arrêté un jour après l'autre, puisque le Roi vouloit absolument attendre le premier rapport de Monsieur de Knobelsdorff (quoiqu'il ne fut pas possible de ne pas anticiper le résultat de ce rapport) et qu'il ne partit enfin que le 18 Septembre, // de manière qu'avant la fin d'Octobre aucun corps Russe ne pouvoit arriver dans le voisinage même du théatre de la guerre. Dès les premiers jours d'Octobre le Roi lui-même auroit désiré des opérations actives; mais quand même le moment n'en auroit pas été passé, la lenteur et la timidité du Duc de Brunsvic se seroient opposées à leur exécution.L'armée Prussienne étoit placée de long de la foret de Thuringe, depuis Eisenach, jusqu'à la Sale, dans une position très-concentrée, et assez forte, s'il ne s'étoit agi que de se défendre. Les Français feigniroient d'abord de vouloir l'attaquer du côté de Würtzbourg; mais on apprit, peut-être trop tard, que toutes leurs forces se rassembloient dans les environs de Bamberg. Ce ne fut que le 7 Octobre, que l'ordre fut donné à tout ce qui se trouvoit de troupes près d'Eisenach de rebrousser chemin pour se porter sur la Sale. Ce même jour fut aussi celui de l'ouverture de la campagne. // Deux évènemens affligeans en préparèrent la triste catastrophe. Le Général Tauenzien avoit été laissé à Hof, avec un corps d'environ 6000 hommes, pour obeserver les mouvemens des Français. Cette mesure pouvoit être bonne en elle même; mais l'issue prouva, qu'elle n'avoit pas été <bien> combinée avec l'ensemble du plan. Le Comte Tauenzien fut attaqué; il se défendit pendant deux jours avec une valeur et une dextérité extraordinaire; il ne fut pas (je le crois du-moins) assez promtement relevé; le troisième jour il se vit forcé de faire sa retraite. Ceci encore avoit été prévu, et n'auroit pas été un grand mal; mais ce qui le fut bien, et ce qui probablement n'étoit point prévu, c'est qu'il perdit une quantité de monde, et une grande partie de ses canons. Le Prince Louis de Prusse commandoit un autre corps de 6 a 7000 hommes, moitié Prussiens, moitié Saxons, qui étoit proprement l'avant-garde de celui de Prince de Hohenlohe. Il avoit une espèce de consigne générale de ne s'engager dans aucun combat contre des // forces supérieures, et de ne rien entreprendre sans en avoir instruit le Prince de Hohenlohe. Cependant il reçut l'ordre de se soutenir le plus long-tems possible au poste de Rudelstadt. Le Prince, animé d'une ardeur extrêmement respectable, mais trop peu tempéree par les conseils de la prudence, interpréta cet ordre au gré de ses voeux. Les Français avançoient en force vers Saalfeld; il crut devoir leur disputer ce poste; il se porta le 10 non-seulement à Saalfeld, mais encore en-avant, pour attaquer l'ennemi, contre toutes les règles de la guerre, dans une position tout-à-fait inaccessible, couverte par des gorges et des défilés, dans lesquelles des batteries à-mitraille attendoient le provocateur. Il soutint le combat pendant 6 heures avec une persévérance et un héroisme, digne d'un meilleur sort, mais sur-tout d'une entreprise plus sage; il fut battu, comme il devoit l'être; il tomba lui-même, victime d'une bravoure exagérée // et - il est triste pour ceux qui l'ont aimé comme moi, de falloir ajouter - déplacée; tout son corps fut ou détruit ou dispersé. Le Roi, toujours accompagné de la Reine, quitta Erfurt, ce même 10 Octobre à 9 heures du matin. Le quartier-général devoit se transporter à Blankenhayn. Toute l'armée, ayant fait un grand mouvement sur sa droite, devoit marcher vers la Sale, puisqu'il étoit enfin reconnu, que les Français entroient par Hof et Lobenstein. Avant de se mettre en-route le Roi et la Reine, et tout l'état-major, virent défiler à la porte d'Erfurt toute la seconde ligne ou réserve du centre, composée des plus beaux régimens de l'armée; des gardes, du Régiment du Roi, de celui du Duc de Brunsvic, de ceux des Gardes-du-Corps et des Gend'armes, de deux autres régimens de cuirassiers, de celui des dragons de la Reine, ci-devant Kalkreut ppp. En voyant moi-même // passer tous ces superbes