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Gentz ; Wessenberg, Johann Philipp von
An Johann Philipp von Wessenberg, Wien, 26. Dezember 1815, HHStA, Wien. Staatskanzlei, Interiora, Korrespondenz 96, Gentz-Briefe 1814-1819, Bl. 16-21v 1815

Gentz digital

Transkriptionsentwurf Günter Herterich

id2399
Briefaussteller
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Gentz
Briefempfänger
Wessenberg, Johann Philipp von
AusstellungsortWien
Datum26. Dezember 1815
Handschriftl. ÜberlieferungHHStA, Wien. Staatskanzlei, Interiora, Korrespondenz 96, Gentz-Briefe 1814-1819, Bl. 16-21v
Format/Umfang11 eighd. beschr. Seiten
DruckorteFournier, Gentz und Wessenberg, Nr. 27, 95-99
IncipitJ'ai vu par une petite lettre
BrieftypBriefe von Gentz
Digitalisat: TextAn Johann Philipp von Wessenberg Wien, 26. Dezember 1815 Vienne Ce 26 Decembre 1815 J'ai vu par une petite lettre que j'ai trouvée ici, que Vous avez été content de ma première épitre. C'est une raison de plus pour profiter de la bonne occasion, qui m'est offerte par l'envoi de Kraus à Francfort. Le contraste entre ma situation pendant les derniers cinq mois, et celle de ce moment, est, comme Vous pouvez bien l'imaginer, immense. En me rendant à Vienne, je n'ignorois pas que je m'enfonçois dans une espèce de solitude; [mais au lieu d'une solitude]; mais au lieu d'une solitude douce, cette ville ne m'offre qu'une solitude triste et morne. Je ne le dis pas pour me plaindre; car Vous savez bien, que je ne suis pas embarrassé à trouver des ressources, et le calme dont je jouirai ici, est à lui seul, un avantage majeur à mes yeux. Je <ne> relève cette circonstance que pour Vous peindre d'un seul // trait la physionomie de tout ce qui m'entoure. Il n'est question ici ni de société, ni d'agrément de la vie (autre que ceux qu'on se donne dans sa chambre) ni de conversation intéressante, ni d'aucun moyen d'échanger ou de developper ses idées. J'étois préparé à cela. Mais il y regne en outre un mécontentement général, une indifférence sur le bien, un dépit sur le mal, une méfiance, un dégout, une apathie sombre, qui surpassent de beaucoup ce que j'ai vu à Vienne dans les époques les plus désastreuses. Tout ce qui a été fait à Paris est regardé à-peu-près comme les évènemens qui se passent dans le Caracas et dans la Guyane Espagnole; la seul question politique que l'on Vous adresse, est: Quand nous rendrez-Vous l'Innviertel et Salzbourg ? - Il est vrai, que la détérioration du Cours de Change, la Cherté excessive, la misère qui en résulte // pour une quantité d'individus, et le silence du gouvernement sur tout projet de réforme et d'amélioration, expliquent en très-grande partie cette humeur noire et presqu'hostile. L'opinion abandonnée à elle même sous un régime vicieux de toutes parts, sous une administration de finances foible et impuissante, et sous une administration de police, la plus stupide et la plus infâme qui ait jamais paru sur la terre, ne peut qu'enfanter des conceptions chagrines, et des chimères hideuses; et comme les Autrichiens sont une race extrêmement bornée, il est tout simple, que lorsque [xxx] tout ce qu'ils voient autour d'eux est inepte, décourageant, et pourri, ils croient qu'il n'y a plus de remède à leurs maux.J'ai eu trois conversation avec Stadion; et je puis dire, que je n'en ai pas été absolument mécontent. Il a au-moins un sentiment clair et profond de la nécessité de quelques mesures efficaces. Je ne connois pas encore son plan. Il étoit extrêmement // curieux d'obtenir de moi des éclaircissemens sur plusieurs points des affaires de Paris, et moyennant une