These titles were already interesting to you:

Bonald, Louis-Gabriel-Ambroise Vicomte de ; Gentz
Von Louis-Gabriel-Ambroise Vicomte de Bonald, Paris, 28. Januar 1820, 1820

Gentz digital

Transkriptionsentwurf Günter Herterich

id1279
Issuer of letter
Mashup mit Wikipedia  
Bonald, Louis-Gabriel-Ambroise Vicomte de
Addressee of letter
Gentz
LocationParis
Date28. Januar 1820
IncipitJe n'étois nullement inquiet
Type of letterBriefe an Gentz
Digital item: TextVon Louis-Gabriel-Ambroise Vicomte de Bonald Paris, 28. Januar 1820 Abschrift Paris 28 janvier Monsieur le baron. Je n'étois nullement inquiet de votre silence. Je m'applaudissois plutôt de penser que Vous habities un pays où l'on vous rendoit assés de justice pour vous occuper à des choses plus importantes que des lettres même aux personnes qui professent pour vous la plus haute estime. - Mais je craignais les infidélités ou les négligences de nos postes, surtout à l'égard des lettres qui portent des suscriptions etrangères. Absent de Paris et à une grande distance, je n'avais pu faire passer ma dernière épître par la voye de l'obligeant Monsieur de Kaisersfeld et je l'avais confiée à la poste d'une petite ville appellée M i l l a u, voisine de ma chaumière dans un pauvre Departement appellé jadis le R o u c i g n e - R u t h e n o r u m a g e r, mais enfin elle vous est parvenue. Elle vous a porté le témoignage bien sincère de mon admiration pour les grandes choses que vous avés faites et de ma satisfaction de voir cette belle partie de notre Europe, échappée par la sagesse et la fermeté de son gouvernement (car je n'y vois que le vôtre) aux desordres et aux calamités qui les ménacent tous et dont l'Autriche seule a paru ne se preserver que par être en état de conduir les autres peuples. Elle seule dans cette troupe d'aveugles a conservé un baton et des yeux. Honneur et mille fois honneur a ce gouvernement que rien n'a pu abattre et que la philosophie n'a pu corrompre. Il reprend d'une manière bien glorieuse le sceptre de l'Allemagne; il le reprend par les bienfaits qu'il y repand et par la noble direction qu'il lui donne. Honneur à son premier ministre qui est venu aussi établir la regance du genie à côté de toutes ces royautés de la loi, si déconcertées, si menacées, si chancelantes ! Honneur à vous Monsieur qui l'avoit si bien secondé dans cette illustre entreprète dont le temps ne fera que révéler la sagesse et les difficultés, et qui sera bien autrement appréciée dans quelque temps qu'elle ne peut l'être aujourd'hui. Car, d'après ce que vous me dites, le malade étoit au plus mal et le rémède ne pouvait être différé. Assurément faire conspirer douze cabinets allemands dans le même but tout de passions, de vues, de jalousies etc. guider ce char ainsi attelé à travers tous les obstacles qu'opposoit le jacobinisme si fertile en ruses [et] en intrigues, cet art prodigieux de séduire, de diviser, de tromper, de flatter etc. etc., c'est sans contredit, Monsieur, le n e c p l u s u l t r a et le sublime de la diplomatie, et cela en si peu de temps ! - - oh, Monsieur, que vous devriez bien laisser tomber sur nous un rayon de cet esprit qui vous a guidé à travers tant de difficultés, et que nous paraissons loin encore de l'état où vous vous êtes si habilement et si prestement placés ! Nous allons par habitude, nous vivons par habitude de vivre, et parce qu'il y a sans doute dans cette France un principe radical de vie que rien ne peut détruire. Vous dire où nous en sommes est une entreprise au dessus de ma sagacité. Vous voyez par nos journaux quelle est la composition de notre chambre, de 142 à 117 qui ont donné à peu près la proportion des partis. La loi des élections attendue avec tant d'impatience est toujours retardée et je connais même des paris qu'elle ne sera pas portée. cependant à pentes qu'elle nous sera donnée au plutôt. Tout ce que vous avez lu d'insolences du m a r é c h a l D a v o u s t et la lettre de Caulincourt et jusqu'aux nouvelles d'Espagne si astucieusement repandues; tout a été mis en oeuvre pour intimider le Ministre et retarder ou empêcher la loi. - Nous avons eu grande peur des nouvelles d'Espagne. C'est à ce qui parait une machination infernale des libéraux, de laquelle le journal des debâts lui même a été trompé. - Nous avons ici un ouvrage de mon illustre ami le Comte de Maistre, intitulé Du pape. Il est très ultramontain, ce qui ne plait pas à nos evêques qui font grand bruit des libertés de notre église pour la réduire en servitude. Mais en laissant àpart cette question plus nationale que personnelle et qui trouverait beaucoup de partisans même en France, il y a de très belles choses dans cet écrit. L'auteur me l'envoyé, mais je n'ai encore pu le lire et je n'en parle que par vous-dire. Je ne demande pas, Monsieur, que vous me répondies, c'est beaucoup si vous pouves me lire. Et je sens que le plaisir de causer avec vous m'a entrainé trop loin. Que je voudrois que votre illustre prince de Metternich à qui j'ose vous prier d'offrir l'hommage de ma respectueux admiration, nous donnât quelques bons conseils que vous fussies chargé de nous les porter ! J'aurais un grand plaisir à vous voir et à vous renouveller l'assurance de mon tendre et respectueux dévouement. De Bonald.