régimens, aussi frais que comme s'ils sortoient pour la première fois de leurs quartiers, malgré tout ce que je sus déjà pour nourrir les plus justes inquiétudes, (mais nous ne connoissions pas encore à Erfurt les évènemens de Schleitz et de Saalfeld) je me livrai de-nouveau à l'espérance; mais ce fut pour la dernière fois que ce sentiment entra dans mon ame. Le Roi n'étoit pas plutôt arrivé à Blankenhayn, que les premiers bruits, vagues et confus, de l'affaire de Saalfeld lui parvinrent. Ils prirent bientôt consistance; et <vers> le soir, on eut même la nouvelle, que les Français étoient entrés à Rudelstadt. Ils se trouvoient par-là à deux lieues de distance de l'endroit, où le Roi et la Reine, et toute leur suite, et tout l'état-major de l'armée étoient, sans troupes, et exposés au premier coup-de-main. On passa // toute la nuit dans les alarmes; le Duc de Brunsvic, épouvanté de ce premier revers, parut déjà avoir perdu le fil de toutes ses opérations; au-lieu de presser, d'accélérer de toutes les manières le mouvement de l'Armée vers Jena, il prit la funeste résolution, de reporter le quartier-général à Weimar, d'y arrêter l'armée, d'y former même un camp. Comme cette mesure inattendue n'avoit aucun but raisonnable, et ne tendoit qu'à rallentir en-pure-perte des opérations, que chaqu'instant rendoit plus indispensables, il fut clair pour tous les hommes sensés, qu'il l'avoit uniquement prise, pour gagner du tems sur lui-même, pour se relever de sa premiere consternation, pour délibérer - non pas même avec les Généraux, car il n'en fit rien - mais avec ses propres scrupules et incertitudes. Le 11 d'Octobre je partis d'Erfurt avec le Comte Haugwitz, Monsieur de Lucchesini, les Ministres de Saxe et de Hesse pp pour nous rendre à Weimar. Le Comte Haugwitz // avoit choisi cet endroit, puisque d'un côté il étoit près du théatre de évènemens, et que de l'autre coté il se trouvoit, ou du-moins auroit du se trouver hors de la ligne des opérations. Nous y arrivames à 11 heures du matin. Nous ne fumes pas peu étonnés de voir toute la ville gorgée de troupes, de chariots-de-train, d'une bagarre inconcevable, et de voir au-milieu de cela des personnes de la suite du Roi, une quantité de Généraux pp. En me précipitant de la voiture, j'apprends la nouvelle du malheureux combat de Saalfeld, et de la mort du Prince Louis. J'apprends en même tems, que le quartier-général est à Weimar, que le Roi et la Reine viennent d'arriver, qu'on y forme un camp. J'avance à-travers la foule; j'arrive dans une rue, qu'on nomme l'Esplanade, et où je vois cinq ou six cents Officiers de tous les grades et de toutes <les> couleurs. Je n'entends par-tout que les murmures du mécontentement et de la méfiance; // une agitation sourde règne sur tous les points. On fut beaucoup moins consterné de l'affaire de la veille en elle-même, que de l'effet qu'elle avoit produit sur les mesures du Général-en-Chef. En dinant chez le Comte Haugwitz, je ne m'apperçus que trop, que la terreur étoit déjà dans toutes les ames, et que les plus sinistres symptômes commençoient à se développer. Le Roi ce jour-là ne voulut voir personne; le Duc de Brunsvic, au grand scandale de l'Armée, ne consultoit que deux ou trois hommes de son état-major, qui étoient odieux à tout-le-monde; il ne consulta pas même le Général Phull, un des Officiers les plus capables, et qui avoit été placé exprès auprès de lui. Il fit seulement venir coup-sur-coup le Marquis de Lucchesini, dont les conseils ne pouvoient certainement pas remplacer ceux des Généraux, quoique, pour tout dire, il fut peut-être le seul dans ce moment affreux qui n'eut pas perdu la tête. Le Général Kalkreut, qui l'avoit bien conservée // aussi, me rappela ce soir, ce qu'il m'avoit dit le 4; pendant que je me trouvai chez lui, plusieurs Officiers-de-marque arrivèrent, pour le conjurer d'avoir pitié de l'armée et de l'état, et de faire quelque démarche positive pour éclairer le Roi sur sa position. Il s'y refusa avec dignité; et en effet les argumens, dont il se servit, étoient sans réplique. Le 12, à 10 