espèce de cartel il a été décidé entre nous, que j'épuiserois d'abord m o n budget, après quoi il ouvriroit le sien. Dans notre premier rendez-vous il me mettra au fait de la marche qu'il veut suivre. Je ne manquerai pas de Vous en faire part aussi-tôt que je trouverai une occasion parfaitement sure. Stadion partira pour Milan après le nouvel an, pour soumettre Ses plans à l'Empereur. En attendant il est furieux de ce que l'Empereur , sans le consulter, et sans consulter personne, sur un rapport très-superficiel de Wurmser ait accordé aux Vénitiens une remise de contributions de 11 Millions ! Je ne dois pas oublier de Vous dire, que ces choses-là et en général la predilection que l'Empereur manifeste pour l'Italie, ne contribuent pas peu à la mauvaise humeur des Viennois. - Le Prince // Schwartzenberg, Langenau, et les Aides de Camp du Prince iront tous à Milan Samedi prochain. Ils ont été beaucoup contrariés en dernier lieu, et ne sont rien moins que satisfaits. L'Empereur et Metternich me paroissent dans une ivresse complête. Les flagorneries des Italiens, et l'enthousiasme, vrai ou [xxx] factice, qu'ils professent, leur ont fait tourner les têtes à un point incroyable. Metternich écrit à une personne de sa famille, "q u' e n f i n il se trouvoit dans un pays, où on savoit rendre justice au mérite, [xxx] et où ceux qui avoient perdu les provinces de la Monarchie, n'étoient pas [xxx], comme cela se faisoit ailleurs, mieux traités que ceux qui les avoient reconquises." Ce [xxx] sera encore autre chose à Milan, où, d'après les personnes qui connoissent le terrain, on est beaucoup plus fort même en belles phrases et flatterie habile, qu'à Venise. Je n'ai pas besoin d'ajouter, qu'il ne m'a pas encore écrit une ligne, et qu'il // aura probablement ajourné certaines questions relatives aux négociations de Paris, de même qu'il [xxx] a ajourné jusqu'ici tout ce qui se rapportoit aux recompenses pour le congrès de Vienne. Je lui ai écrit le lendemain de mon arrivée à Vienne, mais sans toucher cette corde par le moindre mot, une lettre qui lui fera peu de plaisir, puisqu'elle ne contient que les vérités pénibles, articulées sans fard et sans beaucoup de ménagement. Je viens d'être interrompu par Bretfeld, qui m'a porté Votre lettre du 14. Ne craignez rien de moi, Mon Très-Excellent ami ! Il est vrai qu'en partant de Carlsruhe j'étois vivement occupé du bien que [xxx] Vous pourriez faire à nos intérèts, en Vous chargeant de la place de Francfort. Mais des réflexions subséquentes m'ont refroidi. Ce que Vous dites dans Votre lettre est vrai et concluant. Se sacrifier en pure perte est une trop grande folie; et qui // dans notre situation actuelle, p e u t se flatter de faire le bien ? Vous seriez abandonné à Vous même, sans instruction, sans soutien, seul aux prises avec toutes les extravagances dont Francfort deviendra bientôt le théatre. On dit, que Buol de Cassel est nommé à la place d'Albini. Tant mieux; je serai bien aise de Vous voir délivré de cette besogne; mais à en juger par la marche lente des négociations de Munic (dont je ne sais encore rien à l'heure qu'il est) cette affaire seule pourra encore Vous arrêter pour longtems. Je Vous suis bien obligé du petit Chiffre, que Vous m'avez envoyé; mais je ne crois pas qu'il me sera fort utile. Vous voyez bien que ce n'est pas la volonté de Vous écrire qui me manque; mais avec la certitude, que [xxx] rien n'échappe à cette surveillance indécente, qui s'exerce, à coup sur, avec une activité redoublée contre des hommes tels que nous - comment voulez-Vous que je hazarde la moindre chose par la