heures du matin, le Roi partit avec le Duc de Brunsvic, pour aller trouver le Prince de Hohenlohe, et conférer avec lui. Ils revinrent vers le soir, et il fut dit alors, que l'Armée marcheroit le lendemain; mais aucun ordre ne fut donné. Les troupes restoient dans le Camp devant Weimar. Toute cette journée se passa dans les plus cruelles incertitudes, au-milieu des murmures, et des noirs pressentimens. Personne ne savoit plus, ce qu'il devoit désirer ou craindre. On comptoit encore, comme auparavant, sur la bravoure de l'armée dans le cas d'un engagement // décisif; mais je vis bien, que personne sans exception, n'eut plus aucune base bien déterminée pour y établir une espérance raisonnable, et que chacun marchoit-à-tatons sans savoir, où il portoit ses pas. Depuis les affaires de Schleitz et de Saalfeld, le Prince de Hohenlohe avoit concentré toutes ses forces sur la rive-gauche de la Sale; il ne dépassoit plus Orlamünde et Kahle; par-conséquent tout le chemin de Gera et Zeitz fut libre et ouvert; et c'est par-là que les Français poussèrent leurs colonnes. Dès le 12, un de leurs détachemens entra à Naumbourg, pour y prendre ou détruire les magazins, et dans la nuit du 12 au 13, cinquante hommes parurent même aux postes de Leipzig. Mes amis ne voulurent pas, que je restasse plus longtems en quartier-général; il n'y eut plus rien à faire pour moi; et d'ailleurs j'étois déjà trop instruit de tout ce qui se passoit pour désirer beaucoup d'assister au dénoument. Je partis de Weimar le 13 avant le jour; aucun chemin n'étoit plus sur; excepté celui qu'avoit pris // Madame la Grande-Duchesse, en se dirigeant sur Ahlstedt. Par-tout, où j'arrivai, la terreur étoit entrée avant moi, je fus obligé de m'abandonner au choix des postillons, pour trouver le passage de la Sale, et on me fit descendre jusqu'à Bernburg. En prenant de-là la route de Dessau, de faux-bruits d'une grande victoire remportée sur les Français, me recurent dans chaque ville; l'illusion dura jusqu'au moment de mon entrée à Dresde, où peu d'heures avant mon arrivée, on avoit été instruit des évènemens les plus epouvantables. Les Français avoient pris une forte position dans les montagnes entre Jena et Dornburg. Peut-être que dans cette position, qui paralysoit les mouvemens de la cavallerie Prussienne, on n'auroit pas du s'engager; peut-être aussi, <que> leurs forces s'augmentant chaque jour avec une rapidité prodigieuse, // on craignoit avec raison de se voir complètement tourné, et coupé de tous les magazins; enfin, peut-être, que la fermentation générale qui règnoit dans l'armée, et dont le Duc de Brunsvic fut certainement responsable, ne lui permettoit plus d'ajourner le combat. Quoiqu'il en soit, on s'y décida le 14. Le récit de cette affreuse journée m'a été fourni par deux Officiers, l'un Prussien, l'autre Saxon, tous deux témoins de la bataille; il s'en faut de beaucoup qu'il soit circonstancié et détaillé; je crois que nous attendrons long-tems avant d'en avoir un pareil, sauf celui dont les Français auront soin de nous régaler; mais quant à la marche générale de l'action, composée proprement de deux grandes batailles sanglantes, je puis m'en remettre à l'exactitude de mes auteurs. Le Corps du Prince de Hohenlohe, comme le plus rapproché de l'ennemi, ouvrit l'attaque. Les Français furent un moment effectivement délogés du village, qui // fesoit le centre de leur position; et si la nouvelle d'un grand succès, qui pendant deux jours a trompé tant-de-monde n'étoit pas une fable, fabriquée absolument à-loisir, il n'y a que ce premier moment heureux, qui puisse y avoir donné naissance. Mais bientôt après ils se rétablirent, et il n'y eut plus moyen de rien obtenir contr'eux. Un bataillon après l'autre fut conduit à cette cruelle entreprise; un bataillon après l'autre fut foudroyé et battu. Lorsqu'on s'apperçut que le Corps de Hohenlohe n'étoit plus en état de soutenir le combat, le Général R ü c h e l arriva avec le sien, qui fesoit proprement l'aile droite de l'Armée réunie; il entra dans la même carrière désastreuse; le Général fut grièvement blessé; le désordre se mit dans le corps; après quelquesheures d'efforts inutiles, il étoit battu et dispersé à son tour. Dans ces entrefaites l'armée du Roi proprement // dite, le centre et la rèserve du centre s'étoient portées en avant sur la route de Weimar à Auerstedt; les Français s'étoient déjà établis entre ces corps-d'armée, et la Sale, les Prussiens rencontrèrent entre Eckardtsberg et Sulza, la division de Davoust, forte environ de 25000 hommes. Le Duc de Brunsvic fut mortellement blessé à l'oeil, avant même que le combat fut engagée; ce désastre devoit nécessairement entrainer une confusion sans bornes. Son plan et ses dispositions, ne furent connus qu'à ces mêmes personnes de son état-major, que toute l'armée détestoit, sur-tout à un Colonel Scharrenhorst, auquel on avoit donné le sobriquet de mauvais augure du p e t i t M a c k. Ces hommes n'osoient pas même se montrer; par-conséquent il n'y eut pas de commandement, et chacun fit ce que bon lui sembla. La bataille fut d'abord vive et meurtrière; les Français furent repoussés sur plusieurs points; tous les Généraux et Officiers sans exception, firent // leur devoir, et s'exposèrent avec une bravoure distinguée; mais une partie des troupes se conduisit mal. Enfin la victoire se décida pour les Français, ici comme sur les autres points. Dans ce moment terrible deux immenses colonnes Françaises, toutes fraiches, déscendirent des montagnes des deux cotés de Jena, et balayèrent tout ce qui étoit devant elles. Alors la déroute dévint générale; plus de commandement, plus d'ensemble, plus de plan commun, chacun fit sa retraite de la manière qu'il jugea la plus sure. Le champ-de-bataille, les baggages de presque toute l'armée, plus de 200 pièces-de-canon, toutes les routes, tout le pays resta à la disposition du vainqueur. La retraite devoit naturellement se faire sur Buttstedt, Astern, Sangerhausen pp pour gagner le chemin de Magdebourg, et ce fut aussi celui que prit la plus grande partie des corps en déroute. Mais une partie de l'armée, soit par méprise, soit par nécessité, // se porta sur Erfurt. Pendant la nuit les Français, qui les avoient suivis, entourèrent cette ville; et le lendemain matin ils la prirent par capitulation avec 10 ou 12,000 hommes, le vieux Maréchal de Möllendorff, le Prince d'Orange, le Comte Schmettau, et une quantité d'autres généraux. Il y eut encore après cet évènement affreux un corps de troupes tout-à-fait intact; ce fut celui du Prince Eugène de Würtemberg, qu'on avoit fait venir de Magdebourg à-marches-forcées. Il est inconcevable, que ce Général n'ait pas su le 17 à Halle, ce qui s'étoit passé près de Jena le 14, ou que, s'il l'avoit su, il ait balancé un instant de faire sa retraite. Le fait est cependant, que le 17 il fut surpris par Bernadotte, et battu à-son-tour. Il perdit beaucoup de monde (d'après quelques nouvelles la moitié de des troupes, qu'on évalua à 12 000 hommes) et la plus grande partie de ses canons. //La suite de cette déplorable histoire est encore pour nous, et probablement pour tous ceux, que les bulletins Français n'ont pas éclairé de leur perfide lumière, enveloppée dans les plus épaisses ténèbres. Nous en connoissons seulement quelques traits détachés, qui Vous auront été transmis, Mon Prince, et qui font deviner le reste. L'armée battue étoit certainement de 100,000 hommes, sans les Saxons, dont la plus grande partie a été détruite, prise, ou dispersée. En calculant à 30,000 hommes la perte, que le Prussiens peuvent avoir faite en tués, blessés, et prisonniers, et en y ajoutant 10,000 pour la désertion énorme, qui suit ordinairement ces terribles catastrophes, il devoit y avoir encore 60,000 hommes, en-ètat de se rallier et de se battre. La cavallerie avoit en-général peu-souffert; car, à l'exception de quelques régimes, elle n'avoit presque pas pu être employée. Mais quel parti ces troupes auront pris, qui les commande, quel nombre s'en est jetté dans Magdebourg, comment on aura // disposé du reste - voilà ce que j'ignore complètement. Je sais seulement que deux