poste. Ne négligez // seulement pas de m'indiquer tous les moyens surs, que Vos rapports multipliés Vous fourniront infailliblement de tems à autre. J'en profiterai toujours avec empressement. Ce qui s'est passé à Paris pendant la première quinzaine de Décembre, ne me déplait pas. Il me paroit évident, que le parti enragé commence à plier. Nos dernières démarches n'ont pas été perdues. Vous aurez remarqué dans le Discours Final du défenseur de Ney, qu'il a déjà osé se prévaloir de notre langage. Ce qui a eu lieu peu de jours après, est plus saitisfaisant encore. Richelieu m'avoit dit la veille de mon départ, qu'aussi-tôt que le jugement de Ney seroit prononcé, il proposeroit une loi d'amnistie, qui seroit autre chose que les projets de Labourdonnaye et Duplessis; et que si cette loi éprouvoit des obstacles quelconques, il donneroit sa démission le même jour. Vous voyez, qu'il a tenu parole, et que la loi a été acceptée // sur-le-champs. Vous aurez été très-content aussi des mesures <préalables> qu'ils ont prises pour remplir leurs engagemens pécuniaires, et de l'unanimité et de la célérité avec lesquelles ces mesures ont été adoptés. Ce ne sont cependant pas là ces brigands sans foi ni loi, contre lesquels dans l'opinion de certains de nos amis, aucune précaution ne paroissoit assez forte, et à qui on ne vouloit pas même confier le dépôt de leurs propres inscriptions ! Et à coté de cela les 5 pour Cent Consolidés remontoient vers 60 ! Quelle honte pour nous autres ! Votre lettre pour l'Impératrice lui a été remise par Neipperg, qui a pris le parti de s'attacher à sa personne, et de la suivre à Parme comme Grand-Ecuyer. Lorsqu'il a annoncé cette résolution à l'Empereur, à Venise, celui-ci lui en a temoigné son é t o n n e m e n t, mêlé d'un peu d'humeur. "Wie ? Das hätte ich nicht geglaubt, daß Sie Lust // haben würden, sich d a wieder einzulaßen !" Il a cependant accordé , sa demande de rester au service avec ses gages: "aber nur mit der Friedens-Gage" - a-t-il prudemment ajouté. Je n'ai pas été peu surpris de trouver Hudelist en opposition directe avec nos projets d'arrangement par rapport à la Bavière. Il ne conçoit pas, comment un homme d'état ait pu admettre un instant l'idée de renoncer aux possessions sur la rive gauche du Rhin. Et quand je lui ai rappelé les principes et les ordres de l'Empereur, il m'a dit, que cette objection étoit nulle à Ses yeux; que c'étoit au cas, où le Ministre auroit du resigner sa place, plutôt que de se soumettre aux erreurs ou aux fantaisies du Souverain ! Vous en aurez assez pour aujourdhui. Je voudrois Vous donner encore une petite commission pour G a g e r n; // mais comme je désire, que Vous lui communiquiez les i p s i s s i m a v e r b a de cette commission, je l'ai notée sur une feuille à part en forme de Post Scriptum que je Vous prie de lui montrer ou de lui lire. J'ai un bon et joli logement au Comptoir de la gazette de Vienne à la Rauhestein-Gasse. Mais je ne saurois Vous dire combien après la beauté et la gaité de Paris, l'obscurité permanente de cette ville me frappe désagréablement. Je parle ici de l'obscurité physique; mais je m'en consolerois bientôt, si elle étoit au moins compensée par un peu de lumières intellectuelles. Enfin, Mon Cher ami, ne cessons jamais de conspirer pour le triomphe du bien, de la vraie liberté, et de tout ce qui honore et élève la nature humaine ! Adieu de tout mon coeur ! Gentz H: HHStA, Wien. Staatskanzlei: Interiora, Korrespondenz 96, Gentz-Briefe 1814-1819, Bl. 16-21v. x Bl., F: ; 11 eighd. beschr. Seiten. D: Fournier: Gentz und Wessenberg, Nr. 27, 95-99.