divisions Françaises avoient pris la route de Quedlinburg; et que le Roi a quitté l'armée, pour se rendre à Custrin. Tout ce qui s'est passé du coté de la Saxe, Vous est connu, puis que Monsieur le Général Canicoff en étoit complètement instruit. Les résultats de cette catastrophe ne peuvent pas se calculer, puisque tout tient à la volonté aveugle, aux caprices, et aux fantaisies d'un seul homme, qui, à l'exception de la Russie et de l'angleterre, voit maintenant toute l'Europe à ses pieds. La source première des malheurs de la Prusse est indubitablement dans sa conduite passée, qui l'a privée de l'avantage de concerter ses mesures avec d'autres puissances, et l'a entrainée dans une expédition désespérée. Toutes les fois, que j'ai demandé aux Ministres du Roi, pourquoi ils avoient choisi le moment actuel, et commencé la guerre, sans s'être assurés, ni de l'Autriche, ni de l'Angleterre, ils m'ont répondu, qu'ayant une-fois, à-tort ou à-raison, perdu la confiance // de l'Europe, ils croyoient avant-tout devoir la réconquérir et que les coups-de-canon leur paroissoient le seul moyen pour y arriver. Ils se sont donc précipités dans la guerre, pour prouver aux autres, qu'ils méritoient d'être secourus; mais ils ont succombé sans avoir seulement pu achever leurs preuves. Une idée exagérée de leurs moyens a probablement contribué à les perdre; enfin la fermentation générale, qui règnoit depuis quelque tems à Berlin, et qu'ils avoient fait naitre par leurs mesures, leur a ôté le pouvoir de <laisser> murir leurs projets; et, lorsqu'il ont voulu réparer leurs fautes, ils n'ont plus trouvé que l'abime, prêt à les engloutir et l'état avec eux. Il ne m'est pas encore arrivé dans la longue et douloureuse carrière, que j'ai parcourue depuis quinze ans, de regarder la chose-publique comme absolument-désespérée; mais cette-fois-ci, j'avoue, que toutes les combinaisons me paroissent épuisées, et // que, pour-moi du-moins, l'avenir est couvert d'un voile épais. Il y aura, je le sais, un terme à nos maux; mais je crois que nous sommes condamnés à souffrir pendant une suite d'années, et à souffrir sans rémède ni soulagement, ce que nous avons si bien mérité par une accumulation de fautes, et d'erreurs, telle que peut-être aucune époque de l'histoire ne la présente. La Russie et l'Angleterre sont maintenant les deux seuls pays, qui concentrent toutes les ressources et toutes les espérances de l'Europe, complètement aux-abois; c'est sur eux, que tout homme, digne de vivre, doit fixer ses yeux; c'est-là qu'il doit reconnoitre sa patrie; c'est pour eux qu'il doit méditer et travailler. Le plus grand bienfait, Mon Prince, que dans cette triste situation des choses, Vous puissiez me conférer, sera toujours celui, de m'indiquer un moyen quelconque, pour // servir Vos intérèts, qui je considère bien essentiellement comme les miens, et comme les plus sacrés qui existent aujourd'hui. Agréez l'hommage d'un dévouement sans bornes, que Vos bontes pour moi ont encore puissamment fortifié, et du très-profond respect, avec lequel j'ai l'honneur d'être, Mon Prince ! De Votre Altesse Le très-humble, très-obéissant et très-fidèle serviteur Gentz. P.S. Du 29 Octobre. La position singulière, bizzare, et peu encourageante, où je me trouve aujourd'hui, et la conviction qu'aucune démarche que je fais vis-à-vis d'un homme de Votre caractère, Mon Prince, fut-elle même du nombre de celles qui en coutent à un sentiment délicat, ne sauroit ni me nuire, ni me dégrader, me portent à Vous demander Votre protection pour un objet qui malheureusement m'intéresse plus que je ne le voudrois. Depuis mon départ de Vienne, des voyages et des déplacemens fréquens, et l'incertitude continuelle de mon existence, ont extrêmement dérangé mes affaires particulières. Appartenant plus ou moins à tout-le-monde, du-moins à tous ceux, qui dirigent les derniers intérèts de la cause sacrée de l'indépendance de l'Europe, je n'appartiens proprement à personne; et n'ayant jamais connu l'intérèt personnel, j'ai travaillé sans cesse, sans penser seulement <à> ce que je pourrois dévenir. Jusqu'à la mort de Monsieur Pitt, le gouvernement Anglois, me fit de-tems-en-tems des remesses qui me permirent d'oublier pour six ou huit mois, que j'avois aussi des besoins. Depuis cette époque on n'y a // plus pensé; et par des motifs de délicatesse fondés sur l'éloignement, qui, avec tout mon respect pour les talens de Monsieur Fox, avoient autrefois règné entre lui <et> moi, je n'ai pas pu me résoudre à relever cet oubli. Aujourd'hui la situation est telle, que toute communication avec l'Angleterre sera certainement coupée pour long-tems; et je me vois sur le point d'éprouver de grands embarras, si quelqu'un ne vient pas à mon secours. Je sais, que Sa Majesté l'Empereur, ne refuse pas facilement le soin à ceux qui s'adressent à Lui; et je sais en outre, Mon Prince, qu'un mot de Votre part suffira pour le déterminer en-faveur d'un homme, que Votre bienveillance Lui a déjà présenté sous des titres recommandables. Une somme de 5 ou 600 Ducats me mettroit à l'abri de tout pour long-tems, et me dispenseroit de toute inquietude personnelle, dans une époque, où mon ame est déjà assez agitée et tourmentée par les malheurs publics - // Je ne veux pas même ajouter, que tout ce que l'Empereur ou ses Ministres pourroient jamais me demander de service et de travail, pour m'acquitter d'une grace pareille, seroit absolument à leur disposition; car j'ai pris la liberté de Vous offrir tout ce que [se] je suis capable de faire, Mon Prince, long-tems avant que l'idée de Vous faire une demande pareille, que des ciconstances bien extraordinaires ont seules pu me suggérer, soit entrée dans ma tête. Je m'en remets donc absolument à Votre généreuse protection. Si Vous daignez Vous intéresser pour moi, et si ma demande est accueilli, je Vous prierois très-humblement, Mon Prince, de m'envoyer une assignation sur un banquier de Prague, et d'adresser la lettre qui la porteroit, à Monsieur le Conseiller-d'Etat Leontieff, qui y fera un séjour de plusieurs mois. Car mon projet est de rester à Teplitz aussi long-tems qu'il sera possible d'y tenir, pour ne pas m'éloigner trop // du théatre des évènemens quelques tristes qu'ils pussent être. Je ne voudrois pas, que ni Monsieur de Canicoff, ni qui que se fut ailleurs, fut instruit de la demarche que j'ose faire ici. L'un ou l'autre des couriers qui iront à Vienne, pourroit peut-être se charger de la lettre pour Monsieur de Leontieff; et par cette voie j'obtiendrois de la manière la plus sure et en même tems le plus promte, un soulagement, dont je Vous conserverai pour la vie le souvenir le plus profondément reconnoissant. Gentz. //PS. Du 30 Octobre. Je n'ai pas pu trouver d'autre voie, Mon Prince, pour Vous faire parvenir cette lettre, que de l'adresser à Vienne. Elle ne sera pas bien fraiche, lorsqu'elle Vous arrivera; mais comme dès l'origine elle ne pouvoit pas avoir la prétention de l'être, je me console de cet inconvénient. - Ce matin nous avons appris la première bonne nouvelle; un rapport du Comte Goetzen arrivé à Dresde a porté, que le Roi de Prusse ne veut point se soumettre à des conditions déshonorantes, qu'il veut joindre à l'Armée Russe ce qui lui reste de forces, et continuer la guerre, coute qui coute. On ajoute, qu'environ 70000 hommes se sont ralliés, ont passé l'Elbe, et marchent vers l'Oder. Cela s'accorde avec le calcul, que j'ai eu l'honneur de présenter plus haut à Votre Altesse; Dieu veuille que tout cela se confirme, et que Sa Majesté l'Empereur de Russie ait la gloire immortelle de rétablir les choses. Je partirai demain pour Prague. Là, et à Dresde tout-le-monde a les plus grandes inquiétudes sur mon compte; et je cède à la volonté du public et de mes amis, qui ne me croyent pas en sureté à Teplitz. C'est donc à Prague, que j'attendrai dans tous les cas la réponse et les ordres de Votre Altesse. Gentz. H: Nationalmuseum, Krakau. Czartoryski-Bibliothek, Handschriftenabteilung, 5534 III, Bl. 25-61. 20 Bl., F: 245mm 196mm; 37 eighd. beschr. Seiten. D: bisher ungedruckt.
 
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